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[Interview] Steampunk ? Science-Fiction ? Heroic-Fantasy ? Les toiles de Didier Graffet dépassent les cases du genre

[Interview] Steampunk ? Science-Fiction ? Heroic-Fantasy ? Les toiles de Didier Graffet dépassent les cases du genre

12 novembre 2016 | PAR Charles Filhine-Trésarrieu

Entre steampunk, science-fiction et heroic-fantasy, l’œuvre de Didier Graffet  relève indubitablement de l’imaginaire et du fantastique, mais il est sans doute vain d’essayer de le cantonner à ces cases. L’illustrateur nous présente ses dernières toiles et nous parle aussi du Capitaine Nemo, David Gemmell et Game of Thrones

Illustrateur de talent connu pour ses peintures aux paysages fantastiques et aux machines imaginaires, Didier Graffet présente Effluvium, une exposition qu’il a passé trois années à élaborer et qui dévoile au public ses dernières toiles ainsi que trois maquettes réalisées d’après ses travaux. Toute La Culture a rencontré l’artiste à l’Espace Commines où avait lieu le vernissage de l’exposition qui se tient maintenant à la galerie Daniel Maghen à Paris. Ce fut l’occasion  d’en savoir plus sur l’univers de l’illustrateur et sur ces rapports au métier qu’est devenue sa passion. 

Toute La Culture : Quand j’ai vu les premières images présentant l’exposition, j’ai tout de suite pensé à un livre qui a sincèrement marqué mon enfance : Vingt Mille Lieues sous les mers (réédition du classique de Jules Verne aux éditions Gründ, 2002). Sans même attendre de voir votre nom, j’ai tout de suite su que c’était vous qui aviez illustré ce livre, on reconnaît votre style. À l’époque, un des dessins qui avait le plus emballé mon imagination était celui des plan du Nautilus, le sous-marin du capitaine Nemo. Dans cette exposition, la machine est une nouvelle fois à l’honneur, comment se passe le travail de conception de ces engins fantastiques ? Vous vous rapprochez parfois du travail d’un dessinateur industriel, vous êtes-vous formé à cet exercice en étudiant des schémas d’ingénieurs par exemple ?

Didier Graffet : Non, pas du tout. J’ai à la base cette envie de faire effectivement plutôt des véhicules qui permettent de voyager, d’explorer, de partir dans son imaginaire mais je ne suis pas ingénieur du tout. Par contre j’ai toujours aimé les vieux plans, les choses comme ça. J’en ai quelques-uns à la maison. Ça me permet aussi quelque part d’ancrer des vaisseaux ou des engins extraordinaire dans une certaine réalité. Le plan c’est quelque chose qui est fait à la base et qui est en fait les prémices de la création : on fait un plan, c’est-à-dire qu’on commence à mettre sur papier ses idées, on met à plat un engin ou quelque chose qui nous fait rêver et qu’on finit pourquoi pas par la suite par réaliser. Ce qui est drôle dans cette exposition c’est que j’ai fait deux plans, un train et une voiture, qui ont par la suite été réalisés par dbFx Workshop, un studio qui travaille pour le cinéma. Voilà c’était un petit peu le but aussi, que le plan devienne non-seulement une peinture mais aussi quelque chose en volume.

Toute La Culture : Justement, qu’est-ce que cela vous fait de voir vos œuvres être reprises et prendre réalité ?

Didier Graffet : Je pense que tous les illustrateurs ou les peintres ont envie de voir leur créations en 2D mises en 3D. Ça je pense que c’est un peu le rêve de tous.

Toute La Culture : Je parlais tout-à-l’heure du Nautilus, ça fait quelque chose de voire votre plan prendre vie dans cette exposition !

