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L’étonnant Dali frappe encore : la Galerie Messine lui rend hommage

L’étonnant Dali frappe encore : la Galerie Messine lui rend hommage

05 décembre 2012 | PAR Tatiana Chadenat

Dali, le peintre, le Monsieur, est sur toutes les lèvres depuis le 21 novembre, date du début de l’exposition à Beaubourg. Si les journaux culturels lui ont pratiquement tous consacré une rétrospective, un hors série, les galeries à Paris semblent également emboiter le pas, et mettre l’artiste à l’honneur avec un mot d’ordre : montrer toute son œuvre, et découdre l’image préconçue que l’on s’est faite du surréaliste. C’est le cas du Centre Pompidou, c’est aussi le cas de la Galerie Messine qui consacre une vente originale.

«… Je suis mal connu, très mal connu. On ne parle toujours que de mes excentricités et de ma peinture c’est à dire de la part la moins importante de mes activités et de mon œuvre. Avant tout, je suis critique d’art, je suis le plus génial visionnaire du monde artistique. Le seul capable d’opérer la synthèse des idées et des forces. Je suis le Bonaparte de la révolution qui s’achève»expliquait Salvador Dalí dans l’hebdomadaire Arts, no 566, 2-8 mai 1956

Si l’exposition se donnant actuellement à Beaubourg a tenté de lui rendre hommage en montrant peintures surréalistes et religieuses, décors, films publicitaires, interviews bref son œuvre dans «toute son ampleur, d’un bout à l’autre de sa carrière», la Galerie Messine poursuit cette perspective en proposant ses œuvres sur papier – gouaches, croquis, dessins, aquarelles – et gravures réalisées de 1931 à 1981. Une facette méconnue de l’artiste.

On y entre par un escalier étroit en colimaçon après avoir traversé une pièce noire dans laquelle trône une sculpture majestueuse du grand maître. Le ton est donné. En haut, à l’entrée de la première pièce un portait du moustachu réalisé par Marc Lacroix en 1971.

Il est entouré de dessins épurés aux formes géométriques méconnues de l’ artiste engagé ainsi que de dessins – croquis, qui donnent à voir un trait de sa personnalité bien connue : son sens du détail. En témoigne ci-dessus, la composition au Cygne et à l’éléphant fait à l’encre de Chine sur papier en 1947.

Ses aquarelles sont inédites, certaines  révèlent justement le pan inconnu de son œuvre, comme l’atteste l’ange religieux et tout à fait réaliste peint à l’aquarelle et gouache en 1947.Par ricochet à l’exposition Beaubourg, la galerie Messine montre également un Dali ayant mis de côté le surréalisme, bien trop commun, au profit de la religion, bien plus subversive … Cette aquarelle et collage réalisés en 1954 intitulée « l’Annonciation » le montrent.

La galerie Messine accroche également deux très belles gravures et des objets de l’artiste un peu loufoques. Un cheminement à travers l’œuvre foutrale de Dali dans lequel ressurgit la prolifération de son imaginaire, de ses obsessions, de ses fantasmes et de ses traits de génie, bref de ses œuvres à travers des supports pluriels – sculptures, papiers et objets – ses inspirations multiples et ses créations toujours plus déconcertantes. Elles fleurissent à Paris cet hiver.

Visuels :

‘c) Dali, « Machine à coudre aux parapluies », 1951, gouache et encre sur papier, 25 x 32 cm

(c) Dali, « Le Corregidor et la Meunière », 1959, aquarelle, crayon de couleur, encre de Chine, 50 x 31,6 cm

(c) Marc Lacroix, « Portrait de Salvador Dalí devant « Le Palais des vents » à Figueres », 1971, tirage d’époque, 55 x 55 cm

(c) Dali, « L’Annonciation », 1954, aquarelle, collage et crayon sur papier, 76,2 x 111,8 cm

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Tatiana Chadenat

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