Classique

Le final chaleureux de l’ONPL

Le final chaleureux de l’ONPL

29 juin 2019 | PAR Sarah Reiffers

L’Orchestre National des Pays de la Loire a clôturé sa saison en beauté et nous en a mis plein les oreilles avec un répertoire de choix : Brahms, Ravel et Respighi, réunis pour un « Final méditerranéen » à l’honneur de la musique et de l’été.

Il y avait de l’émotion, un peu de tristesse face à cette saison qui s’achève et de joie dans la promesse d’une nouvelle. Pour ce dernier concert, l’ONPL en grand nombre et son directeur musical Pascal Rophé ont offert au public angevin un concert de toute beauté et virtuosité, qui sentait bon les pins chauffés de soleil.

La soirée s’est ouverte sur le Concerto pour piano et orchestre n°2 de Brahms, avec au piano le grand Pierre-Laurent Aimard, invité pour l’occasion. Pendant 45 minutes l’orchestre (qui prend ici une place importante) et le piano s’accordent et se répondent, nous entraînent dans des virevoltes et revirements surprenants mais toujours harmonieux. Aux galops rapides et fous s’enchainent les marches lentes et lancinantes. Ce Concerto est comme un voyage merveilleux, une course hilare à travers champs avec quelques pauses ici et là, pour admirer un jeu de lumière sur l’herbe ou se rappeler un souvenir douloureux. Pierre-Laurent Aimard sait mettre de l’émotion dans ses doigts et retranscrit chaque facette de la partition.

Les contrastes sont revenus de plus belle avec les deux œuvres suivantes, la Rapsodie espagnole de Ravel et les célèbres Pins de Rome de Respighi. Les deux partitions furent inspirées par le sud, sa chaleur ardente et la mémoire de ses glorieuses civilisations. La musique alterne entre explosions bruyantes et joyeuses, et repos sereins et délicats. C’est la musique des villes aux multiples facettes, aux places baignées de soleil et d’activité et aux ruelles d’ombre et de mémoire. Vendredi soir Pascal Rophé et l’ONPL s’en sont donnés à cœur joie, excellant dans le calme comme dans la tonitruance qu’ils ont fait chaleureusement vibrer dans les oreilles des spectateurs. Et lorsque, pour les dernières notes des Pins de Rome, une dizaine de musiciens ont pris place derrière le dernier rang du parterre, c’est une expérience musicale en immersion, un transport au cœur de la musique que le public angevin a eu la chance de vivre – avant qu’il ne déverse, chaleureusement encore, ses applaudissements et ses remerciements pour une bien belle saison.

Visuel :© Marco Borggreve

 

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Sarah Reiffers

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