Politique culturelle
La culture va-t-elle se relever ?

La culture va-t-elle se relever ?

20 novembre 2015 | PAR Clémence Charrier

Après les événement du vendredi 13 en France, nombre de programmes ont été annulés pendant plusieurs jours, par mesure de sécurité, et surtout, pour respecter le deuil national. Depuis, les lieux culturels affichent un niveau de fréquentation au plus bas. Comment, en ces heures troubles, une culture malmenée peut-elle survivre ? Elle apparaît comme un porte drapeau indispensable de notre liberté et de notre art de vivre, et pourtant, les conséquences économiques sont d’ores et déjà visibles.

La réaction du ministère de la culture a pour le moins été rapide. Fleur Pellerin a annoncé ce jeudi 19 novembre qu’un fonds de 3,5 millions d’euros serait débloqué pour la culture, dont 500 000 euros proviennent de la SACEM. Son objectif ? Aider principalement les petites salles dont les programmations ont été annulées, et qui, du fait de leur taille, ne possèdent pas d’assurance annulation. Les pertes sont terribles, et ce fonds est plus que bienvenu pour maintenir ces lieux et institutions à flots et leur permettre de continuer à accueillir des artistes.

Si l’on prend uniquement en considération les représentations de toutes sortes qui ont été annulées jusqu’au mardi 17 novembre, les chiffres sont alarmants. Le Festival d’Automne nous parle de 3423 billets à rembourser ou reporter, puisque onze représentations n’ont pas pu avoir lieu. Le coût hypothétique d’un tel remboursement serait d’au moins 50 000€. Un véritable coup dur pour le festival. Mais cela est sans compter l’impact sur le plus long terme : on le remarque déjà, les gens ne privilégient pas les lieux culturels lors de leurs sorties, que ce soit dû au manque d’envie ou bien tout simplement à la peur. Un musée vide, c’est impressionnant, mais pas seulement. La perte financière va être considérable. Le 20 novembre, les ventes de billets de concerts avaient déjà baissé de 80% par rapport aux chiffres habituels à cette période de l’année, généralement chargée. Les théâtres peinent à faire salle comble, l’équipe de Toute la culture le constate d’elle-même.

Les conséquences sont d’autant plus inquiétantes que les professionnels de l’hôtellerie ressentent déjà les effets économiques des attentats. Selon l’Union des restaurateurs et hôteliers de prestige, les fréquentations du mois de novembre vont baisser d’au moins 50%, ce qui signifie qu’il y aura d’autant moins de visiteurs potentiels des lieux emblématiques de Paris. De même, bien que les chiffres soient difficilement estimables à long terme, les compagnies aériennes accusent une chute de 13% de leur réservations pour la période des fêtes de fin d’années, habituellement très prisée dans la ville lumière, et annonciatrice d’un nombre important de visiteurs de lieux culturels. Comment la capitale de la culture peut-elle se relever d’une telle crise ? Comment annoncer un programme toujours aussi prolifique dans les mois à venir lorsque les conséquences économiques prennent une telle ampleur ? La question se pose, et le réponse nous fait peur.

VISUELS : © Marc Ginot

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Le vendredi 13 novembre 2015 de la rédaction
Clémence Charrier

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