Arts

Matisse et Rodin au musée Rodin

09 novembre 2009 | PAR Alienor de Foucaud

Tandis que la ville de Nice célèbre le dessinateur Matisse et le sculpteur Rodin au musée des Beaux Arts et au musée Matisse ; le musée Rodin de Paris propose une étude comparative des deux artistes et révèle, à partir d’un parcours thématique, la diversité et la complexité de la relation des deux maîtres : Matisse, le dessinateur, sculpte et Rodin, le sculpteur, dessine.

L’exposition met en scène le face à face de deux hommes et de deux arts pour mieux les rassembler: « une sculpture n’est que du dessin sous toutes ses dimensions » entonnait Rodin. Le visiteur est invité à regarder les sculptures qui lui sont proposées, à tourner autour et à les comparer ; reconnaissant alors dans l’œuvre le résultat d’un véritable processus.

Où les artistes se rejoignent-ils ? Où se séparent-ils ? La première salle nous plonge dans les esquisses et dessins des deux artistes, illustrant une liberté de crayon, un trait vif, rapide et léger, il s’agit pour l’un comme pour l’autre, de donner vie à des modèles vivants, par le mouvement de la plume. Du face à face, l’exposition glisse rapidement vers la correspondance.

Votre navigateur ne gère peut-être pas laffichage de cette image. Matisse, Grand Nu assis, 1922
Matisse, Grand Nu assis, 1922

C’est au travers de leur approche du modèle, que les deux artistes dialoguent : « je ne corrige pas la nature, je m’incorpore en elle », disait Rodin, il s’agit avant tout de reproduire la plus exacte vérité et de consacrer un hymne à la figure humaine, révélant une vision édénique de la femme qui leur est commune. Ainsi, de nombreuses sculptures de nus féminins allongés sont exposées, illustrant le sensualisme des deux hommes et leur érotisation de la courbe et du mouvement en arabesque.

Enfin, c’est autour de la danse que Matisse et Rodin fixent un langage commun, ici, la torsion des corps, l’équilibre et les positions acrobatiques sont à l’honneur. Il s’agit d’une danse impétueuse, une frénésie chorégraphique, celle d’Isadora Duncan et de Nijinsky, qui, tels des oiseaux, prennent leurs envols, suspendus dans les airs. Ces sculptures parviennent à capturer les forces qui leur sont externes, celles du cosmos.

Matisse, Mouvement de danse, 1911
Matisse, Mouvement de danse, 1911

A partir d’une sélection d’œuvres, le spectateur est donc invité à pratiquer l’art difficile de la comparaison, d’une part entre deux artistes, mais aussi entre deux pratiques. On retiendra cette quête de simplicité, pour laquelle Matisse et Rodin décident de s’éloigner du souci d’expressivité, allant vers une épuration de la forme, et révélant ainsi leur profonde modernité.

Le musée Rodin propose ainsi une approche originale et enrichissante des œuvres du dessinateur et du sculpteur, parvenant à jongler entre face à face, dialogue et correspondances.

« Matisse et Rodin« , au musée Rodin, du 23 octobre au 28 février. 79, rue de Varenne, Paris 7ème, Métro Varenne, ligne 13. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 17h45, nocturne le mercredi jusqu’à 20h45.

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Alienor de Foucaud

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