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« Off World » : l’histoire d’une bouleversante quête d’identité (sortie le 27 juin)

« Off World » : l’histoire d’une bouleversante quête d’identité (sortie le 27 juin)

19 juin 2012 | PAR Melanie Bonvard

Entre fiction et réalisme, Off World est le film dont peu entendent parler mais qui pourtant mérite maintes attentions.

Avec ses allures de film documentaire, Off World se présente avant tout comme une œuvre scénarisée narrant l’histoire de Lucky. Enfant adopté ayant grandi à Toronto, il finit par se poser des questions sur ses origines et se rend donc dans son pays natal pourtant inconnu pour lui : les Philippines. Il part donc pour Smokey Mountain, un immense bidonville : le bidonville de sa naissance. Lucky va alors découvrir l’endroit où tout a commencé et l’essence de son existence. Il va faire la connaissance de son frère devenu LadyBoy et de sa mère vivant dans une misère inconcevable.

Avec Off World, il s’agit de découvrir la misère des Philippines et de ses bidonvilles. Premier long métrage de Matéo Guez, grâce à ce film, l’utilité des travellings et des plans d’ensemble reprend tout son sens. Godard disait « Le travelling est une affaire de morale ». Off World confirme ceci en suivant le personnage de Lucky, interprété par la rockstar des Philippines Marc Abaya, dans un itinéraire insoutenable. La description esthétique du paysage, aussi difficile à regarder qu’incroyablement fascinante, touche profondément. Le film offre alors une vision du bidonville de Smokey Mountain plus innovante qu’il n’y parait, les habitants eux mêmes n’ayant jamais vu leur propriété sous un angle si singulier. Sans auto-apitoiement, le réalisateur trouve un juste milieu entre l’authenticité de l’endroit et la crédibilité de l’histoire filmée, pourtant fictive.

Lucky est, en permanence au cours du film, en quête de l’identité avec laquelle il est né, entre le désir de l’accepter ou de la renier. Tandis qu’il a vécu une enfance et une vie paisible, les siens vivent en permanence dans la misère, la différence sociale et parfois même sexuelle. Le personnage masculin tombe de haut. Loin de la jolie maison de pain d’épices dans laquelle il semble avoir vécu toute son existence, il découvre tout à coup un frère homosexuel et travesti, une mère en pleine déchéance, des enfants travailleurs, et des terres dégradées dont les sols sont recouverts de déchets. Car Off World, selon Matéo Guez, c’est aussi cela: « Un mélange de toutes les préoccupations du monde actuel, les questions environnementales, la sexualité, la pauvreté, la corruption, les droits des enfants. » Le film devient donc un parcours initiatique à la fois poignant et plaisant dans sa narration.  Le réalisateur évite le pathos en faisant apprécier la culture de la population philippine. Des scènes sublimes évoquent un Lucky en pleine émancipation face à la découverte de ses origines dans des danses entrainantes. L’homme va même jusqu’à y trouver l’amour par la rencontre clé qui aura répondu aux questions posées sur ses origines. Marc Abaya, quand à lui, sert une interprétation émouvante au plus haut point.

Off World est un véritable tour de force par son parcours initiatique aussi bien personnel qu’universel. Le film s’annonce certainement comme l’un des chefs d’œuvre de ce mois de juin. (Sortie le 27 juin)

(c) TheoFilms

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Melanie Bonvard

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