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L’Opéra Comique et ses trésors au CNCS de Moulins : une exposition riche et intelligemment pensée

L’Opéra Comique et ses trésors au CNCS de Moulins : une exposition riche et intelligemment pensée

13 février 2015 | PAR Elodie Martinez

Après la vente de certains de ses costumes, son gala grandiose puis son début de saison époustouflant avec une Chauve-Souris décapée et hilarante suivie des Fêtes Vénitiennes, l’Opéra Comique poursuit son généreux Tricentenaire par une collaboration avec le CNCS (Centre National du Costume de Scène) pour une superbe exposition de ses costumes du 7 février au 25 mai, « L’Opéra Comique et ses trésors », retraçant intelligemment et de manière interactive sa riche Histoire.

Le CNSC, inauguré en juillet 2006, est un lieu magique détenteur de superbes costumes hérités principalement de l’Opéra de Paris, de la Comédie Française et l’Opéra Comique. Afin de conserver ces costumes fragiles, le centre organise des expositions temporaires dont la durée varie de 4 à 6 mois maximum. Du 7 février au 25 mai, l’Opéra Comique y livre ses trésors pour son Tricentenaire, le tout sous la supervision de la commissaire Agnès Terrier, dramaturge et conseillère artistique de l’Opéra Comique. Afin de véritablement donner vie à ses costumes, Macha Makaïeff tient le rôle de scénographe pour ces pièces datant de 1875 à 2015. Nous assistons alors à une véritable mise en scène dans laquelle les fantômes de ces illustres personnages rencontrés sur les planches viennent nous conter leurs histoires.

Le voyage commence dans une salle rappelant l’origine de cet art entre la Comédie Française et l’Opéra de Paris, présents derrière deux vitrines tandis que la foire où naît l’Opéra comique est derrière une corde, à portée de la main, beaucoup plus vivant. Chaque détail est pensé, et il est délectable de les observer chacun et de découvrir la raison de leur présence. Nous passons ensuite entre deux grands escaliers de pierres et nous trouvons avec le personnage de Justine Favart, dont l’époux donna son nom à la salle parisienne actuelle. Il s’agit là de la première figure féminine que nous rencontrons, bien réelle, alors que nous montons ensuite à la découverte de 8 salles renfermant chacune un thème lié à une héroïne de l’opéra : Giuletta, Manon, Mignon, Ciboulette, Carmen, Lakmé, Mélisande,… La salle de Ciboulette, organisée autour des petites gens et de la société, nous laisse voir un costume inédit puisqu’il appartient à la mise en scène des Mousquetaires au couvent par Jérôme Deschamps en juin prochain. L’Histoire de l’Opéra Comique s’inscrit aussi dans l’avenir !

Ces 8 salles s’ajoutent à deux autres plus petites qui sont deux petites surprises que nous ne dévoilerons pas… Chaque endroit regorge donc de trésors magnifiquement orchestrés, faisant se côtoyer les opéras entre eux de façon intelligible et intelligente, fruit d’une réflexion entre Agnès Terrier et Macha Makeiëff. Le visiteur peut également interagir avec l’exposition grâce à une carte où il doit placer lui-même différents personnages, un plateau où il doit se plonger pour voir à travers certains trous à quoi pouvait ressembler une salle de spectacle et les gens s’y trouvant, des livres où il peut écrire,… Jérôme Deschamps devient madame Bergeret, racontant sa vie au sein de l’Opéra Comique, y compris le terrible épisode de l’incendie en 1887.

Cette envie de partage et cette volonté didactique se retrouvent également dans ce jeu de l’oie géant mis en place dans la dernière salle nous présentant un feu d’artifice de costumes. Comment ne pas s’émerveiller dans cette salle où les costumes font une ronde et se présentent à nous ? Nous sommes ici au plus près et l’on revit des souvenirs d’opéra. Magique.

Pour accompagner ou prolonger la visite, les éditions Farge proposent le catalogue de l’exposition, sous la direction d’Agnès Terrier. Un livre extrêmement riche, tant par ses textes retraçant l’Histoire de cette grande Maison que par ses nombreuses illustrations.

Ainsi, à travers ce voyage dans le Temps et dans le monde, le visiteur est emporté et nous avons tous des yeux d’enfants. Le travail effectué par le CNCS et l’Opéra Comique est absolument grandiose, ouvrant des portes sur un monde impalpable de féérie que tissus et mannequins donnent ici à voir et à vivre.

©CNCS – Pascal François (photos du catalogue)
©Pierre Grosbois (photos de scène coupées ayant servi aux deux montages)
©Elodie Martinez (photos de l’exposition)

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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