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Paris Print Fair, un bel hommage à l’estampe

Paris Print Fair, un bel hommage à l’estampe

21 mai 2022 | PAR Laetitia Larralde

Nouveau venu dans la semaine du dessin de Paris, la Paris Print Fair, salon dédié à l’estampe, nous offre une première édition de qualité.

Cette semaine, le dessin, et plus largement l’œuvre sur papier, est célébré à Paris (voir nos articles sur Drawing Now et DDessin). Avec 19 galeries spécialisées de France et d’Europe, Paris Print Fair met l’estampe sous toutes ses formes à l’honneur. Dans le beau cadre du réfectoire du Couvent des Cordeliers, ce salon à taille humaine réserve à la fois de belles découvertes et la possibilité d’admirer les maîtres. De Dürer à Bernard Venet en passant par Rembrandt, Zao Wou-Ki, Hokusai ou Paul Signac, associés à des artistes contemporains, la sélection de toutes les galeries du salon nous permet d’avoir un large panorama de la gravure.

Si Pablo Picasso et Henri Rivière sont largement représentés sur le salon dans une sorte de transversalité commune, chaque galerie a sa spécificité. La galerie viennoise Bei der Oper nous propose par exemple une sélection d’estampes japonaises, toutes gravées sur bois, allant de l’époque Edo avec les grands Hokusai et Hiroshige, jusqu’à nos jours avec Nishijima Katsuyuki, en passant par les œuvres magnifiques du début du XXème siècle de Kawase Hasui ou Koitsu Tsuchiya. N’oublions pas non plus les artistes du Japonisme tels que Carl Moser ou Bertha Lum, encadrés dans des cadres délicats aux coins arrondis fabriqués par des artisans de Kyoto.

Les grands noms que nous croisons sur les différents stands, Buffet, Bacon, Giacometti, Canaletto, Rembrandt ou Le Lorrain, mettent en lumière que de nombreux artistes, connus pour leurs peintures, ont également pratiqué l’estampe, que ce soit de la lithographie ou de l’eau-forte. Chez Helmut H. Rambler (Francfort), la sélection d’eaux-fortes et burins des XVIème et XVIIème siècles nous transporte dans un tourbillon de détails délicats et précis, pour des tirages d’une qualité exceptionnelle. Nous pouvons également admirer chez Jurjens Fine art (Amsterdam) de magnifiques gravures sur bois de Dürer, à la modernité fascinante.

Pour contempler les artistes modernes, direction Le Coin des Arts (Paris), Libretis (Paris) ou M.F. Toninelli – Monaco (Monaco), où les artistes affichent une inclination pour la lithographie et ses couleurs vives. Le salon nous donne également un aperçu varié de la pratique contemporaine. Chez la galerie Document 15 (Paris), Nicolas Poignon et Ariane Fruit présentent des linogravures grand format dans un noir et blanc très graphique, quand la galerie Sagot-Le Garrec (Paris) nous fait découvrir Lise Follier Morales et ses fleurs en linogravures colorées toutes en nuances. Chez Nathalie Béreau (Paris, Chinon), l’œil est attiré par les bijoux muraux de Michaël Cailloux, matrices de cuivre délicatement découpées et transformées en œuvres après avoir été imprimées. Notons également les œuvres de Bernard Alligand faites grâce au procédé d’aquagravure, spécifique à l’atelier de la galerie L’Estampe (Strasbourg), où l’œuvre se crée en même temps que se fabrique le papier.

Enfin, un tour sur le stand de l’association Les Amateurs d’Estampes vous permettra de rencontrer son président Joseph de Colbert, qui vous fera partager sa passion pour l’estampe, son envie de la faire connaître au plus grand nombre et de rassembler artistes, amateurs et collectionneurs autour d’une pratique riche et foisonnante. Ne manquez pas cette occasion de découvrir ou approfondir votre connaissance de l’estampe, vous serez étonnés par sa variété et sa richesse.

Paris Print Fair
Du 19 au 22 mai 2022
Réfectoire du Couvent des Cordeliers – Paris

Visuels : 1- Ariane Fruit, Transe canadienne – III, 2020. Linogravure sur papier Magnani. Tirage à 25 épreuves. 58,1 x 94,2 cm [70 x 100 cm]. © Galerie Documents 15, 2022 /2- Couvent des Cordeliers, Courtesy of L’Image Contemporaine 3 / 3- Michael Cailloux, Manthis religiosa, 2010. Découpe, gravure sur cuivre, ciselage cuir et or 1?. Bijou mural, 20 x 24,5 cm. Courtesy de la Galerie Nathalie Béreau / 4- Albrecht Durer, La Visitation, 1503. Feuille 9 de La Vie de la Vierge, 1503-05. Une épreuve d’impression. Gravure sur bois, 30 x 21,1 cm (feuille) ; 29,9 x 21,0 cm (plaque). Monogramme en bas au centre : AD (entrelaces). Ref. Meder 196 I (III/g) ; Schoch/Mende/Scherbaum 174 I (III/g). Courtesy de Jurjens Fine Art / 5- Alberto Giacometti, Paris sans fin, 1969, pl. 123. © Succession Alberto Giacometti / ADAGP Paris 2022. Courtesy de la Galerie Arenthon.

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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