Danse

Rule of Three, le plan à trois de Jan Martens au Festival d’Automne

Rule of Three, le plan à trois de Jan Martens au Festival d’Automne

14 novembre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le Festival d’Automne et le théâtre de la ville font alliance pour nous embarquer dans les nouvelles recherches de celui qui nous a fait bondir il y a déjà longtemps, le brillant Jan Martens qui ici, avec Rule of three s’amuse à compter jusqu’à trois, à l’infini.

Sur scène se trouvent une batterie et quelques machines. Et rien d’autre. Le silence, d’abord, avec un grand boom. NAH s’est posté derrière l’arsenal et envoie du son comme s’il martelait des ordres. Il est le marionnettiste qui manipule ses pantins. En l’occurrence, ils sont trois, les très espiègles Steven Michel, Julien Josse, Courtney May Robertson. Du côté de la danse, parallèle totale à la musique, le premier geste est fait de rebonds. Rappelons que le public français a eu un choc en découvrant le fabuleusement obsessionnel The dog days are over il y a deux ans à la MAC puis au Théâtre de la Ville qui justement n’était constitué « que » de rebonds.

Que veut nous dire Martens ici ? Il projette un liste de « Hits » dont on ne connait rien, et plus tard nous livre les histoires courtes de Lydia Davis (Ecrire et Poils de chien de Histoire Réversible, Et soudain la peur de Kafka aux Fourneaux). Pour comprendre, il faut rester jusqu’à la fin, jusqu’au moment où le geste qui était carré, rapide, très dansé s’arrête pour rassembler, pour faire un seul corps à trois.

Question de cul ? Pas vraiment même si Martens n’élude pas la question en jouant de ce pas de trois à deux mecs et une fille. Qui veut qui ? La musique impose l’émotion. La batterie s’amuse à disparaître au profit d’une techno dancefloor, et les artistes emboîtent le pas : step, danses de clubs...Rule of three est absolument déroutant. Le seul fil conducteur tient en un chiffre : trois. A part ça, la liberté chorégraphique est totale. Martens est assez fasciné par les lignes et les angles et s’amuse à toutes les combinaisons possibles. On pense au voguing quand dans une ligne qui sera explosée, le trio glisse un bras au dessus de la tête avec une rapidité hallucinante. Les corps sont très engagés ici, dans une raideur qui n’a rien d’aride et qui nous entraîne vers un calme inattendu après avoir frisé l’épuisement.

Martens enquête, évoque la danse sur place, étudie les fractions dans cette opération à une inconnue. Et si « l’X » était l’inconscient dirigé par le son ? Peut-être a-t-on ici la réponse à la règle de trois que le chorégraphe Belge, désormais très installé, a posé.

Le spectacle est présenté vendredi à l’Onde dans le cadre d’Immersion 2017.
http://www.londe.fr/spectacles/immersion-2017/

Visuel : © Phile Deprez

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