Arts
Une Nuit Blanche de tous les records

Une Nuit Blanche de tous les records

03 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La dixième édition de la Nuit Blanche a battu des recors de fréquentation, dépassant les deux millions de visiteurs  jusqu’au petit matin. L’engouement pour l’art contemporain, voilà un effet tant secondaire qu’inattendu du réchauffement climatique. Dans une ambiance de foule sympathique, la Nuit à viré à une ballade propice à regarder les longues files d’attentes. Voici les regards de la rédaction sur cet évènement au succès sans appel.

Amélie

La Nuit Blanche est généralement l’occasion, une fois le métro clôt, d’une réelle rencontre entre l’art et soi. Si l’année dernière le vivant était le grand absent de la nuit, cette année, les performances et les installations interactives étaient nombreuses. Malheureusement pour nous, la frénésie fut telle qu’il nous fut impossible ni de rentrer dans le Théâtre de l’Atelier pour assister à l’œuvre de Christian Boltanski, nous n’avons pas alors entendu  des comédiennes déclamant des paroles énigmatiques et des vérités contradictoires sur le futur, comme des pythies ou des sibylles des temps modernes, ni de marcher sous la Purple Rain de Pierre Ardouvin installée dans la cour de l’Hôtel d’Albret. Nous n’avons pas eu la chance non plus de regarder Sachiko Abe découper des fines lamelles de papiers pour en faire un nuage immense.

La Nuit Blanche 2011 a été confrontée à de sérieux problèmes d’organisation. La superbe idée du bal silencieux du lycée Edgard Quinet a été massacrée par une file d’attente de 30 minutes nécessaires à l’obtention d’un casque. D’autres installation comme « VOSTOK », à la Cité Internationale des Arts, frisait le ridicule en ne permettant qu’à 10 personnes toutes les 20 minutes d’entrer dans le caisson devant nous plonger comme à l’intérieur d’une galaxie »

Chercher le silence et la concentration nécessaire à la contemplation d’une ouvre fut peine perdue. On notera tout de même, une circulation intéressante de projection vidéos signées Anthony Bannwart & Magnus Aronson.  « Tempography – Conceptual Video Art Project » envahissait la cité Malesherbes de projections du quotidiens fort agréables. A l’hôtel Amour, la foule ne se pressait pas pour regarder Tsuneko Taniuchi alanguie dans un parterre de fleur en vitrine sur rue.

Il y aura aussi eu des coup de cœur dans ce marathon de l’attente que nous avons décidé de ne pas courir . Le Yéti orange jaillissant de son mur bleu aux Blancs-Manteaux et le ciné en plein air de la sublime place sainte Catherine nous ont largement séduit.

Interrogé pour Paris.fr, Christophe Girard pense à interdire les rues concernées par Nuit Blanche aux voitures.

Yaël

Nous avons fait la Nuit Blanche de 23h à 3 heures dans le quartier de Pigalle.  Après un verre à l’hôtel amour, nous avons jeté un œil à la vitrine de la rue de Navarin.  Tsuneko Taniuchi faisait sa Yoko Ono la gueule sur un parterre de fleurs. Puis direction le divan du monde où  l’entrée se fait aisement. L’ambiance est bonne à l’occasion d’une vidéo danoise très lynchienne sur fond de Roy Orbinson.

A la cigale, les  sièges confortables s’offrent à nous. Les lieux est plein à craquer mais l’entrée facile : devant nous une vidéo très dure et très choquante de Steve mac Queen. Nous ressortons direction le Théâtre de l’Atelier où une attente trop longue nous décourage.  Direction le lycée Jacques Decour où une superbe installation de papillons noirs découpés dans des papiers et collés sur les murs de la cour avec de la patafixe nous attendait. Après un périple parmi les papillons le chemin nous  menant à une chapelle transformée en théâtre avec vidéos et son nous confronte à une  foule placide déjà en train de dormir en souriant à 3h.

Dernière étape : le lycée Edgar Quinet, où une surboum éclairée aux ballons d’hélium avait lieu dans la cour… en silence. Population jeune, lycéenne, détendue et faisant l’expérience à fond. Les danseurs portaient tous des casques où la musique était diffusée. Etrange et joyeuse impression que voir les mouvements et les visages des danseurs dans le simple brouhaha des conversations. Atmosphère de vraie fête, où on se prête les casques pour faire l’expérience,  et où des sessions (rock, hip hop) avec démonstrations de danse étaient organisées pour mener la foule.

Yaël Hirsch et Amélie Blaustein-Niddam

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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