Arts

« 80+80, PHOTO_GRAPHISME » : jeu de piste au Pavillon Carré de Baudouin

05 février 2009 | PAR Geoffroy

« Règle du jeu n°1 : Regardez d’abord les photos sur les tables puis recherchez sur les murs l’affiche qu’elles ont inspirée ». C’est ainsi que commence le parcours du visiteur au Pavillon Carré de Baudouin, à l’exposition « 80+80, PHOTO_GRAPHISME », qui se tient dans cet espace d’art et de création du 15 janvier au 25 avril. Un véritable jeu de piste commence, où le visiteur va découvrir deux métiers de magiciens des images : Photographe et graphiste.

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Affiche – Limones

Première salle et premier choc. « Limones » de la série « Invraisemblances », mélange les genres : une publicité des années 70 avec une oeuvre de la renaissance. L’expression du visage est la même, seule l’époque change. D’une publicité pour un produit, l’interprétation du graphiste en fait d’elle une œuvre qui traverse les âges. Autre lieu, autre genre, mais toujours dans la même salle, le photographe David Sauveur et les graphistes R. Bas Baker et J. Albergaria ont joué sur le moment de la photographie. D’un côté un policier avec une voiture enflammée pendant les émeutes de 2005, de l’autre, des jeunes palestiniens lors d’émeutes à Gaza. En reliant ces deux photos, sans rapport à première vue, les graphistes ont réussi à mettre un effet d’action dans leur affiche finale. Ainsi les émeutiers de Gaza semblent les responsables des dégâts des banlieues. Le visiteur tente au fur et à mesure des œuvres de deviner la démarche de l’artiste, parfois ambiguë, mais les œuvres réussissent toujours à faire passer un message.

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Photographie – Passage

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Affiche – Pas Sage

Au total 160 professionnels de l’image ont répondu « présent » et ont croisé leurs oeuvres. Parmi les 80 photographes participant à l’exposition on peut citer Michael Ackerman, Léa Crespi, Denis Dailleux, Denis Darzacq, Claudine Doury, Richard Dumas, Bernard Faucon, Rip Hopkins, Anders Petersen, Gérard Rondeau, Christer Strömholm ou Lars Tunbjörk. D’autre part, parmi les graphistes ayant acceptés de jouer le jeu, on peut voir les oeuvres de Philippe Apeloig, Michel Bouvet, Pascal Colrat, Cyan, H5, Werner Jeker, Peter Knapp, Malte Martin ou Pierre Neumann, qui ont créé à partir des photographies des affiches de leurs propres interprétations.

Un mur sombre, un téléphone comme ceux des vieilles gares que l’on ose utiliser, à quoi cela vous fait-il penser ? La peur. C’est la première oeuvre que découvre le visiteur en pénétrant dans la 2ème salle. Un téléphone, souvent placé dans des coins sombres des lieux dangereux, où l’angoisse est au maximum comme dans un bon vieux film d’horreur. Le graphiste s’est inspiré de cette sensation de peur, et a exprimé cette angoisse par des pictogrammes tournant autour du téléphone, représentant des sujets malsains : drogue, sexe, terrorisme. Le message est clair. Notre société recèle d’endroits où la mort attend patiemment une âme…

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Photographie – Afrique

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Affiche – Afrique

Le jeu de piste continue au second étage de cette maison de villégiature du 18ème siècle. Cette salle aussi petite que la deuxième fait place à d’autres œuvres qui abordent des sujets variés. D’un côté, la photo d’une femme subissant une opération de chirurgie esthétique que le graphiste a monté pour en dénoncer l’abus. De l’autre, une photo d’enfants jouant sur une plage de la Liamone en Corse. Des questions se sont posées au graphiste lorsqu’il a pour la 1ère fois vu la photo : « A quoi rêvaient ces enfants ? (…) Est-ce que la petite fille pensait à la même chose ? ». Il  a ensuite interprété la photo : des images de héros de dessins animés volent au dessus des garçons et un univers floral compose les pensées de la petite fille.

Après ce séjour dans les songes enfantins, le visiteur pénètre dans la dernière salle. Grande, spacieuse et clair, c’est celle qui réunit le plus d’œuvres. « Al Hilla » de Krysztof Miller (photographe) et Flavia Cocchi (graphiste), part d’une photo du mur de Gaza avec un soldat devant une main tendue. Le graphiste a interprété cette image de la façon suivante : « devant l’absurdité des conflits, le monde reste sourd, aveugle à l’appel des peuples déchirés ». Il a mis côte à côte cette photo et un mot en braille pour décrire cette indifférence du monde par rapport aux différents conflits. « Sidi Ifni Maroc » dans cette œuvre, le graphiste s’est demandé ce qu’il reste d’une image lorsqu’on y masque son point d’intérêt.  En l’occurrence, dans cette photographie le point central est un homme assis contre un mur. L’artiste a alors dessiné un cercle blanc masquant ce personnage. La photographie change de sens, le visiteur perd ses repères. Le sens même de l’image est modifié.

« 80+80, PHOTO_GRAPHISME » permet de comprendre la démarche créative de ces deux magiciens des images que sont le photographe et le graphiste, ainsi que le travail qu’ils doivent fournir pour réussir à passer un message. Accessible et ludique, cette exposition croise les regards de ces professionnels sur un moment donné. Cela donne des oeuvres originales et claires.

« 80+80, PHOTO_GRAPHISME » au Pavillon Carré de Baudouin

Du 15 janvier au 25 avril 2009

119-121, rue de Ménilmontant 75020

01 58 53 55 42

Métro Gambetta

Entrée Libre

Du Mardi au Samedi de 11h à 18h

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