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Talking Music, un portrait de Philip Venables au Festival d’Automne

Talking Music, un portrait de Philip Venables au Festival d’Automne

27 octobre 2021 | PAR Margot Wallemme

En coproduction avec le Festival Musica et le Collectif lovemusic, le Festival d’Automne à Paris propose de dresser un portrait de l’artiste Anglais Philip Venables à travers trois évènements. Talking Music, la deuxième partie du triptyque, nous initie à l’univers de Philip Venables, pour l’osmose des mots et de la musique. 

Le portrait musical d’un artiste singulier

C’est bien un portrait de l’artiste qui est dépeint dans ce concert particulier composé de cinq œuvres. Nouant les mots et la musique, les voix et les sons, Philip Venables est un compositeur collaboratif. A travers les pièces choisies, l’artiste nous révèle une part de son travail entre intimité, enjeux identitaires et engagements politiques. La cohérence de son univers singulier se retrouve dans l’ambiance presque psychanalytique de ses compositions et dans la dynamique rythmique et mélodique des tutti vibrants. Avec l’interprétation de Coming Together par le Collectif lovemusic, un texte de Sam Melvill mis en musique par Frederic Rzewski, on ressent la veine suivie par Philip Venables. C’est en effet une œuvre qui le marque alors qu’il est étudiant, pour son engagement politique comme pour son identité musicale.

Les silences parlent 

C’est avec simplicité que débute le concert, par Klaviertrio im Geiste (2011), une pièce musicale de Philip Venables, merveilleusement interprétée par le Collectif lovemusic. Le trio pose une atmosphère dont les silences deviennent redoutables et nous aspirent dans un autre espace-temps. Les puits de lumière nous sortent des différents mondes qui se succèdent avec une facilité glissante. Les intermèdes font parler les artistes Philip Venables, Andreas Borregaard et Adam Starkie qui s’assoient tour à tour sur le fauteuil orange, pour une flash interview nous révélant quelques anecdotes. 

Plongés dans une intimité

Andreas Borregaard nous livre l’intimité de sa mère à travers des phrases simples mais intenses écrites par Ted Huffman d’après le récit de Susanne Borregaard. Avec My Favourite Piece is the Goldberg Variations (2021), Philip Venables nous entraîne dans une storytelling, un travail qui poursuit l’exploration de l’histoire queer, chère à l’artiste. Cette pièce puissante mêle la musique aux mots, la transmission de l’histoire de la mère par le fils rend l’expérience encore plus forte, on est saisis au vif par l’expression musicale et théâtrale d’Andreas Borregaard. 

Une fin en cris crue

Avec la mise en musique progressive des Numbers, à partir du texte de Simon Howard, Philip Venables pose les mots d’une poésie fantasmagorique sur une musique inquiétante. Alors plongés dans une atmosphère étrange et brumeuse, on se réveille une dernière fois pour Illusions (2015-2017). Une fin en apothéose, l’union des instruments et des cris d’une vidéo au discours cinglant très politique. C’est David Hoyle que l’on voit apparaître sur l’écran, dans une rage brûlante, qui tire la sonnette d’alarme contre une société injuste et oppressante, à la veille des élections générales britanniques. 

 

L’ultime partie du portrait de Philip Venables se tiendra à la Cité de la Musique – Philharmonie de Paris, le 16 décembre 2021.

 

Visuels : © Didier Jacquot

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