Politique culturelle

La Victoire de Samothrace va se faire pomponner en public

La Victoire de Samothrace va se faire pomponner en public

01 février 2013 | PAR Sandra Bernard

Véritable star du musée du Louvre, La Victoire de Samothrace avait bien besoin d’un petit lifting pour se présenter sous son meilleur jour aux millions de touristes qu’elle voit défiler chaque année.

Le temps commence à faire son œuvre sur l’élégante sculpture hellénistique située depuis 1884 en haut de l’escalier Daru au premier étage de l’aile Denon. Suite à l’exposition prolongée, le marbre blanc de Paros est peu à peu devenu marron-beige. Plus inquiétant, le socle composé de plusieurs dalles de béton sur lesquelles repose la sculpture depuis la dernière restauration dans les années 1930, se fissure par effet d’écrasement altérant la structure de l’ensemble comme l’indique Jean-Luc Martinez, directeur du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre.

L’œuvre datée entre 220 et 185 avant J.-C. est en effet monumentale. La sculpture représentant Niké, l’allégorie de la Victoire est juchée sur une proue de navire (également en marbre mais gris veiné de blanc) formant un ensemble d’une hauteur avoisinant les 5 mètres. Ses ailes déployées et son corps en mouvement, moulé dans un drapé mouillé (c’est comme ça que ça s’appelle) s’intègrent parfaitement dans la perspective du grand escalier faisant la joie des photographes amateurs ou confirmés du monde entier.

Selon l’AFP, une restauration en profondeur a été prévue par les services concernés. Cette opération qui devrait débuter en septembre 2013 durera au moins un an. Pour ce faire, l’œuvre sera déplacée non loin dans la salle des sept cheminées (où se trouve actuellement l’exposition les fantômes du Louvre d’Enki Bilal). Afin que les visiteurs puissent continuer d’admirer le chef d’œuvre , cette action de conservation devrait s’effectuer dans un  espace vitré, comme ce fut déjà le cas pour d’autres œuvres d’importance du Louvre. Tous les éléments seront démontés, consolidés, nettoyés puis ré-assemblés. A cette occasion, certains fragments conservés dans les réserves retrouveront leur place d’origine. N’espérez pas pour autant découvrir prochainement sa tête ou ses bras ; ils demeurent introuvables malgré les nombreuses fouilles archéologiques réalisées sur l’île de Samothrace au nord-est de la Grèce dans la grotte de la découverte. La sculpture a été mise à jour en 1862-3 en plusieurs parties suites aux fouilles de Charles Champoiseau, consul de France à Andrinople (actuelle Edirne en Turquie). Un an plus tard, les fragments de la Victoire de Samothrace arrivent au Louvre et sont assemblés pour être exposés dès 1866. Ce n’est qu’en 1875 qu’un bloc ressemblant à une proue de navire est découvert et lui est ajouté encore quelques années plus tard. Brisée en de multiples fragments, près de 150 pour l’ensemble, elle a immédiatement fait l’objet d’une restauration. Seulement au XIXe siècle l’on n’ hésitait pas à ajouter des éléments manquants lors de ces remontages, c’est ainsi qu’une aile et un sein en plâtre ont été ajoutés. Sa main retrouvée des années après est exposée dans une vitrine adjacente.

Parallèlement à la remise en état de la sculpture, l’escalier du XIXe siècle sera également restauré. Accueillant près de 7 millions de visiteurs par an, l’usure des marches le rend glissant donc potentiellement dangereux ce qui n’est bien entendu pas acceptable. Outre les marches, murs, sols, voûtes et des garde-corps en laiton seront entièrement vérifiés et nettoyés en profondeur.

Une sous-commission d’experts internationaux suivra les travaux de cet important chantier qui durera plus d’un an dont le  coût total est estimé à 3 millions d’euros. Il est entièrement pris en charge par le mécénat d’entreprises internationales  : Nippon Television Holdings, Fimalac et Bank of America Merrill Lynch Art Conservation Programme, pour certaines habituée à ce type de démarches. Il s’agit de la première étape de la rénovation de la totalité des salles du département des Antiquités étrusques, grecques et romaines.

Réinstallée au printemps 2014, la statue dans son nouvel espace architectural devrait être inaugurée à la fin de la même année ou au début de l’année 2015.

Visuel : Paris, musée du Louvre : © Erich Lessing

Victoire de Samothrace Vers 220-185 av. J.-C. Marbre H.totale: 5,57 m MA 2369 Paris, musée du Louvre : © Erich Lessing
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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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