Arts

Monet décrypté au musée Marmottan Monet de Paris

09 janvier 2009 | PAR Geoffroy

« Monet n’est qu’un oeil, mais quel oeil », Cézanne l’avait compris. Le génie d’un peintre se voit à son regard. L’œil joue un rôle dans l’œuvre de l’artiste autant que le choix des couleurs, du lieu et du moment. « Monet, l’œil impressionniste » est une exposition qui a lieu au Musée Marmottan Monet jusqu’au 15 février. Retraçant le parcours du peintre aux « Nymphéas », elle se penche aussi sur l’effet de sa cataracte sur son œuvre.

« Blanc d’argent, violet de cobalt clair, vert émeraude, outremer extra fin, vermillon et du jaune : clair, foncé ou encore citron », quelle palette de couleurs accueillant le visiteur !

La palette de Claude Monet

La palette de Monet

Claude Monet, peintre impressionniste, disait que c’était une grande qualité chez un artiste de savoir choisir ses couleurs, car cela était souvent « une affaire d’habitude ». C’est avec une partie de ces couleurs qu’il peint le tableau central de la première salle d’exposition : «Nymphéas (1917-1919)».

Nymphéas Monet 1

Nymphéas (1917-1919)

Dans la pure tradition des œuvres impressionnistes, cette toile représente l’Étang de Giverny, où le peintre s’était installé. Peinture abstraite qui plonge le visiteur dans un autre monde, où le ciel et l’eau se mêlent. Aucun repère où le regard peut s’accrocher, il en ressort pourtant une vie, un mouvement, grâce notamment aux couleurs, qui donnent tout son sens à l’œuvre. Ce tableau reflète ce que devait voir le peintre, après que les premiers symptômes de sa cataracte furent décelés en 1912. Cette œuvre majeure de l’impressionniste contraste avec celle peinte quelques années auparavant sur les plages normandes de Trouville  Sur la plage à Trouville (1870-1871). Le sens du détail, la netteté de l’image marquent qu’ il n’était pas encore atteint de la cataracte.

Après cette entrée en matière, descendant une volée de marches, le visiteur rentre davantage dans l’esprit de Claude Monet. Dans la deuxième salle, le regard du visiteur est attiré par deux tableaux qui s’opposent, deux révélateurs de l’art de Claude Monet. La cathédrale de Rouen, effet de soleil, fin de journée (1892) et Le Portail, temps gris (1892) sont deux peintures impressionnistes montrant la cathédrale de Rouen à deux périodes de la journée. Il en ressort une différence qui va delà des couleurs, le sens même de l’œuvre est affecté par ce changement temporel, de couleur. On retrouve de même les codes habituels du peintre : de petites touches successives et des couleurs très marquées pour rendre compte d’une ambiance. Le Musée Marmottan Monet retrace ensuite les différentes étapes de sa peinture avec quelques-unes des plus célèbres toiles du peintre : Le Bassin aux Nymphéas, harmonie verte (1899), Bras de Seine près de Giverny, soleil levant (1897) » ou encore Maisons au bord de la Zaan, à Zaandam (1871).

« Bras de Seine près de Giverny, soleil levant (1897) »

Bras de Seine près de Giverny, soleil levant (1897)

« Maisons au bord de la Zaan, à Zaandam (1871) »

Maisons au bord de la Zaan, à Zaandam (1871)

L’exposition « Monet, l’œil impressionniste » s’attache ensuite à montrer, avec des simulations de l’ophtalmologue Michael F. Marmor de l’université de Standford, le rôle de la cataracte dans la façon de peindre de Claude Monet dont il fut atteint en 1912.

Le tableau Nymphéas (1914-1917) illustre bien la différence entre ce que le peintre voyait et le résultat final. Une eau d’un bleu boueux, des nymphéas d’un vert vif et des fleurs jaunes, voilà ce que devait voir l’impressionniste lorsqu’il a peint cette toile.

« Nymphéas » (1914-1917)

Nymphéas (1914-1917)

Claude Monet était conscient de sa maladie et de ces effets sur sa peinture : « Je ne vois la nature que déformée et vois tout dans des couleurs totalement transformé » explique-t-il dans une lettre à Albert Besnard en 1923 . Ce qui explique que la plupart des œuvres précédant son opération soient saturées, chargées en matières et réalisées avec des couleurs plus sombres. La maison vue du jardin aux roses (1922-1924) réalisée avant son opération reflète les mêmes caractéristiques : maison s’évanouit dans la nature du fait de la perte de sa vision binoculaire et les couleurs sont très vives et saturées pour que Monet puisse discerner sa toile.

« La maison vue du jardin aux roses (1922-1924) »

La maison vue du jardin aux roses (1922-1924)

En 1923, le peintre impressionniste, alors atteint d’une cataracte avancée et invalidante qui l’empêchait même de lire, consent à se faire opérer avec succès. Les Roses (1925-1926) montrent la guérison de l’artiste : les formes sont plus nettes et les couleurs sont plus douces.

L’exposition pose ici une question intéressante : la maladie peut-elle affecter l’art ? Elle y apporte une réponse en permettant au visiteur de plonger dans le regard de Claude Monet et d’y découvrir et d’y comprendre une partie de son génie.

Monet, l’oeil impressionniste, Au musée Marmottan, jusqu’au 15 février, tous les jours de 11h à 18h sauf les lundis, nocturne le mardi jusqu’à 21h, Fermé les lundis, 2, rue Louis-Boilly 75016 ParisMétro Muette – Ligne 9, RER : Boulainvilliers – Ligne C, Plein tarif : 9 euros, TR : 5 euros. Moins de 8 ans : gratuit. Réservation groupe : Tél. 01 44 96 50 31

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One thought on “Monet décrypté au musée Marmottan Monet de Paris”

Commentaire(s)

  • Le peintre Claude Monet (1840-1926) représentant le plus typique des impressionnistes est crypté dans le Parisis Code !
    Quel est ce mystérieux code ? Un code qui utilise, par un ingénieux système d’alignements, les rues de Paris pour raconter une histoire ; celle des personnalités qui, comme le peintre Monet ont laissé une profonde empreinte dans la Capitale.
    Exemple (extrait du tome 4, non-encore paru) : Le parc des Buttes Chaumont, (clef importante de ce code) a la forme d’une tête d’Aigle. L’œil de cet aigle est formé par le lac de ce parc. Cet œil symbolique organe essentiel pour un peintre, forme, avec la Villa Claude Monet (19ème arr.), un axe qui atteint 9,3 kilomètres plus loin, le Musée des impressionnistes (Musée Marmottan (voir expo « L’œil impressionniste »). Cette ligne qui passe par le centre de la clef principale du Code (l’Ankh), traverse la Place Clémenceau. Pourquoi ? Georges Clémenceau était l’ami de Claude Monet. C’est d’ailleurs lui qui commanda la célèbre série de tableaux des Nymphéas.
    Enfin cette ligne passe devant l’ex-atelier du photographe Nadar, au 35, Boulevard des Capucines, où eu lieu en 1874, la première exposition des Impressionnistes !
    Pour en savoir plus : PARISIS CODE « Le plus grand secret jamais révélé sur Paris », (éditions DUALPHA) : blog : http://parisis-code.skyblog.com

    juillet 1, 2009 at 22 h 35 min

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