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Harry Gruyaert à l’Hôtel des Arts de Toulon

Harry Gruyaert à l’Hôtel des Arts de Toulon

21 juin 2019 | PAR Philippine Renon

Dans le cadre du Grand Arles Express, les photographies du belge Harry Gruyaert investissent les cimaises de l’ancien siège de la sous-préfecture de Toulon pour une exposition jusqu’au 22 septembre. L’occasion de plonger dans ses clichés aux couleurs chaudes et douces pendant tout un été. 

Difficile de développer une exposition monographique dans une bâtisse comme celle de l’Hôtel des Arts, à Toulon. Pour ne pas cloisonner les différentes séries proposées par Harry Gruyaert, les commissaires d’exposition Françoise Docquiert et Ricardo Vazquez ont subtilement enchevêtré les photographies d’une salle à l’autre. Cette exhibition fonctionne comme à tiroirs, que l’on ouvre en passant les seuils des multiples portes du lieu. 

Chaque pièce nous transporte vers une région du monde, par laquelle l’artiste est passé. Belgique, Inde, États-Unis, URSS, Italie, France… On voyage d’autant plus que les œuvres sont incroyablement dynamiques. Qu’il y ait des personnages ou qu’il n’y en ait pas, la composition est fulgurante, capturant l’instant et la gravant dans le tirage. « L’image attire des choses », en l’occurence le réel mais pas seulement. Harry Gruyaert apporte dans ses photographies toute la peinture, flamande notamment, et le cinéma dont il s’est nourrit toute sa vie. 

L’une des salles les plus frappantes concernant la couleur et la composition est probablement celle de ses « Rivages ». Il en publie un livre il y a quelques années et en montre ici une petite dizaine. Les prises de vues alternent entre ce que l’on voit d’un rivage, une vue de côté, parfois de trois-quart ou le bord de mer même. Toujours habités par une foule de personnage, à la manière d’un Brueghel.

Amoureux du Maroc, il y va et y retourne, dans sons camion Volkswagen et parvient à « saisir ce que l’on attend pas d’un pays et qui pourtant fait ce qu’il est » selon la formule de Ricardo Vazquez, co-commissaire de l’exposition. La richesse de l’ensemble est d’être constitué de photographies certes, mais aussi de petits films (pas plus de 7 minutes) qui font délicatement défiler les cliché de Gruyaert avec des bandes sons. Avec Growing Up – Saskia & Marieke, l’artiste montre les vingt premières années de ses deux filles. Une autre salle est consacrée à deux séries, dont l’une Irish Summer s’apprête à sortir en livre à l’automne 2020. Le groupe toulonnais, Hifiklub, y développe ses volutes de musique électronique, pour un moment hors du temps et à l’abri du blanc assourdissant. Le noir enveloppe les paysages irlandais, et ceux des aéroports pour la série Last Call, dans un calme doux et beau, à l’image de l’ensemble des œuvres d’Harry Gruyaert.

 

Visuels : © Philippine Renon

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Philippine Renon

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