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4ème édition des Nuits Photographiques : mélange réussi entre l’art vidéo et la photographie

4ème édition des Nuits Photographiques : mélange réussi entre l’art vidéo et la photographie

12 juin 2014 | PAR Hugo Saadi

Né en 2011, le Festival des Nuits photographiques s’installe au Pavillon Carré Baudoin dans le 20ème arrondissement de Paris pour la 4ème année. Pour cette nouvelle édition, les travaux de Sam Taylor-Johson, Pierre Liebaert, Marcel Meyer ou encore Thomas Van Den Driessche viennent animer les salles par leur originalité graphique et visuelle. Les Nuits Photographiques sont l’occasion de découvrir sous tous les angles ce qu’est le « film-photographique », une croisée du film et de la photo. En plus de l’exposition « Histoires », plusieurs soirées de projections en plein air sont proposées. Une belle promenade assurée aux côtés d’artistes prometteurs.

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Dès la première salle l’harmonie entre la vidéo et la photographie est saisissante. Avec Rotor & Hyper-Spiritism, l’artiste Augustin Rebetez nous plonge dans le monde des outils, objets de tous les jours. Grâce à ses vidéos expérimentales en stop motion, les pièces métalliques, combinés de téléphones prennent vie et affrontent des tables, des boules lumineuses et des outils en tous genres. Bien chorégraphiés, on oublie rapidement qu’il s’agit de pièces détachées ou d’objets lambdas qui s’animent sous nos yeux, on est captivé par les mouvements des matières. Ballet, chaise musicale, destruction des matières, la ferraille s’humanise à travers trois installations vidéo couplées à de multiples photographies tout aussi mystiques.

On pénètre ensuite à l’étage dans la création originale de Pierre Liebaert, jeune photographe de 24 ans qui présente à travers Libre maintenant, une sorte de portfolio de corps nus d’hommes s’étant laissés tenter par une nouvelle expérience. La scénographie est ici bien pensée, telle une maison close on pénètre dans un sas où l’on découvre quelques clichés de corps nus mais surtout des impressions des mails reçus par Pierre Liebaert. Pour son travail, le photographe a décidé de faire appel à des anonymes en publiant une annonce à la recherche d’un modèle masculin nu. On découvre alors l’envers du décor, tout ce qui se passe en amont de la photographie pure, de la préparation à la rencontre et aux photos : « Je serai donc sans-poils devant vous.. Je dois dire que je préfère.. Ce serait peut-être mieux de nous voir la semaine d’après, l’épilation me laisse toujours quelques traces pendant quelques journées et je ne suis pas sûr d’être redevenu ‘tout rose’ (lol) pour jeudi. »

Effectivement, après être passé derrière un rideau, on se retrouve face à Michel, Pascal ou encore Philippe à travers une vidéo à la musique planante, aux filtres de couleurs divers et au montage sensible. L’anonymat est respecté, un cadrage qui s’arrête au cou, des masques, des perruques ou encore des cagoules on assiste à la séance photo de ces hommes, loin d’être des « Dieux du Stade ». Une des choses intéressantes de cette vidéo, ce sont bien évidemment les dialogues entre les hommes et Pierre, « votre femme, elle sait que vous êtes ici ? Ah non surement pas, ça c’est mon jardin secret ». Il le dit lui-même, « ils me considéraient comme un psychologue, on ne se connaissait pas, mais ils me disaient tout ».

Les gifs animés ont fleuri sur la toile, l’artiste Marcel Meyer a décidé de présenter ses photographies animées de My Favourite Adult Nightmares. Vêtu d’un pyjama un homme se retrouve en pleine forêt, seul sur un perron ou bien dans une ambiance froide d’une salle à manger. Il s’agit des peurs et des cauchemars issus de l’inconscient. Le travail à mi-chemin entre la photo et la vidéo est vraiment intéressant à observer. Pour les plus familiers du gif animé, on pourra penser au tumblr IWDRM, qui proposait des images animées issues de films cultes. On scrute pendant quelques instants la photo avant de déceler quel est l’élément qui n’est pas fixe. Parfois c’est flagrant, comme le lustre de la salle à manger où les ampoules clignotent ou encore la rivière qui coule, une lampe torche qui nous vise, mais il arrive que l’on ne remarque pas tout de suite la petite chose animée comme la pierre qui roule au second plan, un branchage qui s’agite avec le vent.

how-to-be-promo-2179Enfin on terminera la promenade en compagnie  de deux artistes, Sam Taylor-Johnson et sa série Soliloquy pensée comme des retables de la Renaissance, avec une photo en grand format et une mini-série de photos juste en dessous, puis avec Thomas Van Den Driessche qui de façon humoristique nous dévoile les secrets pour être un photographe avec How to be a photographer in four lessons. Avec humour et toujours en suivant le même principe des quatre vignettes, il nous enseigne l’art du photographe de mariage, de guerre, animalier, surréaliste ou bien celui du photographe heureux, contemporain ou kitsch.

Infos pratiques

Les vernissages de la semaine du 12 juin
Gagnez 5×2 places pour « On a failli être amies » d’Anne Le Ny
Hugo Saadi

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