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Polanski, Brisseau: la Cinémathèque rend hommage aux agresseurs sexuels

Polanski, Brisseau: la Cinémathèque rend hommage aux agresseurs sexuels

30 octobre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Alors que sa rétrospective sur Roman Polanski, qui sera inaugurée ce soir, a déjà fait beaucoup parler d’elle, la Cinémathèque Française s’attire à nouveau les foudres des associations féministes après l’annonce d’une rétrospective en hommage à Jean-Claude Brisseau, condamné pour agressions sexuelles sur trois actrices.

Si de nombreuses sociétés et organisations (M6, 375e de Montréal, l’Académie des Oscars,…) ont rapidement remercié leurs employés accusés de harcèlement sexuel, la Cinémathèque Française, elle, nage à contre courant. Sa rétrospective sur Roman Polanski, survenant en pleine affaire Weinstein, avait déjà attisé la colère de nombreuses personnes, poussant la journaliste Laure Salmona à lancer une pétition pour en réclamer l’annulation – pétition qui compte, à ce jour, plus de 27 500 signatures. Aujourd’hui, c’est l’annonce d’une nouvelle rétrospective qui met une nouvelle fois le feu aux poudres: la Cinémathèque rendra hommage en janvier 2018 au réalisateur français Jean-Claude Brisseau, condamné en 2005 et en 2006 pour harcèlement et agression sexuel(le) sur trois actrices.

Face aux très nombreuses critiques, la Cinémathèque a annoncé dans un communiqué ne vouloir «se substituer à aucune justice». Avant de faire part de sa volonté et de son ambition de «montrer la totalité des œuvres des cinéastes et de les replacer ainsi dans le flux d’une histoire permanente du cinéma». La ministre de la culture Françoise Nyssen, interrogée par France Inter, a quant a-elle affirmé ne pas vouloir «condamner une œuvre». Et c’est bien là que réside le cœur du débat: faut-il séparer l’homme de l’artiste? Et célébrer l’œuvre indépendamment des méfaits de celui qui l’a créée?

En attendant, un rassemblement est prévu ce lundi 30 octobre à 19h30 à la Cinémathèque, au moment même de l’inauguration de la rétrospective sur Roman Polanski en présence du réalisateur. Il est, rappelons-le, toujours sous mandat d’arrêt aux États-Unis pour abus sexuel sur mineures.

Visuel: Flickr

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