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La licorne et le bézoard : les curiosités s’exposent à Poitiers

La licorne et le bézoard : les curiosités s’exposent à Poitiers

17 janvier 2014 | PAR Sandra Bernard

La licorne et le Bézoard, voilà un étrange et charmant sujet pour une exposition aux confins de l’étrange, du mystérieux et de la science où se côtoient histoire et croyances perdues au musée Saint-Croix de Poitiers, jusqu’au 16 mars 2014.

Si chacun sait ce qu’est une licorne et les symboliques s’y rattachant, elle suggère avant tout un monde de mystère et de magie riche d’évocation. Le bézoard, élément totalement naturel désignant les concrétions calcaires (calculs) se formant dans l’appareil digestif des quadrupèdes, a longtemps été tout aussi mystérieux. Cet animal mythique et cet élément naturel ont ainsi tout naturellement été choisis comme métonymies des curiosités, ces accumulations hétéroclites mais organisées d’objets de provenances diverses regroupés dans des cabinets plus ou moins privés, qui ont fasciné les collectionneurs éclairés depuis la Renaissance.

Véritables témoignages des croyances et du savoir des différentes époques, les cabinets de curiosités sont l’image même de la soif de connaissance des Hommes.

C’est l’évolution de ces microcosmes au cours des siècles, en parallèle avec les avancées scientifiques, que propose de retracer l’exposition la licorne et le bézoard, avec, comme fil conducteur, la dualité entre croyances et sciences. Car, si la distinction nous parait claire aujourd’hui, il ne faut pas oublier que, pendant longtemps, il n’en a pas été de même. En témoignent l’alchimie et l’astronomie, deux anciennes sciences passées du côté des croyances avec le siècle des lumières et le positivisme scientifique du XIXe et du XXe siècle.

Décomposée en huit espaces, la scénographie évocatrice frappe l’imaginaire et les sens par cette accumulation d’objets étranges dans des ambiances très différentes allant de la galerie  initiale au cabinet du XXIe siècle, en passant par la reproduction du studiolo d’Urbino, du cabinet de Contant à Poitiers (un apothicaire), un cabinet idéal du XVIe siècle, le cabinet du château d’Ambas, en Autriche. Le célèbre cabinet  de Chevalier, à Amsterdam, est également représenté. Le cabinet de type Ruysch illustre la transition vers les collections scientifiques et anatomiques. Enfin, une évocation du cabinet au XXIe siècle clos la première partie de l’exposition.

La seconde partie, située dans l’espace Mendès-France, est consacrée à l’exposition de quelques objets  des collections scientifiques, en physique et en biologie, de l’Université de Poitiers.

Destinée aussi bien aux amateurs de curiosités qu’aux historiens ou aux curieux et aux scientifiques en herbe, cette exposition s’adresse à toute la famille. Dépaysement assuré.

Visuels : Visuel 1 : Paul CONTANT, Le jardin, et Cabinet poétique, Poitiers, Anthoine Mesnier 1609 : planche gravée.,  Visuel 2 : Crocodile Crocodylus, Poitiers, CVCU, inv. 2396,  Visuel 3 : Poisson orbis. Poitiers, Université-CVCU,  Visuel 4 : André THEVET, Les Singularitez de le France Antarticque, Anvers, Christophe, Planti 1558 : « Arbre nommé Acaiou », planche gravée, Visuel 5 : Frederik RUYSCH, ibid., planche 1 du Thesaurus primus Animalium, fig. 1 et 2, correspondant aux bocaux 81 et n°2. Poitiers, BU., Visuel 6 : Frederik RUYSCH, ibid., planche 2 du Thesaurus primus Animalium, correspond aux bocaux sous le même n°35, Poitiers, BU., Visuel 7 : Frederik RUYSCH, ibid., planche 1 du Thesaurus primus Animalium, correspond aux bocaux sous le même n°35, Poitiers, BU., Visuel 8 : Lavinia Fontana, Portrait d’Antonietta Gonzalez ou Gonsalvus, vers 1594-1595, Visuel 9 : Jean Gargot (actif à Poitiers, 2e moitié du XVIIe siècle), La Grand’Goule, 1677, bois polychrome. Musées de Poitiers

Informations pratiques :

Musée Sainte-Croix, 3 bis rue Jean-Jaurès, 86000 Poitiers. 2€ à 4€.

> « La licorne et le bézoard ». Une histoire des cabinets de curiosités, jusqu’au 16 mars au musée Sainte-Croix, en partenariat avec l’espace Mendès-France et le Centre de valorisation des collections de l’université de Poitiers.
> Les scolaires et la licorne. « L’étrange cabinet d’Alcide de Farcy » est un cabinet factice mis en place au musée pour permettre aux scolaires de découvrir l’univers étrange et foisonnant des collectionneurs de curiosités.
> Beaux-arts et bézoard. Sur le thème « Une boîte, des boîtes… », des amateurs de l’école des Beaux-Arts ont produit des choses aussi curieuses qu’inspirées. Des travaux présentés actuellement dans la petite salle d’exposition près du hall d’entrée du musée.
> Entrée gratuite. Comme tous les premiers dimanches de chaque mois, l’entrée du musée est gratuite. A découvrir de 14h à 18h, au 3 bis, rue Jean-Jaurès, tél. 05.49.41.07.53.

Infos pratiques

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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