Didier Graffet : Le Nautilus c’est une maquette que j’avais faite après le livre, parce que j’avais été totalement absorbé par mon travail. Le Vingt Mille Lieues sous les mers de 2002 aux éditions Gründ, c’est vrai que c’est un livre qui a énormément marqué à l’époque parce que c’était un gros ouvrage, complètement illustré. C’était vraiment mon premier gros boulot d’illustrateur de livres – là je ne parle pas de couvertures – sur lequel j’ai passé neuf mois et par la suite j’ai eu eu du mal à en sortir. C’est-à-dire que je me suis dit : « Tiens, j’ai le plan, pourquoi pas faire la maquette ? ». Donc j’ai réalisé cette maquette à base de carton qui est électrifiée et peut s’éclairer. Ce qui est drôle c’est que par la suite elle a été dans de nombreux salons et festivals. Elle a été en Suisse à la Maison d’Ailleurs, elle a été à Nantes aux Utopiales, elle a voyagé un peu partout, elle a été avec une exposition steampunk de la galerie Agnès B à Paris, à New-York et à Hong-Kong. Elle a vraiment voyagé à travers le monde et c’est drôle d’avoir comme ça un ambassadeur de l’imaginaire sous forme de maquette.

Toute La Culture : Dans l’ensemble de votre œuvre, quelle est la part de commandes, et quelle est la part de tableaux issus de votre propre univers ?

Didier Graffet : Maintenant j’évite les commandes. Pour moi la commande c’est la couverture : c’est-à-dire que j’ai un cadre qu’on me fixe d’entrée, je suis obligé de répondre à une demande, c’est une seule image pour un livre. Alors que la peinture c’est vraiment un exercice totalement libre et qui permet de réagir beaucoup plus profondément selon ses émotions et ses envies.

Toute La Culture : Sur quels critères choisissez-vous d’accepter ou non un travail ?

Didier Graffet : En fonction du temps que j’ai, surtout. Je préfère refuser du travail – et je me rend compte de la chance que j’ai de pouvoir refuser du travail – quand je n’ai pas le temps de tout faire parce qu’il faut avoir des priorités : si je m’engage sur trois choses différentes et que je sais que ça met en danger les trois choses et que je vais les faire toutes un petit peu moyennement, je préfère n’en prendre que deux, voir une. Ce n’est pas une histoire financière. Le boulot sera bien fait à partir du moment où je me suis engagé à ça, je vais mettre tous mes moyens dedans et je ne compterai pas le temps. Après il y a une histoire d’envie évidemment, parfois il y a un sujet qui n’attire pas. Il m’arrive souvent de me dire : « J’ai accepté ça mais comment je vais faire ? Je n’en ai aucune idée ! ». Ce fut le cas récemment avec Le Trône de Fer, une demande américaine pour un calendrier. C’était basé sur les livres, dont j’avais lu le début il y a vingt ans (les ouvrages qui ont inspiré Game of Thrones, la série à succès de HBO ndlr). J’avais lu le premier roman mais pas la suite. J’avais juste vu la série, comme beaucoup. À partir du moment où j’ai accepté j’ai du lire les 5 000 pages en quelques semaines ! Ce n’était pas seulement un plaisir de lecture mais également un travail de recherche et donc aussi une pression. Quand j’ai raccroché le téléphone, j’ai su qu’il fallait que je m’y mette tout-de-suite. Donc la contrainte pousse à essayer de faire mieux, on va peut-être mettre encore plus d’énergie quant on a une grosse contrainte que quant on n’en a pas. Quant on n’a pas de contrainte de résultat finalement on fait un peu ce qu’on veut. Alors pour cette exposition moi la contrainte je me la donne : il faut qu’à la fin je sois relativement content de ce que j’ai fait, que je me fasse un peu rêver. Si ce n’est pas le cas, je me dis que ce sera la même chose pour les gens qui verront les peintures. C’est souvent le cas : quand la peinture ne me semble pas réussie, les gens réagissent un peu moins dessus.

Toute La Culture : Pouvez-vous nous en dire plus sur le travail de gestation de cette exposition ? Avez-vous élaboré cette idée en collaboration avec la galerie Daniel Maghen (avec qui il y a quatre ans vous aviez déjà réalisé une première exposition, De Vapeur et d’Acier) ou est-ce que c’est quelque chose que avez proposé plus spontanément ?

