Arts
59e salon de Montrouge et ses lauréats

59e salon de Montrouge et ses lauréats

30 avril 2014 | PAR Bérénice Clerc

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 Le salon de Montrouge est un rendez-vous quasi immanquable de l’art contemporain. 3100 dossiers reçus, 72 artistes sélectionnés, des démarches intéressantes, hélas pas de grandes révélations mais la confirmation du talent hors norme de Julien Salaud révélé par ce salon il y a quatre ans et aujourd’hui invité d’honneur digne de ce nom.

Le Beffroi sous la pluie ouvre ses portes sur une scénographie jaune et noir de Matali Crasset, agréable à l’œil mais peu pratique pour identifier les artistes.

Sculptures, photos, vidéos, installations, peu de peintures, les travaux sont divers mais l’emportement, la grande découverte artistique n’est pas au rendez-vous. C’est le jeu d’un salon, montrer une partie de la création, faire des choix et parfois, le miracle arrive, un artiste bouleverse les codes et révèle une œuvre singulière à reconstruire sans limite.10313462_10152358073604876_6140109532276366114_n

Julien Salaud est de ceux là, Montrouge a permis la révélation de son travail, ses recherches plastiques, animales, sensibles, fragiles, puissantes sont désormais visibles dans de nombreux lieux et cela ne va pas s’arrêter là. Invité d’honneur cette année, il mérite sa place et ne se contente pas du titre ronflant, il livre deux œuvres superbes, un centaure vibrant, mi homme mi cerf, touché par l’or, les perles, la beauté et la sensualité de peaux de bêtes attirantes.

Les peaux sont aussi le toit d’un igloo poétique comme le centaure, onirique telle la nuit, une ouverture laisse apparaître un animal de fil et de lumière en suspension pour ouvrir les portes d’un voyage au bout de l’imaginaire.

Revenons aux 72 sélectionnés, en peinture, David Rodriguez détourne avec humour des petites boîtes de bonbons, gâteaux et autres gourmandises sur lesquelles il peint des images érotiques, pornographiques et des phrases courtes et drôles.

 Anne Broujean propose des photos de morts, illustrées par des phrases expliquant la raison de leur mort. Des phrases issus du quand dira t-on actuel sur les dangers de la vie, un portable dans la poche,  la pilule de 3e génération, les ondes wifi et autres dangers souvent réels mais banalisés au quotidien.

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Du coté des installations, sculptures, Gaëlle Leenhardt, notre coup de cœur du salon 2014 signe une belle installation troublante.

Clémentine Despocq détourne la bijouterie et crée des œuvres d’or et de tissus mêlés.

Quatre lauréats sont récompensés cette année Tatiana Wolska reçoit le grand prix du salon, Louise Pressager et Quingmei Yao remportent ex-eaquo le prix spécial du jury et Virginie Gouband gagne le prix du conseil général des Hauts de Seine.

 Le salon de Montrouge est à visiter, l’entrée est libre, le métro très proche, l’idée n’est pas de trouver l’artiste de demain mais voir de l’art, rencontrer des artistes, se laisser toucher par leur travail est une expérience à renouveler sans cesse.

 

 

 

Visuels (c) Bérénice Clerc.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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