Politique culturelle

Olivier Py reste abasourdi par son limogeage

Olivier Py reste abasourdi par son limogeage

12 avril 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« Je suis viré pour avoir réussi (…) J’avoue ne pas comprendre » , c’est le ce que le futur ex directeur du théâtre de l’Odeon, débarqué de son poste après son premier mandat , avoue à l’afp. Les réactions se déchainent en soutien au metteur en scène, tous saluent un bilan exemplaire.

Six théâtres en France, le Théâtre National de l’Opéra-Comique, la Comédie Française, la Colline, Chaillot, le TJP de Strasbourg et le théâtre de l’Odéon ont un statut national. C’est le ministre de la Culture, dont la décision doit être validée par le président, qui en nomme les directeurs. Chacun a une mission particulière, pour le TJP, défendre le théâtre jeune public, pour Chaillot, la danse. L’odéon a comme mission la diffusion du théâtre Européen.

Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a souligné que Luc Bondy aurait « notamment pour mission de renforcer la dimension européenne du théâtre de l’Odéon-Théâtre de l’Europe ». Cette mission, Olivier Py la comprise et l’a menée. Pour la première fois depuis l’acquisition du statut de théâtre national, une subvention européenne a été versée actant un travail long de cinq ans sur l’importance de montrer et monter des spectacles en langues étrangères, mis en scène par des artistes européens. Faire une liste serait inutile, cette année, le public de l’Odéon a entendu parler italien, russe ou encore hongrois. Thomas Ostermeier a séduit par ses décors froids, Krzysztof Warlikowski a continué à interroger son époque en polonais. Du point de vue français, Olivier Py a cherché et réussi à amener la culture hors des murs de l’Odéon. Cette semaine, il est dans les lycées vauclusiens pour jouer Les Perses d’Eschyle.

Le taux de fréquentation est record, avec 82% de remplissage en moyenne, 10.000 abonnés et 150.000 spectateurs, faisant de l’Odéon une place forte de la création contemporaine. Olivier Py reste outré par cette décision, « C’est une surprise totale (…). En général un deuxième mandat est pratiquement automatique, sauf en cas de dysfonctionnement grave, donc j’étais tout à fait confiant », explique Olivier Py. « Je suis viré pour avoir réussi (…) . « Luc Bondy est un très grand metteur en scène international, il n’y a aucun doute là-dessus (…) mais je ne peux pas laisser dire que le travail européen n’a pas été fait alors que c’est tout l’inverse », ajoute Olivier Py à l’Afp.

Les réactions ont été vives suite à cette nouvelle. Interrogé sur France Inter , Patrice Chereau affirmait clairement son agacement, conseillant même à son ami Luc Bondy de refuser le poste. Les méthodes et la manière employées étant qualifiées de « droite ». La SACD et Martine Aubry parlent de   » stupéfaction ». Sur facebook, un groupe de soutien s’est créé « Pour le maintien d’Olivier Py à la tête de l’Odéon-Théâtre de l’Europe » .

Si rien du point de vue statutaire ne l’oblige, ce sera la première fois depuis 1971 , qu’un directeur du théâtre de l’Odéon n’est pas reconduit pour un second mandat. Olivier Py a 45 ans et déjà une solide expérience, tout laisse à penser qu’il peut prétendre à une suite de carrière admirable.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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