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« De l’amour » au Palais de la Découverte : l’expo qui mêle science et battements de cœur

« De l’amour » au Palais de la Découverte : l’expo qui mêle science et battements de cœur

23 novembre 2019 | PAR Lucile Brusset

Le Palais de la découverte met l’amour à l’honneur pour sa saison 2019-2020 avec son exposition « De l’amour », à voir jusqu’au 30 août 2020.  L’exposition s’offre un but : « Décortiquer » l’amour et ses différentes facettes et par ce biais, lui retirer un peu de son mystère. Alors, pari tenu ?

A travers deux galeries d’exposition, la galerie de l’attachement et la galerie des sciences, le Palais de la Découverte nous plonge dans une exploration amusante et savante du sentiment amoureux, certes, mais pas seulement. Car comme le rappelle le début de l’exposition, l’amour est pluriel : à l’éros des amants s’associent agâpé (l’amour désintéressé), philia (l’amitié) et storgé (l’amour familial). 

Alors, qu’est-ce que l’amour ? Si la première galerie de l’exposition n’apporte pas vraiment de réponse à cette question, elle permet cependant au visiteur de (re)découvrir  la riche mythologie qui façonne notre imaginaire amoureux. Les références mises en avant sont néanmoins assez classiques et l’exposition fait ici d’abord office de grand récapitulatif : Barthes et ses Fragments du discours amoureux, la fameuse cristallisation stendhalienne, Duras et son Amant, Sappho à son aimée…Rien de nouveau sous le soleil. On aurait probablement aimé plus d’originalité dans les œuvres choisies et surtout, une muséographie mettant plus en avant le caractère de rupture des œuvres présentées ou leur contexte de production. 

Les autres formes d’amour offrent cependant des évocations plus inattendues : ainsi de cette cohorte de peluches composée par l’artiste Matthieu Lemarié et censée rappeler l’ « objet transitionnel » du psychiatre Donald Winnicott qui fait sortir l’enfant de la relation fusionnelle à la mère. Il n’empêche, on reste un peu sur sa faim dans cette première partie de l’exposition, un sentiment que la partie scientifique de « De l’Amour » permet en partie de compenser.

Car c’est sans doute là que l’exposition est la plus efficace : dans son explication des ressorts biologiques et sociologiques du sentiment amoureux.  On connaissait les références littéraires à l’Amour, on ignore (presque) tout de son explication scientifique. Endogamie des sites de rencontres, différence entre désir et amoureux au niveau du cerveau, ocytocine et monogamie…autant de thématiques explorées par le Palais de la Découverte. Démystificateur, certes, mais aussi drôlement instructif et amusant. 

Faisant oeuvre de pédagogie, l’exposition pêche malheureusement par son excès de vulgarisation. On aurait ainsi aimé des explications plus détaillées et approfondies, mais aussi, pour les férus d’art, davantage d’œuvres pour illustrer les grands panneaux détaillant les ressorts du sentiment. Car l’exposition est éducative avant d’être artistique. Ludique, « De l’amour » offre cependant un bon moment que l’on recommande surtout aux parents qui souhaiteraient amener leurs adolescents et pré-adolescents, cibles privilégiées de l’exposition. 

« De L’Amour », exposition à découvrir en amoureux ou en famille au Palais de la Découverte (Paris VIIIe) jusqu’au 30 août 2019.

 

 

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