Arts
On reprendra des couleurs, exposition collective à la Maison des arts plastiques Rosa Bonheur

On reprendra des couleurs, exposition collective à la Maison des arts plastiques Rosa Bonheur

26 juin 2021 | PAR Pauline Lisowski

« On reprendra des couleurs », l’exposition estivale de la Maison des Arts Plastiques nous plonge un nouveau monde coloré.

Comme une annonce poétique de nouveaux possibles, cette exposition réunit des artistes qui expérimentent des jeux de matières et de couleurs en puisant dans leurs expériences ainsi que dans leurs explorations de territoires. Ils proposent des œuvres qui indiquent un futur, un monde en harmonie entre nature et culture, entre humains et non-humains et nous convient à regarder autrement les reliquats en songeant à une forme d’une nouvelle croissance à venir.

Dans l’espace d’exposition, tel un grenier, les œuvres nous invitent à prêter attention à des éléments prélevés, qui assemblés sont les présages d’un potentiel mystère. Laurent Gongora recueille des matières naturelles et des rebuts issus de ses récoltes durant ses déambulations à proximité de son atelier, afin de créer ses sculptures. Ses gestes font naître des métamorphoses : Une feuille devient plume. Des fragments deviennent des curiosités, presque précieuses, à observer avec attention dans sa collection Fake nature qui rassemble les œuvres Castanea kaolinite et Photinia Alula. Entre nature et artifice, l’œuvre Linga Yon s’apparente à des objets de culte. Les œuvres jouent sur l’illusion et sur notre attirance pour les formes de la nature.

Les vidéos et installations de Nicolas Tourte réfèrent à la fois au cycle temporel, à la transformation des matières et aux phénomènes physiques tels que les nuages. Dans ses œuvres, la forme circulaire est ainsi récurrente. Une sculpture, qui semble greffée à une poutre attire notre regard au moment où elle scintille : Moment magique qui nous invite à rester attentif au spectacle visuel. L’artiste est lauréat de l’appel à candidature « L’empreinte écologique de l’art » et son œuvre Délice, une roue qui émerge de l’herbe dans la promenade Maurice Chevalier, à Chevilly-Larue fait écho à l’éternel retour à la terre.

Alice Raymond a exploré le Val-de-Marne et a collecté des espèces d’arbres qu’elle a codé. Des tracés forment des trajets, potentiels déplacements dans le département. Ses éléments constituent son installation qui s’inscrit dans l’architecture tout en créant une sorte de tente. Les arbres ainsi symbolisés, à l’échelle humaine, nous apparaissent comme des totems. Une toile suspendue révèle les lignes de la Marne et les ruisseaux attenants qui participent à la vie de cette végétation en milieu urbain. Cette installation est à traverser comme si on franchissait un gué. Des souvenirs d’expériences de perception de paysage peuvent alors surgir.

Les œuvres de Barbara Portailler se découvrent alors au sol et disposés en collection. L’artiste chercheuse travaille selon le rythme des saisons par des gestes de récoltes, de tris et de déploiement de formes dans l’espace. Sa pratique artistique tient du réemploi des matières qui restent de ses précédents projets. Son installation Cercle plein II  est le fruit d’ateliers avec des élèves d’arts plastiques. Son travail tend vers un « art circulaire » où les gestes, les formes des traces constituent les témoignages du

temps et des rencontres. Elle invite Aurélie Mathigot à dialoguer avec son travail artistique avec Eternellement, revenir au quotidien, nous va si bien, une œuvre commencée en 2010, en progression, assemblage de couverts composant des volutes sinueuses d’un camaïeu coloré.

Cette exposition collective nous offre des instants d’observation, de contacts visuels avec des matières et transforme l’espace en un champ d’œuvres et de matières à contempler. Elle nous propose des expériences esthétiques qui réveillent des souvenirs de relations à nos environnements. Pleines d’espoir, les œuvres symbolisent une prise en compte de l’environnement et invitent à songer aux ressources que procure la nature.

On reprendra des couleurs

Jusqu’au 7 juillet 2021

Maison des arts plastiques Rosa Bonheur, Chevilly-Larue

Visuels : vue d’exposition, crédit photo : Maison des arts plastiques Rosa Bonheure

Chronique de la série « The beast must die » sur Canal +
Karam Natour : « L’humour me fait sentir plus petit et plus humble »
Pauline Lisowski

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture