Arts
FotoRio s’invite à la Maison Européenne de la Photographie

FotoRio s’invite à la Maison Européenne de la Photographie

12 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La MEP donne à voir le travail de trois photographes brésiliens. Le corps et la nourriture sont les axes de ce 3 en 1. Les femmes obèses de Fernanda Magalhães, les gamelles d’ouvriers d’Edu Simões et les plages aux corps dénudés de Rogério Reis sont trois regards violents sur le pays.

Cette exposition est une sélection dans le cadre du festival fondé par Milton Guran présentant des œuvres historiques et contemporaines issues de collections publiques et privées et cherche à stimuler la réflexion autour de la production photographique brésilienne et internationale.

Fernanda Magalhães présente une série intitulée « La représentation de la grosse femme nue dans la photographie ». Le Brésil appelle des images de corps parfait et d’êtres vouant un culte à la chirurgie esthétique. Ici, la photographe vient organiser un patchwork de photos de femmes obèses, d’autoportraits et de découpages d’extraits de presse. Elle zoom sur les seins énormes, les bourrelets qui ici osent se montrer. Elle vient lever ici le tabou de l’invisibilité des corps « socialement invisibles ». Dans un lien logique, nous passons du corps à la nourriture.

Edu Simões photographie les aliments qui composent le repas des ouvriers du bâtiment à Saõ Paulo. Cette série intitulée « Gastronomie pour une dure journée de labeur » propose une étude sociologique induite par la « hiérarchie de contenu ». Les gamelles sont solides, en métal généralement et sont pleines de féculents et de viande. Posées sur un fond de couleur, elles deviennent un ready-made étonnant symbole d’une population qui ne peut pas manger au restaurant. L’imagination se perd agréablement devant ces images. On se prend à deviner qui a cuisiné et dans quelles maisons. Comme une jonction entre les deux premières présentations, l’exposition se finit par une série hautement dérangeante. Rogério Reis traite de la propriété et du droit à l’image dans sa série intitulée « Personne n’appartient à personne ». Les corps sont dévoilés sur la plage. Maillots ultra échancrés, positions lascives. Les visages sont cachés par des pastilles rouges. La disparition des regards et la concentration sur le corps provoque un effet malsain tout à fait captivant.

Ces trois séries viennent interroger avec intelligence l’identité de ce pays.

Visuel : Gastronomie pour une dure journée de labeur, de la viande avec du riz, 2004 (c) Edu Simões

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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