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Vincent Bolloré, futur président d’un groupe Vivendi recentré sur les médias

Vincent Bolloré, futur président d’un groupe Vivendi recentré sur les médias

28 novembre 2013 | PAR Hugo Saadi

Mardi 26 novembre 2013, le Conseil de surveillance de Vivendi a validé le projet de scission du groupe, qui devrait mener en 2014 à l’introduction en Bourse de l’opérateur SFR. La présidence du futur Vivendi, recentré sur les contenus et les médias, sera confiée à Vincent Bolloré.

Vivendi, un poids lourd dans le monde culturel et médiatique :

Vivendi est une multinationale française spécialisée dans la communication et le divertissement. À l’origine spécialisée dans les services aux collectivités territoriales sous le nom de Compagnie générale des eaux (création par décret impérial en 1853), le groupe s’est renforcé à la fin des années 1990 dans les nouvelles technologies. Après des difficultés entre 2002 et 2004, le groupe rebaptisé Vivendi Universal en 2000 puis Vivendi en 2006 est le 2e groupe de divertissement au monde derrière The Walt Disney Company. C’est l’un des principaux fournisseurs de contenus en Europe. Effectivement, Vivendi détient le groupe Canal +, premier opérateur de télévision payante francophone dans l’outre-mer et dans une trentaine de pays d’Afrique. De plus, la filiale Studiocanal, acteur majeur en Europe en matière de coproduction, d’acquisition et de distribution de films, est à 100% au Groupe Canal +. Vivendi détient également le numéro un mondial de la musique, à savoir Universal Music Group, ainsi que GVT, premier opérateur alternatif de télécommunications fixes et de télévision payante au Brésil. On peut également mentionner SFR, Digistick, le leader français de la billetterie électronique et enfin See Tickets, le numéro deux britannique de la billetterie. Vivendi est donc un acteur majeur dans le paysage culturel et médiatique en France et dans le monde.

Vincent Bolloré, nouveau président du Conseil de surveillance :

Cet homme d’affaires était devenu le premier actionnaire du groupe avec 5% dès 2012, à l’occasion de la vente de ses chaînes D8 et D17 au groupe Canal + et du rachat de 600 millions d’euros d’actions. Au total, il a investi de 1,1 à 1,2 milliards d’euros. Sa nomination à la présidence du groupe doit formellement encore être validée lors d’une assemblée générale des actionnaires, prévue fin juin 2014. En attendant, Vincent Bolloré reste vice-président du Conseil de surveillance sous la présidence de Jean-René Fourtou. L’homme d’affaires de 61 ans aura à ses côtés Arnaud de Puyfontaine, l’actuel directeur général pour l’Europe de l’Ouest de Hearst Magazines International (HMI) pour planifier la « stratégie numérique ». Depuis son entrée au capital de Vivendi et son statut de premier actionnaire, il a tenté de recentrer Vivendi sur les médias. La décision de scinder ces activités de médias et contenus et celles d’opérateurs vient du fait que les résultats financiers sont plombés par la filiale SFR.

Vincent Bolloré, 11e fortune de France en 2012, avait très vite montré qu’il ne se cantonnerait pas au rôle « d’actionnaire dormant », et grâce aux multiples rachats, il va reprendre les rênes du groupe Vivendi à partir de juin 2014. C’était pourtant loin d’être fait. En effet, à la mi septembre, Jean-René Fourtou, président du Conseil de surveillance du groupe, et Vincent Bolloré s’étaient violemment opposés sur la future direction du groupe. Ne voulant pas se faire dicter sa conduite, ce dernier avait tenté de remplacer la tête du directoire en recrutant Thomas Rabe, l’actuel P.D.G du groupe de médias allemand Bertelsmann. Le président s’était opposé à ce recrutement et avait réclamé que tout soit géré en toute transparence pour ne pas risquer un démantèlement.

Finalement, certains estiment que V. Bolloré a réalisé un coup de force en prenant en l’espace de quelques mois, la tête d’un groupe aux 29 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Cela peut malgré tout être considéré comme un retour sur investissement, car il a dû engager une bonne part de sa fortune personnelle pour parvenir à ses fin, et « personne d’autre que lui parmi les administrateurs n’a investi autant », raconte un proche.

Visuel : © La Nouvelle Tribune

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