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Andres Serrano dans les collections permanentes du Petit Palais

Andres Serrano dans les collections permanentes du Petit Palais

14 novembre 2017 | PAR Victoire Chabert

L’exposition « Andres Serrano » au Petit Palais, offre jusqu’au 14 janvier 2018, un dialogue entre les œuvres du photographe américain contemporain et les œuvres anciennes issues des collections du musée.

Un photographe au Petit Palais ? Il y a de quoi surprendre ! Et pourtant jusqu’au 14 janvier 2018, dans une exposition qui porte son nom, c’est le travail d’Andres Serrano qui se fait l’écho d’un choix de tableaux issus de la collection du musée. Rappelons qu’au début du XXe siècle, le Petit Palais achetait au Salon, des œuvres d’artistes vivants, pour constituer sa jeune collection. Pour renouer ce lien avec la création contemporaine, le musée a choisi, depuis trois ans, d’inviter chaque année un artiste contemporain à dialoguer avec son prestigieux fonds ancien. L’œuvre du photographe américain trouve ainsi parfaitement sa place parmi les collections permanentes tant elle dialogue de manière saisissante avec les prestigieuses œuvres du Petit Palais.

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L’artiste new-yorkais immortalise la société américaine depuis plus de trente ans, avec ses séries telles que Native Americans (1995-1996) qui présente des Indiens massacrés par les colons ou la série America (2001-2004) dans laquelle on retrouve des petites filles outrancièrement maquillées en reines de beauté, des femmes liftées jusqu’à la caricature ou des gloires du showbiz. Des séries qui alternent merveilleusement bien avec les portraits peints du XVIIIe siècle jusqu’à ceux de la Belle Époque.

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La peinture religieuse est également l’une des grandes sources d’inspiration d’Andres Serrano, comme le montrent ses œuvres des séries The Morgue (1992) ou Holy Works (2011) confrontées aux toiles de Gustave Doré, Benjamin Constant et William Bouguereau. Par un accrochage juste et dosé, les photographies se mélangent parfaitement avec les grandes peintures religieuses où la souffrance est là pour dire la transcendance.screen-shot-2017-11-13-at-11-02-49

Puis, on aperçoit  la superbe série sur les SDF dans les rues de New York, qui trouve sa place pleine et entière dans les collections permanentes du musée et qui ne souffre pas de la comparaison avec les maîtres. Aussi, la série Torture, reprise en partie ici au Petit Palais, est une succession de natures mortes sur les instruments de torture du Moyen-Âge et de bizarres portraits de volontaires cagoulés dans la position des suppliciés.

Les portraits monumentaux d’Andres Serrano, souvent d’une beauté déroutante, résonnent avec l’actualité d’une manière particulièrement forte. Figure majeure de la scène artistique contemporaine, Andres Serrano révèle, à travers ses photographies, une réalité souvent dérangeante. Cette exposition est l’occasion de redécouvrir ses talents, la force picturale de ses œuvres et surtout leur enracinement dans des thèmes universels.

Crédit Visuel : Andres Serrano

 

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Victoire Chabert

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