Cinema

Walkyrie, de Bryan Singer

26 janvier 2009 | PAR marie
walkyrie
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Dans la mythologie nordique, les Walkyries sont des divinités guerrières qui servent Odin, le maître des dieux. Wagner en a fait le nom d’un de ses drames, et Hitler, admirateur du compositeur, un plan d’urgence de repli des forces de réserves en cas d’attaque de Berlin. Ce plan d’urgence, le colonel Stauffenberg, participant actif à la résistance au sein de l’armée, va tenter de la détourner. Son objectif : tuer Hilter et, par un coup d’État, prendre Berlin aux nazis : « Opération Walkyrie ».

Bryan Singer, qui s’était jusque là spécialisé dans les Thrillers, Usual Suspects et X-Men, s’attaque ici à l’Histoire, la grande, celle de la tentative d’attentat contre Hitler du 20 juillet 1944. Idée judicieuse. La Résistance de l’intérieur est mal connue (qu’elle soit allemande, au sein de la Werhmarth ou française dans les bureaux de Vichy) : il fallut en effet attendre 2004 et le chancelier Gerhard Schröder pour qu’une gerbe soit déposée sur la tombe du colonel Claus von Stauffenberg et de ses camarades.

Au commencement était le serment… Noir sur blanc se déroule sur l’écran le serment d’allégeance des officiers à Hitler, des mots qui devaient empêcher que les hauts dignitaires ne se retournassent contre le chef nazi. Puis la caméra se plante en Afrique du Nord : l’officier Tresckow offre à Hitler du Cointreau. Cadeau empoisonné (et fait historique) : la bouteille devait exploser dans l’avion. L’explosion n’a pas eu lieu, sans doute à cause du froid dans la soute. Dès lors, pressé par le temps (par la guerre), les officiers contestataires vont, sous la houlette du général Beck se lancer dans des opérations d’une autre ampleur. Blessé en Afrique, échauffé par la folie du Führer et soucieux du destin de l’Allemagne comme de celui de ses enfants, le colonel Claus Von Stauffenberg sera leur homme… d’autant plus providentiel qu’il est rapidement nommé chef de l’armée de réserve. Un poste qui l’aidera à détourner le plan Walkyrie d’Hitler.

walkyrie
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Photo : TFM distribution

Tom Cruise, qui joue le brillant colonel Stauffenberg, convainc dans son rôle d’idéaliste et charismatique officier. Durant l’été 2007, l’Allemagne s’était alors offusquée du fait que l’officier résistant fût campé par un membre de l’Église de la Scientologie. Rapidement après la révélation du casting, le fils du comte, Berthold Schenk von Stauffenberg (alors âgé de 72 ans) avait fait part de son peu de sympathie pour l’acteur. Le président du Mémorial de la Résistance allemande et des membres de la classe politique lui avait emboîté le pas tandis que les autorités allemandes mettaient leur véto à l’utilisation de certains lieux de tournage.

Au final, scientologie ou pas, la prestation de Tom Cruise est convaincante. La réalisation de Bryan Singer moins. Maître dans l’art du thriller, le réalisateur a appliqué sa recette policière (par ailleurs bénéfique) à ce 3e film… Sur l’écran, entre deux dialogues assez surfaits, les évènements se succèdent sans que le contexte historique soit clairement posé. Si bien que le spectateur a parfois l’impression d’être en pleine science-fiction : les bombardements dégagent des lumières fluos, les avions Alliés passant au dessus de la maison du Colonel sont des soucoupes martiennes… Alors qu’il est caché dans sa cave, Stauffenberg alias Cruise reste interdit : tandis que la musique de Wagner parvient à ses oreilles (malgré le bruit des missiles et jusque dans la cave), lui vient l’idée de l’opération Walkyrie. Magique ! Les montagnes collées au fond du studio et les missiles trouant le ciel comme une vulgaire toile de tissu (B. Singer a trop vu Le Roi Lion) n’aident guère plus au réalisme du film…

L’histoire de la France de Vichy nous était largement venue de l’historien américain Robert Paxton… Cette fois encore, l’histoire européenne est fouillée (ou plus précisément illustrée) aux États-Unis. Walkyrie est donc à prendre comme un préambule, une invitation à en savoir plus sur le sujet (et à admirer Tom Cruise !).

Walkyrie, de Bryan Singer, en salle le 28 janvier, avec Tom Cruise, Kenneth Branagh, Bill Nighyn Tom Wilkinson, Carice Van Houten, Thomas Kretschmann, Terence Stamp. 1h50.

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marie

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