Arts

Expo : La BD s’invite au Louvre

26 janvier 2009 | PAR Geoffroy

La Joconde d’après Bernard Yslaire © Bernard Yslaire
La Joconde d’après Bernard Yslaire © Bernard Yslaire

En attendant le Festival de la BD qui se déroulera à Angoulême du 29 janvier au 1er février prochain, le Louvre rend hommage au 8e art en accueillant 5 artistes et auteurs dans la salle de la Maquette. Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Mathieu, Eric Liberge, Bernar Yslaire et Hirohiko Araki sont à l’honneur jusqu’au 13 avril, dans cette exposition intitulée « Le petit Dessein. Le Louvre invite la bande dessinée ».


La pyramide, la Joconde, des momies….Il n’y a pas de doute vous êtes bien au Louvre. Le lieu historique qui rassemble une partie de l’histoire de l’humanité. Mais au détour d’une salle du pavillon Sully, le regard du visiteur est attiré par des œuvres, originales, dans ce lieu. Ambiance sombre rappelant le bureau d’un dessinateur au travail, le visiteur découvre un art nouveau, la BD, et par la même occasion un autre regard sur le Louvre.

En association avec les Éditions Futuropolis depuis 2005, le Louvre permet ici aux visiteurs habituels de découvrir un art contemporain différent des collections exposées dans le musée mais c’est aussi un moyen pour attirer les amateurs de BD dans ce lieu. Cette rencontre entre les arts met en avant le travail préparatoire de l’auteur de la bande dessinée avec la présentation des planches initiales, nées de la première idée de l’auteur.

La Joconde d’après Nicolas de Crécy © Nicolas de Crécy
La Joconde d’après Nicolas de Crécy © Nicolas de Crécy

L’exposition commence par Période glaciaire de Nicolas de Crécy. Avec 19 planches de format A4 peintes directement à l’aquarelle, l’exposition montre le rôle du musée du Louvre comme gardien de savoirs et espace de conservation : le symbole d’une civilisation. Cet auteur est issu des Beaux-Arts de Marseille et a déjà officié pour des illustrations de presse (Libération, New Yorker). Période Glaciaire raconte l’histoire dans un futur lointain, d’une expédition revenue sur Terre, depuis ensevelie sous les glaces, pour trouver des traces de civilisation et qui découvre un « immense bâtiment richement décoré » : le Louvre. Elle a reçue le Prix RTL et, entre autres, le prix des libraires indépendants en 2006.

Nicolas de Crécy Période glaciaire Couverture © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Nicolas de Crécy Période glaciaire Couverture © musée du Louvre Éditions / Futuropolis

Nicolas de Crécy Période glaciaire Planche de la page 50 Aquarelle © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Nicolas de Crécy Période glaciaire Planche de la page 50 Aquarelle © musée du Louvre Éditions / Futuropolis

Le visiteur arrive ensuite devant l’ensemble des œuvres sous leurs formes publiées et reliées. Un élément qui permet de voir le travail des artistes et auteurs finalisé.

Eric Liberge, quant à lui, met en avant son travail préparatoire. Aux heures impaires est montrée de l’ébauche à l’œuvre finie avec 5 croquis de composition de format A3 et des tirages en haute définition des pages correspondantes. Le visiteur rentre dans la tête de l’auteur, il décrypte sa façon de créer, de dessiner et de trouver la première idée qui façonnera la bande dessinée. Comment créé-t-on une bande dessinée ? Par quoi commence-t-on ? Le Louvre apporte ici quelques éléments de réponse. Le contraste entre les planches initiales et celles finies permet de mieux comprendre le travail de l’auteur. Cette œuvre du registre fantastique noir, ressemblant à « La Nuit au Musée » raconte l’histoire d’un stagiaire- gardien de nuit sourd au Louvre qui découvre que son maître de stage a le don de « libérer les œuvres et leurs âmes ».

