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« Constellations de Metz », étoiles numériques

« Constellations de Metz », étoiles numériques

29 juin 2018 | PAR Laetitia Larralde

Cet été, Metz rhabille ses monuments aux couleurs de l’art numérique. Profitez de la promenade pour (re)découvrir la ville, de jour comme de nuit.

La deuxième édition du festival Constellations de Metz s’installe pour deux mois et demi dans toute la ville. A travers quatre parcours, Pierres numériques, street art, art et jardins et œuvres monumentales de Robert Schad, c’est la mise en valeur de son patrimoine qui est visé. A l’image de la démarche de Carlos Cruz-Diez, dont l’œuvre de 500 m² se déploie sur le parvis devant le Centre Pompidou Metz, l’idée est de changer le regard des gens sur leur environnement quotidien en modifiant le décor, en créant une tension poussant à remettre en question son point de vue. En confrontant une œuvre contemporaine avec son support patrimonial le regard est renouvelé, ce qui permet de créer un dialogue entre histoire et modernité et d’inclure de façon plus contemporaine les monuments dans la création artistique.

Les trois parcours diurnes nous promènent dans la ville, en suivant un tracé de couleur au sol, d’une œuvre éphémère à l’autre, d’un monument à un jardin, entre centre historique, bords de la Moselle et nouveau quartier de l’amphithéâtre, à la découverte des œuvres des trois cents artistes invités.
Le parcours street art regroupe dix-huit œuvres, dont certaines continueront à se créer au cours du festival pour suivre le cycle de vie éphémère propre à la discipline et disparaitre à la fin de l’été. Ce parcours permettra de créer un lien entre art et environnement urbain, avec par exemple les collages de Noon, ou la Constellation du jaguar de Marko93 peinte sur des containers du port fluvial empilés sur une des places de la ville. Récemment reprise par la ville de Metz, la basilique Saint-Vincent, dont la destination future est encore ouverte à discussion, accueille un collectif de street artistes mené par Missy, Grems et Stom 500, et leur installation Aerophone. Se basant sur l’histoire du lieu datant du Moyen-Age, ils parent la nef de leurs étendards monumentaux et construisent des cabanes dans le transept, châteaux forts miniatures et colorés.

Le parcours nocturne Pierres numériques ne sera visible que les jeudis, vendredis et samedis à la tombée de la nuit mais vaut à lui seul le déplacement. Point pivot de ce parcours, le mapping vidéo Alter Lux Animae de Yann Nguema et de son groupe EZ3kiel sur la cathédrale St-Etienne est bluffant. Après avoir redessiné numériquement les 25 000 pierres de la façade, le projet déjà présenté lors de la première édition de Constellations est cette année retravaillé et augmenté. On est loin des reconstitutions historiques souvent imaginées. Le monument secoue chacune de ses pierres pour se déconstruire, pivoter, s’ouvrir sur sa nef, reconstruire statues géantes, graoully et icônes, fondre dans un magma algorithmique pour enfin renaître, le tout sur une musique électronique. Autre prouesse technique de ce parcours qui s’inscrit dans un programme européen, le Bestiaire céleste du collectif AV Exciters vient habiller le nouveau bâtiment récemment restauré du Musée de la Cour d’or. Se basant sur les plafonds peints du Moyen-Age des collections du musée, la lumière vient recouvrir le plafond de cette ancienne chapelle du XIIIème siècle avec ses constellations et ses chimères médiévales prises dans une géométrie contemporaine sur une bande son à connotation galactique. On croise également au détour d’une rue le prisme énigmatique en équilibre sur sa pointe de Quartz de Nicolas Paolozzi, et les jeunes personnages colorés de Julien Nonnon disséminés dans quatre lieux, statiques ou en mouvement, essaimant leur énergie positive dans les rues de la ville.

Afin de soutenir ce festival, les institutions culturelles se sont associées à la ville et proposent des expositions tout l’été, comme L’Aventure de la couleur et Couples modernes au Centre Pompidou Metz, Martin Beck. Dans un second temps au FRAC ou encore une exposition des photos de l’astronaute Thomas Pesquet. Outre ses quatre parcours, le festival offre une quantité d’événements comme des concerts, classiques ou électroniques, du cirque, des arts de la rue, du cinéma, de la danse, des rencontres avec les artistes, en salles ou en plein air.

Avec ses Constellations, Metz montre, comme à Nantes (le Voyage à Nantes) ou au Havre (Un été au Havre), que l’été peut aussi être culturel et artistique, et se passer en ville.

Constellations de Metz, du 28 juin au 16 septembre 2018.

visuels : 1- Environnement chromatique de Carlos Cruz-Diez – 2- Alter Lux Animae de Yann Nguema et EZ3kiel – 3- Constellation du jaguar de Marko93 – 4- Bestiaire céleste de AV Exciters – 5- Young Neon Pop de Julien Nonnon

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Laetitia Larralde
Architecte d'intérieur de formation, auteure de bande dessinée (Tambour battant, le Cri du Magouillat...)et fan absolue du Japon. Certains disent qu'un jour, je resterai là-bas... J'écris sur la bande dessinée, les expositions, et tout ce qui a trait au Japon. www.instagram.com/laetitiaillustration/

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