Politique culturelle

Paris rend hommage à Toni Morrison

08 novembre 2010 | PAR Sonia Ingrachen

A 79 ans, Toni Morrison, lauréate du prix nobel de littérature en 1993, était à Paris pour une série d’évènements qui lui ont rendu hommage.
L’auteure des magistrales The bluest eye (1970), Sula (1973), Song of Salomon (1977) Beloved (1987) (pour ne citer que les plus connues) a reçu mercredi la Légion d’honneur remise par Frédéric Mitterrand et a été décorée de la médaille Grand Vermeil par la Mairie de Paris. Cette médaille honore des personnalités qui ont un lien fort avec la capitale. La ville de Paris a voulu couronner celle qui n’a eu de cesse de peindre la réalité américaine, composant des œuvres polyphoniques, aux structures enchâssées, dont la langue métissée mêlait le langage vernaculaire de la rue à celui des textes bibliques. Portées par les passions et les voix (souvent féminines), ces œuvres révèlent la misère des afro-américains face à l’esclavage, aux ségrégationnistes américains et à leurs propres pressions communautaires. Dans Un Don, elle remontait encore plus loin dans l’histoire américaine, à la fin du XVIIe siècle, alors que le pays était encore une colonie anglaise, au moment où a lieu la révolte de Bacon. Unique auteure afro-américaine à avoir reçu le prix Nobel, elle se qualifie elle-même de « femme écrivain africaine-américaine, dans un monde sexualisé et racialisé ».

Vendredi 5 novembre, la Tony Morrison society inaugurait un « Un banc au bord de la route » ( « bench by the road ») pour célébrer l’abolition de l’esclavage. Ce banc, situé dans le 20ème arrondissement, fut installé rue Louis Delgrès, pour rendre hommage à ce révolutionnaire martiniquais, personnalité de la résistance de la Guadeloupe aux troupes napoléoniennes. C’est le quatrième banc dans le monde et le premier en France. L’idée est d’en installer dans des lieux clés ou dans des endroits mentionnés dans les livres de Toni Morrison. « J’avais dit dans un livre que parmi tous les mémoriaux aux Etats-Unis, il n’y en avait aucun pour les esclaves », raconte-t-elle, citant cet ouvrage: « Il n’y a pas d’arbre, pas de cour, pas de statue, pas même un banc au bord de la route ». Ainsi, « un enfant peut l’utiliser… Une mère peut s’y asseoir avec son bébé, ou des amoureux ». Un certain nombre d’élus de gauche et de la mairie du vingtième arrondissement étaient présents pour l’occasion.
Des performances de Graff (Hip Hop citoyens et Confluences), du Slam, de la danse et la lecture des textes de l’auteure accompagnaient cet événement.
Du 5 au 12 novembre aura lieu une exposition « 1848, l’esclavage aboli » au centre d’animation Louis Lumière. Toni Morrison se trouvait également à Paris dans le cadre d’un colloque « Toni Morrison et les circuits de l’imaginaire », organisé du 4 au 7 novembre à l’université Paris VIII avec 400 chercheurs du monde entier.

Exposition « 1848, l’esclavage aboli » au centre d’animation Louis Lumière. 46 rue Louis Lumière.
Ouvert du lundi au vendredi de 7h30 à 23h, le samedi de 8h30 à 20h.
Tél. : 01 43 61 24 51
Renseignements : www.mairie20.paris.fr
Tarif : Gratuit
Public concerné : Tout public
Contact : 01 43 15 20 21
En partenariat avec : Toni Morrison Society, Mairie de Paris, Hip Hop Citoyens, Radio Générations, centres d’animation Les Amandiers et Louis Lumière, Conseil de la jeunesse du 20e, Confluences.

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