Architecture
Auguste Perret en son Palais… du CESE

Auguste Perret en son Palais… du CESE

04 décembre 2013 | PAR Franck Jacquet

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) accueille, en partenariat avec la Fondation Prada, une exposition sur l’architecte de son bâtiment de résidence, Auguste Perret. Auguste Perret, Huit chefs d’œuvre !/? – Architectures du béton armé est une exposition d’architecture dans un bâtiment exceptionnel mais finalement peu connu des Parisiens. Dans cet écrin assez froid, c’est aussi l’occasion de comprendre les grandes lignes de l’architecture Perret, désormais reconnue jusqu’au classement de l’Unesco.

 

 

 

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Huit bâtiments, huit moments de l’architecture Perret

L’exposition revient essentiellement sur huit monuments édifiés entre les années 1910 et 1950 : un bâtiment de la rue Franklin (1903), le Théâtre des Champs-Elysées (1913), l’église Notre-Dame du Raincy (1923), la salle Cortot (1929), le Mobilier national (1937) et le Palais d’Iéna (1939), l’église Saint-Joseph du Havre (1956), et enfin, l’Hôtel de Ville (1957), dans le centre reconstruit d’une ville martyre de la Seconde Guerre mondiale. L’exposition associe les prises de vues des édifices aux maquettes correspondantes ainsi qu’à des plans et dessins d’architecture. Une incompréhension demeure pendant le parcours : pourquoi avoir tant mis en avant Auguste et minoré le rôle du reste de sa famille ? On sait combien la construction a souvent été réalisée dans le cadre de la société familiale, et souvent, on évoque les frères Perret plutôt qu’Auguste seul. De la même manière, on s’étonne de voir si peu de considérations de « classement » de styles alors que tout près, à Chaillot, Perret est associé sans ambages à l’Art déco – exposition : 1925, quand l’Art déco séduit le monde.

On perçoit dans les huit tableaux les évolutions de style mais aussi de structure et la quasi-absence des ornements dans la production de celui qui, malgré sa stature internationale, reste encore largement moins connu que son contemporain Le Corbusier. L’une des principales constantes reste le béton, omniprésent chez lui, comme le rappelle à l’envi Rudy Ricciotti. Ces réalisations sont autant d’ouvrages qui s’étendent depuis la fin de l’Art nouveau que Perret n’a pas repris jusqu’aux années 1950 à la période du triomphe des principes d’Athènes.

La mise en scène d’une architecture

Incontestablement, le travail historique mené pour construire l’exposition par Joseph Abram autour de la collecte de ces archives et documents ainsi que leur confrontation est enrichissant et assez pédagogique pour ceux qui connaissent mal l’œuvre de Perret ou même l’architecture. La richesse documentaire est donc à saluer. La construction de l’exposition reste cependant plus déroutante, semblant par collages mélanger et confondre les périodes et les édifices. Dirigée par Rem Koolhaas, on ne sait vraiment ce qu’elle apporte, sinon son label. Espérons que ce grand nom contemporain permettra de susciter l’intérêt de nombreux visiteurs qui, généralement, passent allègrement la case Iéna sans s’arrêter entre le Musée d’Art Moderne, le Palais de Tokyo et le musée Guimet. Tout cela n’enlève rien à la qualité de l’accrochage et des photographies.

Pour enrichir l’exposition, on conseillera d’une part la monographie de l’architecte par Karla Britton, mais aussi le site dédié à l’exposition par la Fondation Prada, bien construit et riche en illustrations.

Informations pratiques

Adresse : Palais d’Iéna, Siège du Conseil économique, social et environnemental, 9 place d’Iéna – 75016 Paris
Accès : Métro ligne 6 (Trocadéro) et 9 (Iéna) / Bus n°32, 63, 82 (Iéna)
Visuel 1 : Karla Britton – Auguste Perret – Éd. Phaidon (juin 2008) – 256 pages, 29,95 €
Visuel 2 : Hôtel de Ville du Havre – © Gilbret Fastenaeneken pour l’exposition

Infos pratiques

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Franck Jacquet
Diplômé de Sciences Po et de l'ESCP - Enseigne en classes préparatoires publiques et privées et en école de commerce - Chercheur en théorie politique et en histoire, esthétique, notamment sur les nationalismes - Publie dans des revues scientifiques ou grand public (On the Field...), rédactions en ligne (Le nouveau cénacle...) - Se demande ce qu'il y après la Recherche (du temps perdu...)

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