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Rencontre avec Nathalie Béreau, galeriste nomade

Rencontre avec Nathalie Béreau, galeriste nomade

03 mai 2022 | PAR Laetitia Larralde

Donnant sur les jardins des Tuileries, le Cercle Suédois propose régulièrement des expositions à ses membres et à leurs invités. En avril, il accueillait la Galerie Nathalie Béreau et trois de ses artistes : les dessins de fleurs rouge sang d’Isabelle Tournoud, les photographies d’Australie de Jean-Christophe Ballot et les délicats bols en céramique de Charles Hair. À cette occasion, nous avons rencontré cette galeriste atypique pour parler du fonctionnement de sa galerie et de la Paris Print Fair.

Une galerie nomade

Nathalie Béreau a commencé sa carrière de galeriste de façon classique. Après l’Ecole du Louvre, elle travaille pendant douze ans dans une galerie puis ouvre la sienne à Chinon, de 2008 à 2011. Elle décide ensuite de devenir nomade, de faire sortir ses artistes de l’espace de la galerie pour se confronter à des lieux et des publics différents. C’est ainsi que commencèrent les deux principales collaborations avec le chai de Pierre et Bertrand Couly à Chinon et l’hôtel particulier 6, Mandel à Paris. Pendant presque dix ans, elle a travaillé à des programmes d’expositions d’art contemporain, définissant le cœur de son métier de galeriste comme étant l’organisation d’expositions et le suivi des artistes de sa galerie.

Nathalie Béreau profite de cette liberté du nomadisme pour désacraliser l’espace de la galerie et investir des lieux atypiques, bien que cela demande à chaque fois de mettre en place l’infrastructure nécessaire pour exposer ainsi que de créer de nouvelles habitudes de visite du public, des journalistes et des collectionneurs. Elle a ainsi travaillé à l’Espace Beaurepaire à Paris ainsi qu’à la création du Prix Espace Beaurepaire / Ecole Boulle, sur le Parcours des galeries parisiennes de l’estampe et du dessin, tous les mois de décembre depuis 2018, ou encore sur des missions pour des fondations. Si la pandémie a chamboulé tous les projets, son nomadisme déjà bien installé lui a permis de rebondir et trouver de nouveaux lieux d’exposition, tel que le Cercle Suédois.

Paris Print Fair

Depuis 2018, Nathalie Béreau collabore avec la Chambre Syndicale de l’Estampe, du Dessin et du Tableau (CSEDT), qui forme un réseau international de galeries dédiées à l’estampe et au dessin. Dans ce cadre, elle prépare activement la première édition de la Paris Print Fair, qui vient prendre la suite du Salon de l’estampe et du dessin, qui a eu lieu pour la dernière fois en 2016. Pendant la semaine du dessin parisienne fin mai, ce salon proposera un panorama large de galeries spécialisées dans l’estampe et d’œuvres sur papier, tant d’un point de vue historique que stylistique.

En effet, chacune des 19 galeries européennes viendra avec sa propre spécialité : Stoney Road Press de Dublin présente des artistes irlandais, la Galerie Bei der Oper de Vienne se spécialise en Ukiyo-e ou M.F. Toninelli-Monaco de Monaco s’oriente vers l’art moderne. Nathalie Béreau, quant à elle, présentera trois artistes : Michaël Cailloux, Caroline Bouyer et Atsuko Ishii. Dans le réfectoire du Couvent des Cordeliers, un lieu dont les dimensions correspondent à la présentation d’œuvres sur papier, tant les néophytes que les collectionneurs pourront y trouver leur bonheur.

Ce salon sera l’occasion de mettre en valeur l’art de l’estampe, longtemps resté discret, dans l’ombre de la glorieuse peinture à l’huile puis de l’art conceptuel. Si la gravure, tout comme le dessin, connait aujourd’hui un nouvel engouement, c’est pour Nathalie Béreau un besoin de retour à la main, à la matière. Après des années dominées par l’art conceptuel, puis la naissance de l’art numérique, les artistes reviennent vers un savoir-faire manuel qui demande une technique particulière, une temporalité longue, des gestes qui permettent de penser la création sous un autre angle.

Rendez-vous du 19 au 22 mai 2022 au Réfectoire du Couvent des Cordeliers, dans le 6ème arrondissement de Paris pour découvrir la galerie de Nathalie Béreau et ses artistes-graveurs, et prendre la mesure de l’ampleur de ce que l’estampe a à offrir.

 

Visuels : 1-Atsuko Ishii, Siren of Sound, 2021. Eau-forte imprimée en couleur 17 exemplaires. Signée, numérotée et datée par l’artiste dans la marge, 50 x 40 cm. Courtesy de la Galerie Nathalie Béreau / 2- Marjan Seyedin, Discours d’oiseaux – II, 2020. Eau-forte et roulette sur Chine appliqué. Tirage à 21 épreuves, 30 x 39,8 cm [42 x 49,7 cm] c Galerie Documents 15, 2022 / 3- Carl Moser, Mariage breton, 1922. Gravure sur bois, signée, 44 x 54,5 cm. Courtesy de la Galerie Bei der Oper / 4- Michael Cailloux, Renaissance : Illusion, n. 1/1, 2021. Gravure a l’eau forte et dessin, papier Hahnemuhle blanc naturel, cadre aluminium, cache blanc et filet jaune néon, 28 x 40 cm. Courtesy de la Galerie Nathalie Béreau. / 5- Rembrandt Harmenszoon Van Rijn, Le Chris et la femme de Samarie parmi les ruines, 1634. Eau-forte et gravure, signée et datée en haut à droite, « Rembrandt » . 12,9 x 11,3 cm (feuillet) ; 12,4 x 10,8 cm (planche). Ref. Bartsch 71 ; NHD 78 II (V). Courtesy de Jurjens Fine Art. / 6-Paul Signac, Le Port de La Rochelle, 1924. Aquatinte en couleur sur papier velin d’Arches. Numérotée 180/200. Signé par Signac en bas à gauche au crayon ainsi que signé et daté dans la plaque en bas à droite : « P. Signac 1924 » Inscrit en bas à gauche dans la planche : « gravé par Jacques Villon 1925, publié par Bernheim-Jeune, Paris. ». 45,5 x 60 cm (image) ; 60 x 75 cm (feuille). Ref. Ginestet/Pouillon, n. E644.
Courtesy de Libretis.

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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