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[Tour de Web] Indépendance

[Tour de Web] Indépendance

21 septembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Cette semaine, le mot est devenu un gimmik « indépendance », en cause l’Ecosse qui finalement a préféré rester unie à son royaume. Tour de web français d’une crise européenne

Europe !

Vendredi 19 septembre ce sont mille articles qui ont été publiés en français autour du mot clé « indépendance ».  Mais c’est en Belgique que la pertinente question « Pourquoi un tel besoin  d’indépendance ? » a été posée. La RTBF répond en appuyant sur les paradoxes : « Ces régions nationalistes souhaitent toutefois pour la plupart se maintenir dans l’Union européenne. Cela peut sembler paradoxal mais les nationalistes ne voient pas cela comme un paradoxe. Les indépendantistes écossais par exemple veulent se libérer de leur appartenance au Royaume-Uni mais pas de leur appartenance à l’Union européenne qui leur offre un cadre rassurant, un cadre législatif qu’ils partagent déjà en grande partie. »

Le Figaro voit dans la démarche écossaise une nouvelle vision de l’Europe, moins uniformisée. C’est le règne du retour à l’Etat Nation que détestait Rosa Luxemburg pour qui le séparatisme était symbole de bourgeoisie comme le rappelle le parti communiste genevois.. Mais revenons plus à droite. Le Figaro explique qu’il serait faux de croire ici à un retour dix-neuvièmiste à l’Etat-Nation : « Pour autant, l’indépendance de l’une ou de l’autre ne signifierait pas nécessairement que l’État-nation est florissant. Le poids de l’argument économique est frappant. Davantage que privées de libertés politiques, l’Écosse comme la Catalogne sont présentées comme handicapées dans leur prospérité et leur capacité de redistribution par leur appartenance à la Grande-Bretagne et à l’Espagne. En outre, la situation économique et financière dans un cadre indépendant serait d’autant plus enviable que le pays resterait membre de l’Union européenne. Les indépendantistes ne cessent de répéter qu’ils en trouveront le moyen. Ainsi, ce qui est promis est une indépendance sans risque et subventionnée, à mille lieues de la geste héroïque de William Wallace ou des segadors… On est tenté de dire que la question nationale est secondaire. Un tel mouvement est révélateur d’une dynamique commune en Europe vers un binôme entre la communauté des intérêts immédiats et une grande gouvernance continentale. Quelle que soit son histoire, aucun État n’est à l’abri de cette fragmentation qui liquéfie l’appartenance commune et le lien politique. »

Le journal International voit dans  le geste écossais l’occasion pour l’Europe de se réinventer : « Cependant, l’Europe qui est ici « menacée » est à définir. Les résultats des dernières élections tout comme les questions d’indépendance sont des indicateurs non pas à bannir, mais à réinventer. Les contestations proviennent du fait que l’Europe, insérée en plein cœur de la mondialisation, se soumet aux lois des marchés internationaux, afin de rester compétitive, parfois au détriment des populations. L’indépendantisme est l’un des derniers remparts de la revendication de la diversité culturelle.

La Bretagne aux bretons

Ou presque. Le cas écossais fait resurgir une question plus générale. Il y a en Europe de nombreuses régions qui veulent plus d’autonomie : La Catalogne, le Pays basque, la Corse, la Padanie, la Flandre. Atlentico se demande à quoi ressemblerait l’Europe si les séparatistes de tous les pays atteignaient leur but
L’Italie pourrait avoir du souci à se faire avec la Sardaigne ou la Vénétie. La Belgique se verrait diviser entre Flandres et Wallonie. On imagine également la Bavière se détacher de l’Allemagne. Mais la plus touchée serait incontestablement l’Espagne qui verrait la Galice, le Pays Basque, l’Andalousie, la communauté autonome d’Aragon, les Baléares et la Catalogne lui échapper.

Après l’Ecosse, c’est le cas de la Catalogne qui est sur la sellette. Le vote aura lieu le 9 novembre et les enjeux sont de taille. Pour le moment, comme le rappelle Ouest France, l’Espagne bloque : « Les règles démocratiques en Espagne sont ce qu’elles sont et, à cet égard, le gouvernement espagnol a décidé à une large majorité que les référendums d’indépendance n’étaient pas permis par le droit », a réagi la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, interrogée à l’issue du conseil des ministres.

On peut dire via ce tour de web qu’une conscience européenne s’est réveillée le temps d’un vote. D’un coup, la prise de conscience d’une chute du château de cartes éminente a jailli, pour s’éteindre jusqu’au 9 novembre.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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