Eric Liberge Aux heures impaires Couverture © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Eric Liberge Aux heures impaires Couverture © musée du Louvre Éditions / Futuropolis

Eric Liberge Aux heures impaires Planche de la page 61 Plume, crayon, couleurs © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Eric Liberge Aux heures impaires Planche de la page 61 Plume, crayon, couleurs © musée du Louvre Éditions / Futuropolis

Autre registre, autre auteur. Marc-Antoine Mathieu, lui, a utilisé de l’encre de Chine pour les 14 planches exposées de sa BD « Sous-sols du Révolu », toutes en noir et blanc. « C’est une réflexion sur l’art, le temps et la transmission du savoir dans une vision à la fois pince-sans-rire et fantasmatique » explique l’exposition sur cette oeuvre. Du textes, des personnages mais peu de décor par rapport aux œuvres précédentes.

Marc-Antoine Mathieu Les Sous-sols du Révolu Couverture © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Marc-Antoine Mathieu Les Sous-sols du Révolu Couverture © musée du Louvre Éditions / Futuropolis

Marc-Antoine Mathieu Les Sous-sols du Révolu Planche de la page 46 Encre de Chine © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Marc-Antoine Mathieu Les Sous-sols du Révolu Planche de la page 46 Encre de Chine © musée du Louvre Éditions / Futuropolis

Pour le dernier album de la série, Le Ciel au-dessus du Louvre de Bernard Yslaire et Jean-Claude Carrière, le Louvre innove : des écrans accrochés au mur présentent la réalisation de la bande dessinée par les auteurs. Avec cette œuvre dessinée directement sur ordinateur et le côté interactif des écrans, le visiteur comprend comment se fait, étapes par étapes, l’élaboration de plusieurs planches, du crayonnage à la mise en couleur. Cette bande dessinée raconte l’histoire d’un tableau commandé par Robespierre au peintre David mais qui ne verra jamais le jour : celui de l’être suprême. L’attrait du visiteur est ici relancé par ce côté ludique de l’exposition.

Bernar Yslaire / Jean-Claude Carrière Le Ciel au-dessus du Louvre Couverture (provisoire) © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Bernar Yslaire / Jean-Claude Carrière Le Ciel au-dessus du Louvre Couverture (provisoire) © musée du Louvre Éditions / Futuropolis




Bernar Yslaire / Jean-Claude Carrière Le Ciel au-dessus du Louvre Planche de la page 28 (en cours de réalisation) © musée du Louvre Éditions / Futuropolis
Bernar Yslaire / Jean-Claude Carrière Le Ciel au-dessus du Louvre Planche de la page 28 (en cours de réalisation) © musée du Louvre Éditions / Futuropolis

La visite se termine par la présentation de Hirohiko Araki, célèbre mangaka au Japon ( Jojo’s Bizarre Adventure, Steel Ball Run). On peut admirer en en avant-première 2 planches de format A2 de sa prochaine histoire dans le cadre de la collaboration entre le Louvre et les Éditions Futuropolis.

Hirohiko Araki Rohan au Louvre (titre provisoire) Proposition de couverture Encre de Chine et gouache © Hirohiko Araki / Shueisha
Hirohiko Araki Rohan au Louvre (titre provisoire) Proposition de couverture Encre de Chine et gouache © Hirohiko Araki / Shueisha



Une exposition qui fait entrer le visiteur dans les coulisses de la bande dessinée tout en amenant un regard nouveau sur le musée français. On peut y voir et comprendre la créativité ainsi que le travail artistique et littéraire que de demande la réalisation d’une bande dessinée. Un petit récapitulatif pour ne pas être perdu en attendant le festival d’Angoulême.

« Le petit Dessein. Le Louvre invite la bande dessinée », au Louvre. Tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h. Les mercredi et vendredi jusqu’à 22 h.
Tarifs : accès avec le billet d’entrée du musée : 9€ ; 6€ après 18 h les mercredi et vendredi.


Walkyrie, de Bryan Singer
Fringe, The Mentalist et Eleventh hour au programme de TF1
Geoffroy

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