Didier Graffet : C’est quelque chose que j’ai proposé. Il se trouve qu’il y a cinq ou six ans la galerie m’a proposé de faire une vente aux enchères d’illustrations et surtout de bandes dessinés. C’était le bon moment, j’avais plein de choses à dire que je ne pouvais plus exprimer dans les couvertures alors je me suis dit : « Oui, faisons cette exposition. » et j’ai préparé De Vapeur et d’Acier. Alors on dit « quatre ans » parce que ça fait quatre ans depuis cette dernière mais j’ai mis à peu près trois ans en temps réel pour réaliser la nouvelle exposition. Il y a eu à côté d’autres travaux sur des couvertures, des produits à faire, etc. Après la gestation vient des humeurs et des envies, c’est ça qui est intéressant, c’est de pouvoir moduler le travail et les sujets en fonction des émotions du moments. Je suis relativement sensible à ce qui m’entoure et ça va se ressentir d’une manière ou d’une autre sur une toile. Il peut y avoir aussi des petits clins d’œil. C’est mon univers personnel mais je suis obligé de passé par là pour créer quelque chose qui me semble véridique, même si c’est imaginaire, même si ce sont des sujets fantastiques. J’ai besoin de créer ma petite histoire quand je réalise une image et de savoir pourquoi je fais tel détail.

Toute La Culture : On le voit dans cette exposition : toutes vos œuvres sont accompagnées d’une note explicative, il y a toujours une histoire à côté qui décrit un peu la scène que le visiteur contemple.

Didier Graffet : Toute les histoires sont faites par Xavier Mauméjean (l’écrivain avec qui Didier Graffet a réalisé Steampunk. De Vapeur et d’Acier édité par Le Pré aux Clercs en 2013 ndlr). Moi je me refuse à illustrer textuellement mes images. Parce qu’on dit beaucoup que les illustrateurs ne savent pas trop parler, n’aiment pas trop parler en public. Parler à une personne en face, comme on est en train de le faire, c’est plus facile. Mais quant il y a beaucoup de gens on est un peu gênés parce qu’on sait qu’on fait un métier extraordinaire, qu’on a réussi à transformer une passion en un boulot et c’est quelque chose d’important qui n’est pas donné à tout le monde – ce que je souhaite à tous d’ailleurs. C’est beaucoup de travail et aussi un univers très personnel du coup on s’enferme souvent dedans. Je trouve alors que c’est intéressant d’avoir le point de vue de quelqu’un qui écrit ou même de mes amis sur mon travail. J’ai mon idée sur ce que j’ai fait mais par contre c’est bien d’avoir un texte qui soit un petit peu décalé, qui va lui-même alimenter aussi mes images futures. Avec Xavier, on s’entend très bien, il a des fois une vision de mes images qui est plus amusante que moi. C’est vrai que je suis basé énormément sur les machines mais lui va ajouter un second plan qui est un peu plus drôle avec des petites anecdotes. C’est un travail entre nous deux. On prépare d’ailleurs un bouquin pour l’année prochaine avec la galerie qui va recoupé les deux expositions. Là il a fait les petits textes pour cette expo qui sont très courts mais je pense que ce sera étoffé dans le livre. On travaille en symbiose : j’ai déjà des titres et je lui dit : « Tiens, ça t’inspire ? » et parfois je n’ai pas de titre et il va m’en trouver un, parfois il ne sais pas parfaitement, parfois je ne suis pas forcément d’accord mais du coup on arrive à trouver un compromis qui est bon. Même si le problème des compromis souvent c’est que ça fait tomber à plat une idée. En fait il n’y a pas de mauvaise idée mais il y a la manière dont moi je voudrais que soit orienté, il n’y a pas de mauvaises histoires mais des fois ça colle plus ou moins avec la toile, avec sa couleur. Il doit y avoir une espèce d’alchimie entre la forme et le fond.

Toute La Culture : À quel point vous mettez-vous à la place du public quand vous préparez ces textes avec Xavier Mauméjean ? Parce qu’en lisant ceux qui accompagnent cette exposition, on se rend compte qu’il y a toujours une part qui est laissée à l’imagination des visiteurs, les questions sont souvent ouvertes.

