Arts
Transmigrations : India Song et Villa Savoye, par Karen Knorr.

Transmigrations : India Song et Villa Savoye, par Karen Knorr.

20 octobre 2011 | PAR La Rédaction

Esprits des lieux, les animaux de Karen Knorr nous invitent à un voyage mythologique entre France et Inde…

Une très belle exposition re-présente, pour tous ceux qui auraient manqué la monographie proposée par le musée Carnavalet en 2010, le travail de l’artiste allemande Karen Knorr. Cette fois ce ne sont plus des Fables de tradition française mais indiennes que l’on peut découvrir dans l’une des deux salles de la galerie des Filles du Calvaire.

Les chiens se sont métamorphosés en éléphants et tigres du Bengale, les châteaux français sont devenus mosquées et temples bouddhistes. Comme toujours dans ses travaux, l’animal sert d’intermédiaire entre homme et nature, métaphore pour une humanité évacuée des images (notamment depuis les séries “Gentlemen” entre 1981 et 1983 et “Connoisseur” entre 1986 et 1988).

Nul ne peut plus douter de l’apport considérable que le travail de la photographe constitue au sein de la courte histoire de la photographie. Pionnière dans l’art de la mise en scène dès les années quatre-vingt, Karen Knorr développe également l’art de la retouche numérique. Les animaux et les lieux  qu’elle présente ici sont fusionnés après des séances de prise de vue maîtrisées au détail près, demeures surannées et animaux saisis à la chambre, d’où leur joli piqué. Professeur à la Creative Arts de Farnham à Surrey (UK), K. Knorr travaille avec de jeunes assistants pour ces prises de vue grandeur nature, qui nécessitent un investissement en temps considérable. C’est sans doute ce travail de longue haleine que le pris Pilar Citoler a voulu récompenser en offrant cette année une distinction à K. Knorr.

“India Song”, série qui lui a valu ce prix, évoque un lieu support d’histoire tandis que le minimalisme d’un architecte comme Le Corbusier domine la série “Villa Savoye”. Entre fantaisie et pamphlet, K. Knorr rappelle le poids de l’histoire britannique dans laquelle l’humain pèse sur le bâti et des sanctuaires indiens dans lesquels la présence humaine n’a plus sa place. Contes et fictions s’écrivent en filigrane dans des murs chargés de dorures, dans des pelages et plumages qui foisonnent. Au rez-de-chaussée de la galerie, l’autre série frappe par cette lumière sobre et aseptisée qui rappelle l’esthétique rigide le corbusienne et que les échassiers viennent déconstruire d’un vol d’aile. Bref, l’exposition se dessine sur deux niveaux, en contrepoints…

Valentine Umansky

 

 

 

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