Arts

La part d’ombre photographique du peuple noir et blanc par Santu Mofokeng au Jeu de Paume

La part d’ombre photographique du peuple noir et blanc par Santu Mofokeng au Jeu de Paume

28 mai 2011 | PAR Bérénice Clerc

D’abord photographe de rue, Santu Mofokeng, né en 1956 et toujours à Johannesburg, se lance dans la photographie documentaire dès les années 1980. Par son travail, il s’attache d’abord à la représentation des Noirs en Afrique du Sud, puis parcours le monde à la recherche des rituels religieux et des paysages comme en témoigne la rétrospective du Jeu de Paume jusqu’au 25 septembre 2011.

Prises comme des instantanés, les photographies de Santu Mofokeng sont fugaces, traversées par des fulgurances plastiques et atmosphériques, elle mélangent vapeurs, bruits, odeurs, brutalité et sens absolu de l’espace.

Santu Mofokeng milite depuis toujours contre l’Apartheid, il se démarque au début des années 90 comme l’une des figures essentielles de la photographie africaine et contemporaine, grâce à des photos de rue et à des reportages sans fard sur la dureté des conditions de vie.

En 2002, il participe à « la documenta 11 de Kassel « , sort le « black photo album – Johannesburg 1890 – 1950″ il lui offre une immense reconnaissance de la profession, il est alors qualifié « d’’archéologue de la mémoire des habitants ». Pour ce projet Santu Mofokeng collecte toutes les images et les photos de familles noires depuis le début du XXème siècle, les familles acceptaient de partager leurs photos, de cette atroce période de l’Apartheid.

Les oeuvres de Santu Mofokeng traitent des religions, des paysages et des classes sociales. Mofokeng utilise la photo comme un moyen de préserver les mémoires, comme une preuve du passé sur l’avenir. Dans les photos de familles, Santu Mofokeng présente le peuple noir de façon poétique malgré toute la dureté de leur vie.

Lorsqu’il photographie les paysages, nous sommes comme projeté sur place, au milieu d’un espace sans limite si ce n’est celle de nos yeux. Santu Mofokeng parle avec force grâce à ses photos.

Avec un choix de plus de 200 images (photographies et diaporamas), des textes et des documents, cette rétrospective consacrée à Santu Mofokeng propose, pour la première fois en Europe, une sélection sans précédent des essais photographiques qu’il a réalisé ces trente dernières années.

Cette exposition est bouleversante d’émotion et de puissance, les portraits sont expressifs, marqués par la dureté de leur vécu. Jamais on a vu ce côté de l’Apartheid, cette douleur, ce vide habité. Menacé de façon permanente cet artiste devait s’ auto censuré pendant l’Apartheid, il a su mettre cet art de côté pour témoigner de la réalité de la vie à cette époque.

Les essais de Mofokeng toujours en cours donnent à voir le Soweto de sa jeunesse, ses études sur la vie quotidienne dans les fermes et dans les townships. Ses recherches sur les rituels religieux entraine le spectateur au tour du monde. Le projet Radiant Landscapes est spécialement réalisé pour cette exposition.

Une photo de la fin des rails du camp d’Auschwitz est bouleversante et ramène le spectateur parisien à sa propre histoire.

Santu Mofokeng recherche la part d’ombre pour nous offrir la lumière. N’hésitez pas à y venir en famille pour partager ces nouvelles connaissances de l’histoire du peuple noir et blanc.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

One thought on “La part d’ombre photographique du peuple noir et blanc par Santu Mofokeng au Jeu de Paume”

Commentaire(s)

  • ss

    iil est bo le tagada …

    juin 1, 2011 at 10 h 24 min

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