Didier Graffet : Oui, ça c’est important. J’ai beaucoup de choses très personnelles que les gens ne vont pas forcément voir dans les tableaux. Je suis quelqu’un de très terrien : le ciel, la mer… Une image va partir d’un élément qui m’inspire. Ça va être un astrolabe par exemple et à partir de là je me essayer de faire quelque chose d’intéressant, jouer sur les proportions, jouer sur le choix du cadrage, horizontal ou vertical. En fait je me dis : « J’ai envie de voir cette image donc si j’ai envie de la voir j’ai peut-être une chance que les gens aussi l’apprécie. » Je reste relativement simple au niveau de mon idée. Après il y a la technique qui fait qu’il y a beaucoup de détails, de petits trucs. Mais au début mon dessin c’est vraiment l’idée force que j’essaie de pousser au maximum en me créant mon histoire sur cette image. Ma femme me dit souvent : « Tu n’as pas besoin d’expliquer tout. » et je suis d’accord. C’est ce que vous me disiez : pour l’explication, il y a trois lignes de texte et ça suffit. Par contre moi j’ai besoin de savoir pourquoi je le fais. Je ne fais pas de l’abstrait, je fais quelque chose de figuratif. Donc chaque petit détail, chaque sens du pinceau a son importance. Je sais quand je met un coup de pinceau qui n’est pas en phase avec l’image. C’est quelque chose que je dois avoir en moi pour produire une image qui jusqu’au bout me semble cohérente.

Toute La Culture : Est-ce que vous pensez que ça vient du fait que vous ayez beaucoup travaillé pour des livres dont vous avez fait les couvertures et dont, commercialement, il ne fallait pas trop en dévoiler sur l’intrigue ?

Didier Graffet : Alors ça c’est ma façon de voir les choses, parce qu’il y a des gens qui ont une vision différente, par exemple dans les couvertures américaines où il y a beaucoup de détails, tout est montré. Moi je pense qu’on n’a pas besoin de tout montrer. Il faut juste orienter le regard du spectateur ou du lecteur sur un endroit précis et surtout laisser une fenêtre ouverte. Alors c’est peut-être pour ça aussi que sur mes tableaux souvent le soleil ou la lumière vient de derrière. C’est-à-dire que ça attire l’œil vers le fond et ça permet, une fois qu’on a regardé le dessin et qu’on a suivi la construction que j’ai voulu lui donner, de s’évader de l’image. Sachant que sur une couverture c’est un petit format, il faut avoir une porte de sortie : une fois qu’on a lu le titre, vu l’image, il faut pouvoir aller plus loin. En fait il faut donner l’idée de savoir ce qu’il y a derrière, c’est toujours ça qui est intéressant. Ce n’est pas tant ce que je montre, c’est ce qu’il y a au fond, ce qu’il y a dans la brume, dans la lumière qui émerge de derrière. Malheureusement je trouve que dans notre société on a tendance à tout expliquer, à tout montrer et je trouve que c’est une erreur. Je pense qu’il faut garder la part de rêve que chacun a, en tout cas la suggérer pour un auteur et ça fonctionne mieux comme ça.

Toute La Culture : Lorsque vous réalisez les illustrations d’un livre, la couverture dans le cadre d’une commande, comment trouvez-vous l’inspiration ? Lisez-vous le livre entièrement ? Lisez-vous seulement des passages ? Comment choisissez-vous d’illustrer une scène en particulier ?

