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Vente chez Sotheby’s : les larmes de Frida Kahlo battront-elles des records ?

Vente chez Sotheby’s : les larmes de Frida Kahlo battront-elles des records ?

28 septembre 2021 | PAR Iseult Cahen Patron


En novembre prochain, la maison Sotheby’s proposera à la vente un autoportrait de l’artiste mexicaine Frida Kahlo (1907-1954). Lumière sur cette oeuvre émouvante qui devrait battre des records.

Par Iseult Cahen-Patron

Plus de 30 millions de dollars : voici l’estimation de la peinture qui sera prochainement présentée par la maison Sotheby’s à l’occasion de la vente de novembre nommée “The Modern Evening Sale”. Quelle est l’œuvre qui déchaîne tant de passion ? Diego y yo, un autoportrait réalisé en 1949 par la célèbre artiste mexicaine, Frida Kahlo. Cette huile sur masonite (type de panneau dur composé de fibres de bois cuites à la vapeur et moulées sous pression), qui figurait depuis 1990 dans une collection privée, devrait affoler les compteurs. Elle devrait notamment battre le propre record détenu par l’artiste avec son œuvre Dos desnudos en un bosque (1939) qui avait été adjugée 8 millions de dollars en 2016 chez Christie’s.

« Diego et moi »

L’œuvre donne à voir un type de représentation – en vogue dès la Renaissance – que Frida Kahlo s’est plu à réinvestir dans plusieurs de ses productions : le portrait en buste. Cette huile de petit format (29,8 x 22,4 cm) est le dernier autoportrait de ce genre réalisé par l’artiste avant sa mort. Habillée d’un huipil rouge, un vêtement traditionnel d’Amérique centrale, elle se dépeint la chevelure détachée et ornée, sur son front, du portrait de son mari, le peintre Diego Rivera, lui-même doté d’un troisième œil. Sur ses joues coulent des larmes tandis que ses longs cheveux noires semblent l’étrangler. Ce double portrait de 1949 donne à voir les séquelles de l’amour, aussi ardent que tumultueux, éprouvé par les deux artistes d’origine mexicaine. La même année, Diego Rivera peint le portrait sensuel de l’actrice María Félix intitulé La Doña, avec qui il aurait eu une aventure.

L’obsession de l’être aimé

Blessée par un compagnon infidèle et affectée par de lourds problèmes de santé, Kahlo traduit ici l’obsession de l’être aimé. La correspondance qui a été conservée entre Frida Kahlo et Diego Rivera témoignent de l’évolution de cette relation qui vacille entre adoration et détestation. Dans une lettre de 1953, elle lui écrit depuis l’hôpital où elle s’apprête à se faire amputer sa jambe droite gangrenée : « […] je t’avoue que j’ai souffert, et beaucoup, la fois, toutes les fois, où tu m’as trompée… Pas seulement avec ma sœur mais avec tant d’autres femmes … Comment ont-elles pu tomber dans tes filets? […] je t’écris pour t’annoncer que je te libère de moi, allez, je “t’ampute” de moi, sois heureux et n’essaye plus jamais de me voir. Je ne veux plus avoir de tes nouvelles ou que tu en aies de moi, si j’ai réellement envie de quelque chose avant de mourir c’est de ne plus être amenée à revoir ton horrible sale gueule roder dans mon jardin. C’est tout, je peux enfin m’en aller et reposer en paix. Celle qui vous aimait d’une impétueuse folie fait ses adieux. Votre Frida. »

Frida VS Diego ?

Si Diego y yo dépasse les 10 millions de dollars à l’occasion de cette vente, elle deviendra l’œuvre latino-américaine la plus chère de l’histoire des enchères devant Los Rivales (1931) de… Diego Rivera !

Visuel : Laetitia Larralde

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