Politique culturelle
Une vente aux enchères d’objets nazis annulée

Une vente aux enchères d’objets nazis annulée

25 avril 2014 | PAR Eugenie Belier

Lundi dernier la maison de vente Vermot de Pas a décidé de retirer les objets nazis de la vente aux enchères du 26 avril suite à la demande de la ministre de la culture et du CRIF.

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Ce samedi devait avoir lieu une vente aux enchères présentant des objets personnels d’Hitler et de son ministre Hermann Göring venant de leurs maisons de campagne voisines dans les Alpes bavaroises.
Cette vente s’intitulait « Prises de guerre de la 2eDB (division blindée) du général Leclerc dans le Berghof (résidence) de Hitler le 5 mai 1945 » et présentait plus d’une quarantaine d’objets de la vie quotidienne, la plupart arborant la croix gammée, des passeports, des livres, de la vaisselle, des nappes etc… Tous ces biens furent rapportés par les combattants Français après que la résidence d’Hitler fût bombardée par l’aviation alliée.
Le retrait de la vente de ces objets chargés d’un poids historique sordide devrait-être un véritable soulagement moral, car quoi de plus malsain que de ravir des collectionneurs fanatiques fous à lier prêts à acheter un napperon usé par les tasses de thé du führer en vacances ?
Une vente insensée et insensible, moralement injustifiable.
Cette obscénité fût décriée par le CRIF dans un communiqué visant l’annulation de la vente «Faire commerce public de ce type d’objet consiste à leur donner une valeur symbolique malsaine qui s’apparente à du cynisme et à une forme d’indécence morale».
Ces objets n’ont en effet pas de valeur artistique ou culturelle véritablement, mais présentent plutôt une dimension terriblement perverse.

Ce n’est cependant pas l’avis de tout le monde, la maison de vente Vermot le Pas avait respecté l’interdit en n’exposant pas les objets aux croix gammées et explique que tous ces biens furent donnés par les anciens résistants, et pensait que cette vente irait aux associations juives et aux musées.
Beau dessein mais troublante naïveté tout de même, de la part de Laudine le Pas responsable de la maison de vente, s’il est évident que ces objets ont une valeur historique indubitable, et qu’ils trouveront certainement une place au chaud dans un musée européen, une telle vente publique n’allait pas sans courir un certain danger et se présentait belle et bien comme une provocation insupportable.

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Eugenie Belier

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