Didier Graffet : Ça m’arrive de lire le livre. Pas tout le temps parce qu’aujourd’hui avec la production c’est compliqué de tout lire. En tout cas je demande quand même un minimum d’éléments parce qu’un livre ce n’est pas que l’histoire, c’est aussi l’atmosphère, la manière dont c’est écrit. Ça va jouer sur les couleurs aussi. Ce que je veux dire par là c’est que l’illustration ce ne n’est pas juste du dessin, ce n’est pas juste un élément qu’on représente, mais c’est l’atmosphère qui va avec. Le titre aussi est important, c’est ce que je disais tout-à-l’heure, et il peut être mal choisi d’ailleurs. Ça donne déjà des indications sur l’auteur et sur ce qu’il a voulu dire, avant même de lire son texte. Je ne fais pas de différence entre le dessin, l’atmosphère, la couleur etc. Ça fait partie d’un tout cohérent. Je ne sais pas comment expliquer ça plus mais c’est vraiment une alchimie qui doit se faire et des fois ça se fait moins bien, des fois la couverture est moins réussie. Une couverture c’est aussi un one shot pour vendre un livre, ce n’est pas une illustration qu’on fait pour se faire plaisir. On fait une image qui doit attirer le regard. Je suis au courant de tout ce qui se fait dans les couvertures, une bonne partie des modes du moment, et j’aurais tendance à aller contre. C’est-à-dire que si tout le monde fait des couverture très colorées je ferai une couverture noire parce que je pense que ça attirera plus le regard. Les gens qui seront dans une librairie, s’ils voient parmi les dos de livres une couverture noire ils seront attirés par ça. Je pense qu’il faut essayer de trouver un truc en plus à chaque fois, un petit élément qui peut faire la différence.

Toute La Culture : Pour terminer autour des livres, j’aurais aimé savoir si vous aviez des auteurs de prédilection ? Je sais qu’il vous arrive de citer l’auteur de fantasy britannique David Gemmell par exemple.

Didier Graffet : Oui parce que ça c’est ma grande histoire avec les éditions Bragelonne, pour ma première illustration de couverture avec Légende, surtout que David Gemmell n’est plus là. C’est vrai que dans mon travail j’ai eu la chance de rencontrer plein de gens, qui sont présents ou qui ont disparu. Je suis quelqu’un d’assez sensible par rapport à ça. Je suis seul dans mon atelier mais j’ai plein d’éléments, d’objets, j’ai tous ces livres qui sont à côté de moi donc j’ai toujours une pensée pour les gens qui m’ont aidé à faire mon métier : les éditeurs, les gens qui ont disparus, même des copains qui sont passés et qui ne sont plus là aujourd’hui. J’ai une relation assez sensible par rapport à ça. J’ai la chance d’avoir des gens qui ont aimé mon boulot, qui ne sont même plus là aujourd’hui. Je pense à Boris Darnaudet par exemple qui était un auteur qui avait illustré par le texte une image que j’avais faite pour la Compagnie noire. Je ne le connaissais pas, il est parti il y a un an, très jeune, mais ses parents m’ont contacté. C’est des choses comme ça qui me touchent énormément parce que la vie est très courte et on se rend compte qu’il y a pas mal de connections entre les gens. Donc j’ai fait une couverture pour Boris (Chroniques cruelles d’hier et demain aux éditions Rivière Blanche, 2016 ndlr) que je connaissais peu mais voilà ça me touche énormément. Je pense qu’il faut essayer de faire naître de l’émotion dans ses créations. Vraiment indépendamment de tout le système commercial. Je pense que c’est vraiment nécessaire. Et aujourd’hui c’est vrai que je défends plus un travail d’auteur, personnel, et il y a moyen vraiment de faire passer du personnel dans la création. Je pense que ça se ressent quand les choses sont un peu plus vraies. Un jour sur un salon, une personne m’avait dit : « J’aime bien vos images. Je ne sais pas pourquoi mais ça me touche plus que certaines autres. » et voilà c’est ça, je ne pourrais pas lui dire pourquoi. J’ai la chance après plus de vingt ans de pouvoir être un peu plus honnête aussi avec mon métier. Quand on commence, on fait des choses parce qu’il faut les faire, on répond à des commandes, on n’a pas forcément envie de les faire mais il faut bien manger donc on les accepte. Aujourd’hui j’ai la liberté de faire des choses plus personnelles et quelque part de les imposer aux autres aussi. Quelque part l’intérêt c’est ça, d’arriver à ce bon équilibre avec quelque part de la vie personnelle et du travail aussi.

Visuel : D. R.

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Charles Filhine-Trésarrieu

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