Arts

« Paris-Delhi-Bombay » : direction l’Inde à Beaubourg

« Paris-Delhi-Bombay » : direction l’Inde à Beaubourg

24 mai 2011 | PAR Laurene Saby

« Paris-Delhi-Bombay » est l’exposition-évènement qui démarrera demain au Centre Pompidou.  Cette palette de représentations de l’Inde d’aujourd’hui est faite par plus de 50 artistes, français et indiens. Ils ont travaillé autour de six thèmes : la politique, l’urbanisme et l’environnement, la religion, le foyer, l’identité et l’artisanat. Autant de sujets brûlants dans l’actualité de la plus grande démocratie au monde, magnifiquement illustrés par des œuvres dont la majorité ont été créées spécialement pour l’exposition. Les artistes français ont eu la possibilité de se rendre en Inde, pour la plupart pour la première fois, et de produire ensuite un travail découlant de ce voyage d’une richesse incroyable.

« Paris-Delhi-Bombay » s’adresse aux français, dont le quotidien est éloigné de celui, bruyamment vivant et puissamment enivrant, de l’Inde. La visite démarre par un espace central permettant de replonger dans l’histoire de la nation de Gandhi. Cela offre la possibilité de revenir sur les notions ensuite abordées par les artistes dans les salles qui entourent ce point de départ central. Pour découvrir cette splendide exposition, pas besoins de connaissances pointues. Il suffit d’être amateur d’histoire, curieux de nature et d’avoir l’esprit voyageur. L’expédition initiatique entraîne ensuite les explorateurs sur des sujets comme la politique comme construction nationale, les représentations de la religion dans la société, les coutumes alimentaires ou encore le combat au quotidien des minorités, tels que les femmes et les homosexuels. Toutes ces thématiques sont poétiquement imagées par des vidéos, des performances plastiques, des sculptures, des peintures, des installations.

L’argentin Leandro Erlich, par exemple, installé à Paris, propose à travers « Le regard » de permettre au visiteur d’apercevoir une rue de Bombay par la fenêtre d’un intérieur bourgeois parisien. Le spectateur se retrouve comme un voyeur, au milieu de cette chambre cosy, complètement en décalage avec les sons qui parviennent de la rue indienne. Philippe Ramette, quant à lui, imagine une belle métaphore de la femme indienne comme figure du pouvoir de l’Inde de demain : sa création, une sculpture en bronze, intitulée « L’installation (place publique intérieur) », représente une fillette gravissant le socle en pierre d’un monument sur lequel elle va s’installer. Les artistes français Pierre & Gilles font un vibrant hommage à Bollywood à travers leurs photographies peintes, kitch à souhait, faisant référence à la religion hindouiste, iconique et présente dans tous les aspects de la vie quotidienne des indiens. Hema Upadhyay, artiste de Bombay, permet au visiteur de traverser un couloir dont les deux parois sont la reproduction en miniature du bidonville de Dharavi à Bombay, le plus grand bidonville d’Asie.

 

« Think Left, Think Right, Think Low, Think Tight » de Hema Upadhyay, Bombay, 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

Subodh Gupta offre, quant à lui, une réplique parfaite d’un magasin que l’on trouve partout en Inde : une échoppe de vaisselle en inox. L’artiste à intitulé sa création « Ali baba », montrant ainsi en quoi ce magasin est une véritable caverne aux merveilles.

 

« Ali baba »  de  Subodh Gupta, New Delhi, 2011.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bharti Kher avec « Reveal the secrets that you seek » créée une époustouflante installation, qui emporte les spectateurs dans un tourbillon visuel envoûtant : La galeries des glaces de Versailles est revisitée par des miroirs  français anciens brisés par des coups de marteau, recouverts de bandes de « bindi » (« troisième oeil », marque ronde portée sur le front par les Hindous, et par les femmes mariés dans la tradition, signe de protection et de chance arboré par coquetterie.) servant de pansements. Cette œuvre particulièrement réussie questionne sur  le rapport au temps et la conscience de soi.

 

« Reveal the secrets that you seek »  de Bharti Kher , New Delhi, 2011.

 

 

 

 

 

L’ homosexualité indienne est joliement illustrée par le roman-photo de Sunil Gupta « Sun City ». L’artiste y fait référence au film « La Jetée » de Chris Marker, et place la scène dans un sauna gay de Paris entièrement décoré à l’indienne. Le sujet est particulièrement délicat dans la société indienne car l’homosexualité n’a été légalisée que depuis seulement le 02 juillet 2009. Gyan Panchal, seul artiste franco-indien de l’exposition, illustre cette exposition par « Untitled » :  un sari, vêtement traditionnel, présenté de manière déconstruite. La question qui en découle pourrait faire référence à la dichotomie entre modernité et tradition, héritage et avenir. Enfin, après les sons, les couleurs et les formes, véritables instigateurs au voyage, les odeurs sont également au rendez-vous. Krishnaraj Chonat avec « My Hands Smell Of You » propose une paroie monumentale, recouverte de savon de santal. Le santal, odeur typiquement indienne provenant de l’huile essentielle de bois de santal, maintenant de moins en moins naturelle avec la déforestation et de plus en plus synthétique.

Une exposition qui véritablement entraîne les visiteurs à travers l’Inde. Ceux qui ont déjà eu la chance de visiter ce pays ressentent une douce nostalgie tandis que ceux qui ne connaissent pas encore cette magnifique contrée du globe goûtent à l’envie irrésistible de s’y rendre un jour, pour contracter, eux aussi, le « virus » si contagieux de l’Inde.

informations pratiques

Billeterie

(c) visuel :  à la une : Hanuman, 2010Modèle : Thomas TabtiPhotographie peinte, 200 x 145,5 cmCollection des artistes© Courtesy Galerie Jérôme de Noirmont, Paris© Adagp, Paris 2011. Grand format : centrepompidou.fr

 

 

Infos pratiques

Summer(time): Expo Street Art du 8 juin au 8 juillet 2011
Designer’s Days-Parcours parisien du design du 16 au 20 juin 2011
Laurene Saby

2 thoughts on “« Paris-Delhi-Bombay » : direction l’Inde à Beaubourg”

Commentaire(s)

  • le joncour

    je reçois des mails et je n’en veux plus ça fait 6 mois que j’essaie de me désabonner et je reçois toujours vos mails que dois je faire pour ne plus les recevoir
    [email protected]

    juin 20, 2011 at 14 h 41 min

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