Politique culturelle
Debora Waldman : « Pouvons-vous vivre sans musique ? »

Debora Waldman : « Pouvons-vous vivre sans musique ? »

30 juin 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le  1er septembre 2020 Debora Waldman succédera à Samuel Jean en tant que cheffe permanente de l’Orchestre Régional Avignon-Provence. A l’orée de son mandat de trois ans, elle nous parle du futur proche dans le contexte toujours bancal lié au Covid.

Bonjour, vous allez effectuer votre prise de poste dans un contexte très particulier. Comment la mise à l’arrêt du secteur culturel a t-elle influé sur votre direction ?

En effet, le « premier son » après ce confinement est très attendu !! Il aura lieu le 24 juillet au cloître du Palais des Papes à Avignon.

Durant cette période l’équipe Communication et Nouveaux Publics, de l’Orchestre a mis en place des dispositifs géniaux pour rester en contact avec le public, et nous voilà enfin avec la perspective de ce concert avec tout l’orchestre !

Personnellement ce fut en moment intense en préparation et réflexion, de découverte d’œuvres… Des moments de prospection aussi à me dire que le futur est à venir et non pas dernière nous. Aujourd’hui, plus que jamais posons-nous la question : Pouvons-vous vivre sans musique ?

Quel est le rôle d’une cheffe permanente ? J’imagine que votre fonction déborde de la scène ?

Absolument ! Le chef permanent, a avant tout une vision artistique pour l’orchestre : quelle identité faire jaillir de l’orchestre, dans quelle tradition l’inscrire, et bien sûr comment lui donner une spécificité qui le distinguerait dans le paysage musical. Concrètement cela se traduit par le choix du répertoire, le plan de travail, les partenariats artistiques avec des structures nationales et internationales.

Effectivement depuis la nomination en juillet 2019, a commencé pour moi une année « zéro » de préparation. Avec les équipes nous avons déjà travaillé à une majeure diffusion de concerts en région (certains programmes seront joués 4 fois !) ; à un lien fort entre les concerts d’abonnement, les concerts décentralisés et les concerts Nouveaux Publics, mais la prise de fonction officielle aura lieu en septembre prochain.

 Qu’en est-il des travaux de l’Opéra ? Quand pourrez vous y jouer ?

Si tout va bien j’ai entendu février ou avril 2020…ce ne sont pas de informations officielles…

Pouvez-vous me parler de votre concert d’ouverture, le 6 novembre ?

Globalement, tous les concert abonnement ont des titres « évocateurs », un fil rouge qui traverse toutes les pièces « du menu », celui-ci a pour but l’invitation à l’écoute active tout au long du concert.
Le concert d’ouverture est un vrai questionnement il s’appelle, Énergique ou Poétique ?

Au programme :
L’Ouverture des Noces de Figaro de Mozart
Le concerto pour violon n°2 de Prokofiev avec la violoniste pétillante et profonde Tai Murray
La première symphonie de Gounod.

Ce répertoire symphonique de compositeurs qui sont connus essentiellement par leur production lyrique, correspond à merveille à cet orchestre qui possède cette double nature symphonique-lyrique.

Vous avez un profil très international, vous êtes née au Brésil, vous avez grandi en Israël, et en Argentine. Est-ce que vos goûts reflètent cela ?

Je suis très européenne, l’Europe a toujours été un foyer de l’histoire de la musique classique, que j’aime tant. C’est pour cela que j’ai suivi mon rêve de venir étudier ici.
Le multiculturalisme donne une ouverture différente, une volonté de garder les identités en trouvant des points communs pour dialoguer.

D’ailleurs, quelles sont vos œuvres reines ?

Mon répertoire de prédilection est classique, romantique, contemporain aussi. J’aime faire des recherches sur les périodes moins connues de l’histoire, souvent celles de transition, par exemple le préromantisme, période où les œuvres ne sont pas rentrées dans le « grand corpus » et néanmoins peuvent nous faire comprendre beaucoup de choses. Je suis aussi une passionnée de découvertes des œuvres de compositrices de l’histoire. Là en revanche, certaines œuvres mériteraient d’être jouées et mériteraient d’avoir une vraie place dans l’histoire de la musique.

Pour finir, quel rêve faites-vous pour Avignon ?

Porter cet orchestre dans des nouveaux chemins, explorer et élargir le répertoire toute en restant gardien du temple.
Je rêve de créer un lien fort avec le public, échanger avec eux sur la musique et l’art en générale. Nous allons mettre en place des idées innovantes dès cette saison.
Hâte !

Visuel : ©Christoph Abramowitz

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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