Arts

Le Musée Marmottan réhabilite Henri Edmond Cross

Le Musée Marmottan réhabilite Henri Edmond Cross

19 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Ne frimons pas, le nom de Henri Edmond Cross ne nous disait absolument rien jusqu’à croiser son nom dans les couloirs du Métro. Et pourtant, cet ami et inspirateur de Matisse a également côtoyé Seurat et Signac pour les plus célèbres. Le Musée Marmottan entièrement retapé présente dans ces nouveaux espaces lumineux et circulaires un parcours chronologique éclairant sur ce peintre majeur méconnu.

Une centaine de toiles et d’aquarelles venues du monde entier ont été ici rassemblées permettant de comprendre le travail de cet artiste classé parmi les néo-impressionnistes section pointillistes. Donnant à voir des toiles résonnant avec les fauvistes et les impressionnistes Cross fait jaillir les couleurs vives en les opposant à une nature calme. C’est dans la région de Saint Tropez, où le peintre est installé que l’été 1904 se passe aux côtés de Matisse et de Signac. Matisse, jeune peintre apprend de ces deux-là au point de quitter, le temps de trois petits tableaux qui sont exposés ici,  » Le Palais »,  » Pêcher en fleurs » et Nature morte » les aplats de couleur auxquels il tient tant. L’utilisation du point amène à une certaine abstraction : les visages ici sont lisses, les corps nous surprennent au cœur de forêts longeant la méditerranée.

C’est dans l’explosion des couleurs et dans sa liberté que Cross surprend le plus. Le jaune nous attire et nous emmène « Sous les chênes lièges ». Dans cette toile daté de 1908, soit deux ans avant la mort du peintre. Toute son œuvre est rassemblée dans ce tableau : d’abord la couleur, ensuite le détail de trois petits personnages prenant le temps de vivre et une maison rose, si légère, adossée à la colline. Mais remontons dans le temps pour rendre les influences qu’a eu Cross sur ses contemporains. « L’air du soir » (1893) sera la base de la célèbre toile d’Henri Matisse  » Luxe, calme et volupté datée de 1904. Matisse s’enfuira vite du pointillisme pour revenir à ses premières passions mais à plusieurs reprises il s’inspire de Cross pour réunir le point et la couleur.

Un autre temps fort de l »exposition est le focus apporté sur les aquarelles de Cross. Les séries de paysages nocturnes surfent sur des déclinés de bleu et laissent apercevoir la lueur de la lune dans une beauté romantique infinie.

La force de cette exposition a taille humaine est de confronter le travail de Cross à celui des autres peintres de sa génération. Derain, Luce, Pissaro, Théo Van Rysselberghe. Il est impressionnant de voir que Cross ne suit pas, il induit.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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