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Un rachat de Libération par le trio “BNP” serait-il possible?

Un rachat de Libération par le trio “BNP” serait-il possible?

31 mars 2014 | PAR Enora Le Goff

Ce trio constitué de Bergé, Niel et Pigasse est déjà propriétaire du groupe Le Monde (qui comprend Le Monde, Télérama, Courrier International…), sera bientôt actionnaire du Nouvel Observateur et semble désormais porter son intérêt à Libération.

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Interrogé à la fin du mois quant à ces rumeurs Matthieu Pigasse assure sur France Inter qu’il suit “la situation de Libération avec attention. (…) Si accident il y a, ce qui peut vouloir dire un dépôt de bilan, à ce moment-là nous aviserons et nous verrons”, tout en ajoutant que “jusqu’à preuve du contraire, Libération a des actionnaires, ces actionnaires ont un projet. Nous n’intervenons pas
Pour le trio il ne s’agit pas d’invasion de la presse, Matthieu Pigasse a en effet déclaré sur Canal + que “quand on investit dans la presse, quand on aime la presse, quand on aime l’écrit, quand on est de gauche, engagé, on ne peut pas rester indifférent au sort de Libération

Mais il est vrai que depuis ces interventions beaucoup se posent la question, est-ce possible d’être propriétaire du Monde et de Libération sans pour autant s’opposer à la loi de 1986 sur la concentration de la presse. Cette loi limite en effet les groupes de presse à la diffusion de 30% des publications quotidiennes imprimées de même nature, c’est à dire que cela comprend aussi les journaux gratuits et les quotidiens régionaux, dans ce cadre la diffusion du Monde et de Libération par le même groupe est loin d’atteindre ces 30%. Pour donner une idée des pourcentages de diffusion, le Monde et Libération totalisent un peu plus de 400 000 exemplaires par an tandis que MetroNews, 20 Minutes et Direct Matin cumulent eux plus de 2,5 millions d’exemplaires. Ce taux a été ré-haussé en 1986 avec l’arrivée de Chirac au pouvoir à 30%, le gouvernement socialiste l’avait instauré en 1984 à 15% pour réduire l’influence de Robert Hersant qui possédait alors plus d’un tiers de la presse quotidienne (Le Figaro, L’Aurore, France-Soir).

Pour autant une autre possibilité que le dépôt de bilan s’offre à la direction du journal, il est en effet possible que deux ou trois actionnaires arrivent afin de réinjecter 10 millions d’euros dans la relance du journal, mais ces deux options seront-elles capables de relever un journal en crise depuis déjà quelques temps.

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