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[Tour de web] Merci Simone Veil

[Tour de web] Merci Simone Veil

30 novembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Cette semaine, le tour de web joue la carte du girl power Le terme ridicule propagé par les spice girls soulève une question : pourquoi la moitié de l’humanité est perçue comme une minorité. 40 ans après la Loi Veil autorisant l’avortement, être une nana demeure une étrangeté. Tour de Web.

Une conviction de femme, une assemblée d’hommes
« 40 ans plus tard, la scène n’a pas perdu de sa puissance. Seule au pupitre de l’Assemblée nationale, Simone Veil va partager une «conviction de femme» et marquer les esprits à jamais. Ce 26 novembre 1974, la ministre défend avec courage et détermination la légalisation de l’avortement, face à une assemblée d’hommes hostiles à ce qui deviendra – sa – loi. » Écrit le Parisien.

Devant cette assemblée composée d’hommes, elle sera humiliée mais sortira victorieuse.

Mais interrogée dans l »Humanité, Marie-George Buffet l’affirme : « Nous devons rester mobilisés car le droit des femmes à maîtriser leur fécondité est loin d’être universel »

Effectivement, accoucher, être suivie par le bon médecin ne fait que régresser La Maternité des Lilas, réputée pour sa proximité avec les mères, a failli couler. La nouvelle est tombée jeudi, elle sera sauve. Dans un article du magazine médicale Décision Santé, le combat est raconté : « Débute alors une forte mobilisation des équipes de la maternité qui refusent le transfert et multiplient les coups d’éclats médiatiques. Détournement des chansons de Stromae et Pharrel Williams, camping sauvage devant le ministère de la Santé, enrôlement de nombreux « people », le collectif ne désarme pas. Une tribune le 24 juillet dernier est publiée dans Libération. Son premier signataire, Claude Bartolone, est le président de l’Assemblée nationale »

Éternel combat
Rien n’est acquis semble être la norme en matière de « droit des femmes », tellement qu’il a fallut créer des ministères pour ce droit. Les combats de Najat Valaud Belckacem qui occupe en ce moment le poste semblent irréels en 2014. Les tenants d’un mythe hiérarchique entre les deux sexes sont sérieusement organisés. « L’égalité des filles et des garçons constitue une obligation légale et une mission fondamentale pour l’éducation nationale », cela depuis 1989.  Ce mois ci, l’Etat vient de présenter « les outils pour l’égalité entre filles et garçons à l’école ». On y voit jaillir des questions simples qui prouvent le retard sur la question : « Quel est le sens de l’égalité entre les filles et les garçons à l’école ? Comment cela se traduit-il concrètement pour un enseignant ? Comment peut-on définir un stéréotype ? Qu’entend-on par discrimination ? ».
Revenir aux sources, expliquer simplement semble être la seule arme. La semaine dernière était marquée par un second événement « féminin » : la Journée nationale des violences faites aux femmes du 25 novembre. A cette occasion le collectif Osez le Féminisme a lancé sa campagne pour la reconnaissance du féminicide. Emilie Teyssedre, présidente et porte-parole interviewé par La Dépéche.fr explique ; « Ces actions sont absolument utiles pour d’une part reconnaître le féminicide dans la loi à l’exemple de l’Espagne et de l’Italie dont le décret a été adopté le 2 août 2013 et pour changer la vue du traitement médiatique qui a trop tendance à laisser ces violences sous le vocable de la passion. Alors que ce sont des violences machistes envers les femmes. »

La fin de la culture du mépris n’est pas encore là, 40 ans après la Loi Veil la loi sur l’IVG a été enfin modifiée pour y enlever la notion de détresse. Il y avait dans le loi Veil, volontairement, pour qu’elle passe, l’idée d’une souffrance fragile.

Reste des actes intolérable, notamment un manque de pudeur que raconte bien et avec humour le hastag #PayeTonUterus » où les pires anecdotes rencontrées chez le gynéco sont racontées, et Le Monde a consacré un article au sujet : « « #PayeTonUtérus quand tu sursautes à cause d’un geste invasif (non annoncé) et qu’on te répond “Vous n’êtes pas là pour prendre du plaisir” », écrit l’une. « Aller chercher la pilule du lendemain et recevoir une tripotée de regards noirs des pharmaciens », se souvient une autre. « #PayeTonUtérus quand le gynéco te balance “On ne fera plus de bêtises maintenant, n’est-ce pas ?” à l’examen post-avortement », témoigne encore une autre. En quelques jours, près de 10 000 tweets ont fait usage du hashtag. ».

Aujourd’hui être Et la maman Et la putain fait encore figure d’exploit.  D’ailleurs, un article du Huffigton Post du 2 novembre propose une enquête  : « Coucher le premier soir, ce que les hommes en pensent vraiment ». On rit au titre, on pleure au contenu : « Pire, chez les femmes les plus jeunes, beaucoup estiment aujourd’hui que refuser de coucher le premier soir les privera de tout espoir de revoir l’élu de leur cœur. En effet, selon une étude menée par Ipsos pour Boursault en janvier dernier, elles sont en effet 35% des 25-34 ans à avoir couché le premier soir pour séduire un homme, ce qui n’est évidemment pas l’idée. Car si l’on choisit de céder à son désir, c’est bien pour l’assouvir en faisant fi des potentiels jugements qu’un tel « comportement » pourrait entraîner mais certainement pas pour « faire plaisir » à son partenaire. »

C’est pas gagné ma brave dame.

« 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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