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Le Musée Carnavalet nous présente Le peuple de Paris au XIXe siècle

06 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Décidément, l’esprit vintage règne toujours. La tendance  XIXe-début XXe se fait présente avec la sortie du film Un monstre à Paris qui nous plonge dans la crue de 1910. Le musée Carnavalet dont la vocation est de faire connaître la ville de Paris choisi de faire partager la vie des petits. De la fin de la Révolution française à la Première Guerre Mondiale, nous partons à la rencontre des lavandières de la rue saint Antoine et des fermiers de la rue de l’épée de bois !

Gravures, archives, peintures… tous les supports sont bons pour une exposition pédagogique et engagée. Des cabarets aux barricades est le sous-titre du parcours et il nous entraine dans les rues minuscules aux grands boulevards du Paris en pleine mutation Haussmannienne. La démarche est thématique et renseigne sur des questions pratiques passionnantes : Que mangeaient les parisiens? Comment s’habillaient-ils ? Quels étaient leurs loisirs? Quelles étaient leurs peurs? Quelles entaient leurs luttes?

La question sociale ici traitée est particulièrement passionnante du point de vu même des sources. En effet, tout ce que nous savons du peuple nous vient des élites. Les témoignages populaires sont très rares bien que ces classes représentent les trois quarts de la population générale. Nous rencontrons tout de même des habits masculins et féminins, et des sabots qui semblent être plus un symbole de la condition ouvrière qu’une réalité quotidienne.   Une salle entière est consacrée à la peinture et la gravure de Daumier, l’artiste pas excellence des ouvriers. Un autre espace concentre les travaux du sociologue et économiste Frédéric Le Play. Les hommes sont ramoneurs, porteurs d’eau, ouvrier sur les chantiers du métro, les femmes sont blanchisseuse, repasseuses, fermières…

Ce Paris-là est pauvre et sale. La crise du logement est déjà une réalité. Les appartements  insalubres sont surpeuplés et se caractérisent évidement par un manque d’intimité, alors, et cela reste actuel, le parisien sort. La scénographie prévoit un espace cabaret où l’on peut s’assoir écouter les mots de Jan Dau Boueix entre 1855 et 1860 parlant des Maisons de la Creuse. Les murs de la ville parlent aussi, nombreux sont les placards collés et annonçant les informations importantes telle celle-ci datée du 7 aout 1830 :  » les chambres appellent au trône le duc d’Orléans qui prend le nom de Louis Philippe 1er ».

Les moments de sociabilité n’ont pas changé. Un café acheté « Au coin de la porte Saint Denis », une sortie au théâtre où quelque fois des spectacles étaient gratuits donc bondés comme le montre Léopold Boilly dans  » Une loge un jour de spectacle gratuit ».

L’exposition semble se  terminer sur une note noire, celle de la précarité menant à l’hôpital public et à l’indigence pour finir en beauté sur une envie de révolte. Une image nous montre un tsigane  fiché dans le cadre du contrôle des « populations dites dangereuses». La photographie est celle de Jean Lagrene qui servit de modèle à Manet pour ses toiles. On glisse doucement vers la commune qui commémorait récemment ses 140 ans à l’occasion d’une exposition magnifique à l’Hôtel de Ville.

« Le peuple de Paris » séduira tous les publics, les chercheurs comme les néophytes en présentant des sources nombreuses sur une population qui ne parlait pas d’elle-même.

 

Visuel : (c) : Image autorisée à Laurence Goupille Paris-Musées par Laurence Goupille, Repasseuses  Degas Edgar (dit), Gas Hilaire-Germain Edgar de (1834-1917)Crédit photographique : (C) RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski © RMN (Musée d’Orsay) / Réunion des Musées Nationaux

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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