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[Critique] « Night Call » Fascinant Jake Gyllenhaal dans une chasse au scoop trouble et obsessionnelle

[Critique] « Night Call » Fascinant Jake Gyllenhaal dans une chasse au scoop trouble et obsessionnelle

29 novembre 2014 | PAR Gilles Herail

Grâce à la performance fascinante de Jake Gyllenhaal, Night Call est LE film à voir cette semaine. On se prend au jeu de cette chasse au fait divers et au scoop menée par un autodidacte trouble, malsain, qui repousse sans cesse les limites pour assouvir son obsessionnelle soif de reconnaissance.

[rating=4]

Synopsis: Branché sur les fréquences radios de la police, Lou parcourt Los Angeles la nuit à la recherche d’images choc qu’il vend à prix d’or aux chaînes de TV locales. La course au spectaculaire n’aura aucune limite…

Night Call ne se rapproche de Drive que pour sa vision de la ville nocturne, embarquée en voiture, et d’un vrai savoir-faire sur la création d’une ambiance et d’une atmosphère suffocantes. Mais la tonalité est plus proche d’un Maps to the Stars (Cronemberg) qui utilisait un même crescendo vers la folie et l’extravagance satirique pour critiquer le star système. Night Crawler (titre original) s’attaque à un autre sujet, tout aussi passionnant. Le voyeurisme des chaines d’information américaines, en recherche permanente de l’image la plus choc, au plus près des faits divers sanglants. Alimentant les peurs enfouies de leur public de classe moyenne supérieure blanche pavillonnaire, hantée par la violence fantasmée du centre-ville et de ses minorités ethniques. Loin d’être un documentaire sur le milieu de ces paparazzis de la délinquance, Night Call est le portrait d’un manipulateur autodidacte, surdoué, se prenant à son propre jeu et incapable de s’arrêter pour obtenir toujours plus, quitte à frôler la légalité. Poursuivant une voie qu’il avait explorée dans l’excellent Zodiac de David Fincher, Jake Gyllenhaal est génial dans un rôle qui le voit progressivement franchir la ligne rouge.

Dopé à l’excitation qu’il ressent en planifiant méthodiquement ses techniques pour arriver en premier sur les lieux du crime, le personnage principal va alors chercher à éliminer ses obstacles, tout en prenant de plus en plus de plaisir à scénariser ses « reportages » pour les rendre encore plus vendeurs. La frénésie et l’excitation sont partagées avec le spectateur, embarqué dans ce film d’ambiance dérivant toujours plus vers le malsain. Les scènes dialoguées sont jubilatoires, quand Jake Gyllenhaal expose sa vision du monde et son approche scientifique des relations humaines et des moyens à utiliser pour atteindre ses objectifs. Les seconds rôles sont impeccables, de Riz Ahmed en assistant dépassé par la tournure des événements à Rene Russo en directrice de l’information cynique et sans morale. Après Gone Girl et sa méchanceté noire, Night Call fait partie des tous meilleurs thrillers de l’année. Glaçant, original, pertinent et ultra divertissant.

Gilles Hérail

Night Call, un film de Dan Gilroy avec Jake Gyllenhaal, durée 1H55, sortie le 27 novembre 2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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