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Jules Adler, redécouverte d’un peintre du peuple au mahJ

Jules Adler, redécouverte d’un peintre du peuple au mahJ

16 octobre 2019 | PAR Yaël Hirsch

Après La Piscine de Roubaix, le tableaux immenses et les foules solidaires de Jules Adler ont pris d’assaut l’hôtel de Saint-Agnan. Sa toile la plus connue La Grève au Creusot (1899) nous percute en fin de visite pour exprimer tout un art qui rend compte des agitations sociales avec une vraie maîtrise de la représentation de la foule et de la symbolique.

 

«Tu as beau être d’opinion et de tendance très avancée, tu n’es plus comme moi qu’un peintre pompier » explique Jules Adler (1865-1952) dans une lettre de 1912. Voici peut être un peu comment et pourquoi, alors qu’il a été diplômé des beaux arts et exposés très officiellement dans les Salons importants de son temps, ses œuvres engagées ont été oubliées. Sous le commissariat de Claire Decomps et Amélie Lavin, et selon une très jolie scénographie sur fond bleu et reproduction des fresques qu’il a peintes pour les thermes de Luxueil-les-bains ses grandes toiles dominent dès les années de jeunesse avec un vrai souci de représenter la société qui l’entoure. Sa première toile qui représente La transfusion de sang de chèvre (1892) comme remède ultime d’une jeune tuberculeuse par le docteur Samuel Bernheim est déjà saisissante. « Peintre des humbles », il assit le désarroi les « Las » (1897) dans leurs yeux et brouille les visages de « La soupe des pauvres » (1906). « Les Haleurs » et « les enfourneurs » expriment le grisaille et la force physique de leur temps et de leur condition, même d’y des enfants huent encore «  Au pays de la mine » (1901). Quelques unes de journaux reproduites nous rappellent que son atelier parisien était un haut de lieu de rencontre pour les Dreyfusards.

Changement de décor pour l’entre où l’on voit les petit croquis réalisés au front à l’encre et à la mine, notamment à Verdun.

Avec la Première Guerre, les toutes comme La Mobilisation (postérieure au conflit) ou L’Armistice marquent une certaine immobilité. Et l’étage du bas alterne gravures merveilleuses et grands portraits de paysans et de marins mais de parisiens, si familiers à nos cœurs et aussi, souvent de dos, à ut les, témoignant si bien de la solitude de la capitale. son testament est paysage parisien, le sublime et final Paris vu du Sacré-Cœur (1936) qui mène vers d’autre horizons que sociaux. Il passe la dernière année de la Seconde Guerre à l’hospice Picpus, annexe du camp de Drancy et continue à dessiner 83 dessins sur du mauvais papier. Une exposition qui permet de redécouvrir un peintre important, aux foules et personnages et mouvant et qui à travers son rôle d’artiste et son identité juive pose des questions clés sur le siècle qu’il a traversé.

Visuel : La Mère

Paris, 1899

Huile sur toile

Poznan, fondation Raczyski du musée national © ADAGP, Paris

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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