Politique culturelle

Le français Dominique Meyer nommé surintendant de la Scala de Milan

Le français Dominique Meyer nommé surintendant de la Scala de Milan

29 juin 2019 | PAR Paul Fourier

Le mercato des directeurs d’opéras européens commence à se clarifier.
Donné dans la short-list des candidats possibles pour la direction de l’Opéra de Paris, Dominique Meyer vient, finalement, d’être nommé à la tête de la prestigieuse institution milanaise.

Celui-ci a passé toute sa carrière entre le monde politique et la sphère lyrique.
Après 4 ans au ministère de la culture sous Jack Lang, il sera nommé en 1989 à l’Opéra de Paris (dont deux ans en qualité de directeur général) au moment de l’ouverture de l’Opéra Bastille ; il rejoindra ensuite le cabinet de deux premiers ministres au début des années 90, passera cinq ans à la tête de l’Opéra de Lausanne avant d’être nommé au théâtre des Champs-Élysées où il restera 11 ans. Arrivé en 2010 au Staatsoper de Vienne, on savait que son mandat ne serait pas renouvelé ; alors que son âge devenait un handicap pour une nomination à Paris, c’est finalement à la Scala qu’il va atterrir.
Il commencera à travailler avec l’actuel directeur, Alexander Pereira (jusqu’en 2020), puis devrait se retrouver seul aux manettes.

Son mandat à Vienne semble avoir posé les bases d’une transformation progressive d’une institution dont le public est assez conservateur et qui a besoin d’être dépoussiérée. Ayant augmenté le temps de répétition de 50% et de ce fait, amélioré la qualité des spectacles, il a fait venir les grands artistes lyriques de manière régulière tout en maintenant l’excellence de la troupe. Du côté de la diffusion des spectacles de la maison, il a mis en place un partenariat novateur avec Samsung pour le « Staatsoper live ». Finalement, soucieux de la tradition de la maison – ce qui paraissait une condition indispensable pour Vienne –  il a construit sur celle-ci pour la pousser à un niveau d’excellence. Ses qualités de manager à poigne dans un gant de velours semblent lui avoir permis de résister aux exigences de chefs d’orchestre comme Franz Welser-Moest et Bertrand de Billy qui ont fini par quitter l’Opéra de Vienne. Du côté du ballet, la nomination de Manuel Legris comme directeur de ballet apparait également comme une réussite.

Milan comme Vienne sont des maisons à forte tradition. Un dirigeant fédérateur amenant les forces vives de la Scala à rayonner dans les murs et hors des murs peut être l’homme de la situation. Il reste maintenant à savoir si la sauce prendra avec l’univers milanais et une institution réputée pour être difficile à diriger et si cela permettra à la Scala de revenir durablement dans la cour des grands.

Visuel : © Attribution-ShareAlike 2.0 Generic (CC BY-SA 2.0)

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