Politique culturelle
Il faut sauver le Collège International de Philosophie

Il faut sauver le Collège International de Philosophie

22 octobre 2014 | PAR Megane Mahieu

Alors qu’il a fêté ses trente ans l’an passé, le Collège international de Philosophie est menacé de fermeture. En cause, la suppression annoncée de sa déjà modeste dotation publique.

Le Collège International de Philosophie rayonne depuis 1983 où il fut institué par Dominique Lecourt, Jean-Pierre Faye, François Châtelet et le grand Jacques Derrida. Mis en place sous le gouvernement de François Mitterrand, le CIPh a bénéficié du soutien financier et moral du ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dont il dépend. Dans un communiqué du 16 octobre, le président Diogo Sardinha rappelle au nom de l’Assemblée collégiale que  « depuis 2012, le ministère de la Recherche étudie avec le Collège une solution pour pérenniser sa subvention annuelle. Le dialogue a conduit à l’association du Collège à la nouvelle Université Paris Lumières, grand pôle d’enseignement et de recherche en cours de formation, en 2013. Fondée par les Universités Paris 8, Paris Ouest-Nanterre et le CNRS, l’Université Paris Lumières a parmi ses associés, d’autres institutions comme la Bibliothèque nationale, le Centre Georges Pompidou et le Musée du Quai Branly. »

Seulement, malgré son rayonnement intellectuel, médiatique et cette mesure associative, le Ministère pourrait cesser la dotation de 240 000 euros, déjà en baisse et bien inférieure au montant attribué à une université parisienne (240 millions d’euros en moyenne). Le CIPh parle évidemment d’une « catastrophe pour la pensée française ».  Construit non pas comme un cercle fermé mais comme une aire de dialogue, le CIPh fonctionne telle une université ouverte où chacun est libre d’assister aux séminaires et colloques donnés par des chercheurs issus de différents horizons (université, classes préparatoires etc.) et différentes disciplines (de la littérature à la psychanalyse), mais aussi des « directeurs de programmes » nommés pour six ans. Faisant de la pensée un véritable mouvement constant, Jacques Derrida  souhaitait que le CIPh demeure : « une institution paradoxale et singulière : absence de chaire, présence d’étrangers dans les instances de réflexion et de décision aussi bien que dans les groupes de travail ; sélection rigoureuse des projets de recherche dans un lieu qui pourtant ne deviendrait pas un “centre d’études avancées” aristocratique et fermé, ni même un centre d’enseignement supérieur ; ouverture aux performances techniques et artistiques ; recrutement sans considération de titre académique ; intérêt constant pour les problèmes de l’enseignement primaire et secondaire qui seront traités aussi par les premiers intéressés, etc. » comme le rapporte Philomag.

Au 1 rue Descartes, le vent risque de souffler dans les couloirs et ce serait une énorme perte. Pour signer la pétition avant la date butoir (5 novembre), rendez-vous ici.

Visuel : ©capture d’écran

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Megane Mahieu

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