Arts

Dans l’absolue abstraction du réalisme de Vick Muniz

Dans l’absolue abstraction du réalisme de Vick Muniz

28 décembre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« Une copie de copie reste un original » disait Wharol. Le brésilien exilé aux USA Vick Muniz met quelques filtres entre l’art et la réalité pour détourner les objets, des diamants aux ordures et en faire des œuvres photographiques d’une beauté indiscutable.
La collection Lambert consacre une première exposition monographique à ce photographe ambassadeur auprès de l’Unesco. Il a 50 ans, a grandi à São Paulo, a échappé à une fusillade qui lui permit de s’installer depuis 1983 aux Etats-Unis.
« Les chefs-d’œuvre de Van Gogh, Cézanne, Picasso, Warhol, et autres grands noms de l’histoire de l’art sont reconstitués par l’artiste grâce à des matériaux incongrus (laine, ketchup, sauce chocolat, pigments, magazines découpés, végétaux séchés, détritus…) pour être photographiés. « Dans un « musée imaginaire » nous rencontrons un travail qui détourne les objets et les aliments pour en faire de la l’art figuratif. Une série en chocolat nous amène à rencontrer Freud, une en diamants nous fait croiser Marlène Dietrich.
L’aspect performatif saisit en premier lieu le regard. Chaque medium impose un rythme de travail et une contrainte différente . Pour travailler le sucre par exemple dans la série  » sugar children » il « le saupoudre délicatement sur des feuilles de papier noir de façon à faire apparaître progressivement les traits reconnaissables de leurs visages ». La photographie argentique lui permet cette finesse de grain.
Vient en second lieu l’image militante. Pour la série « Pictures of garbage » en 2008, l’artiste a rencontré des famille travaillant à Jardim Gramcho, la plus grande décharge publique du monde. Il a réalisé des portraits allégoriques en utilisant les détritus ramassés. On y voit une dénonciation de la misère et de l’esclavage évidente en même temps que renouvelée.
Se plaçant dans l’héritage des maitres de la photographie, artiste contemporain, Vick Muniz va toujours plus loin en recherchant la technique qui rendra l’image la plus intéressante possible Il a notamment travaillé avec les nuages… Sa passion du monumental l’amène à créer dans un hangar où il accumule à la façon d’un Arman avant de photographier le tout, le temps d’un instant où la lumière lui offre l’image parfaite.
Vik Muniz propose aussi, dans le cadre de cette exposition, d’investir l’Église des Célestins afin d’y réaliser une œuvre monumentale, à voir à 6 mètres du sol autour de deux tableaux de Van Gogh, conçue en collaboration avec des étudiants de la ville.
La collection Lambert propose également une seconde exposition plus ardue, celle du maître du conceptuel Lawrence Weiner. L’occasion aussi de faire un tour par la collection permanente qui au détour d’un escalier vous amènera dans une œuvre de Boltanski ou un chemin de lave de Claude Levêque
Visuel (c) « Double Mona Lisa (Peanut Butter + 0Jelly) » (After Warhol), 1999 : c-print, 120 x 150 cm

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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