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Sidaction, 17 ans de lutte

Sidaction, 17 ans de lutte

04 avril 2011 | PAR Aude Lallart

En 1994, la première édition « Ensemble contre le Sida »récoltait 45 millions d’euros de dons et faisait prendre conscience avec force témoignage que le sida n’est pas une maladie réservée aux toxicomanes et aux personnes homosexuelles.17 ans plus tard, rebaptisée « Sidaction », l’association continue vaillamment à développer ses programmes de prévention et de recherche médicale en France, mais aussi dans les pays en voie de développement.

De la randonnée en rollers proposée à Toulouse, 4ème ville de France dont la population est la plus touchée par le virus, par l’association Roulez Roses, au concert d’électro pop organisé par des étudiants de l’Institut de gestion de Rennes, au profit de l’association Aides- associations, professionnels de la santé, chercheurs, se sont, par le biais de plus de 300 manifestations, mobilisés durant tout un week-end afin de réunir les dons qui seront consacrés à la recherche et aux programmes d’aides pour les pays en voie de développement ainsi qu’à la prise en charge des personnes malades. Cette mobilisation aura permis de réunir 5,3 millions d’euros.

Si le bilan de l’année 2011 est loin d’égaler celui de 1994, il est toutefois légèrement supérieur à celui de 2010, avec 100 000 euros de dons en plus, ce qui donne un total de 5,3 millions d’euros réunis pendant le week-end. Il semble donc que le public soit à nouveau attentif à la lutte contre le sida, ce qui est plutôt une bonne nouvelle lorsqu’on sait que chaque année, en France, 7000 personnes sont contaminées selon un bilan dressé fin 2009 par l’association Sidaction.

Du préservatif posé sur l’Obélisque place  de la Concorde par Act-Up aux affiches signées Benetton sur lesquelles on peut voir des postérieurs et des torses « tatoués » du sigle HIV, les premières campagnes des années 1990 pour la lutte contre le sida sont avant tout des actions choc, qui parviennent à mobiliser l’attention du public sur ce virus mortel dont le premier cas officiel est déclaré en France en 1978.

Être contaminé par le VIH, cela impliquait très souvent d’en mourir quelques années plus tard : les gens avaient peur et se sentaient concernés. « Le film de Cyril Collard et la 1ère émission d’ « Ensemble contre le sida » ont également contribué à multiplier le nombre de bénévoles au sein des associations », témoigne Clémence, médiatrice pour AIDES à cette époque.

Puis dans  les années 2000, apparaissent les trithérapies, qui font chuter de manière drastique le taux de mortalité lié au VIH. La peur immédiate n’est plus présente, les conditions de vie des personnes malades peu médiatisées, et les programmes d’aides pour les pays en voie de développement mis en avant lors des campagnes de Sidaction les années suivantes retiennent moins l’intérêt du public alors « qu’il est presque ’impossible de suivre un traitement, puisque nous n’avons pas d’argent, et que les médicaments ne sont pas conservés dans les conditions hygiéniques nécessaires… Il arrive aussi qu’il manque une partie du traitement, ou alors que le reste du traitement soit livré le lendemain du jour où il devait être pris. Lorsque les gens viennent à l’hôpital à cause du sida, c’est pour y mourir. », témoigne Paul un jeune infirmier Ivoirien venu faire un stage en France au sein de AIDES à cette période.

C’est également dans les années 2000 qu’il s’avère nécessaire de rappeler au public à quoi servent leurs dons, comment cet argent va être réparti: La moitié des sommes récoltées à l’occasion du Sidaction sert à financer des programmes médicaux et de recherche tandis que l’autre moitié est utilisée pour la prévention et l’aide aux malades.
Découverte de nouveaux médicaments, amélioration du pronostic vital des malades… Les dons ont également permis cette année l’ouverture d’une maison spécialisée à Saint-Denis pour accueillir les personnes séropositives dépendantes. En février 2011 un candidat-vaccin contre le VIH est efficace pour la première fois chez le macaque.

Depuis le début de la crise économique, toutes les associations caritatives souffrent d’un manque de dons, or  en ce qui concerne le Sidaction, 95% des dons proviennent de particuliers. Quel avenir se dessine alors  pour l’association? Si l’accueil des personnes malades en France, si la recherche médicale et les traitements ont évolué, selon l’association Sidaction, 50 000 personnes ne savent pas qu’elles sont séropositives : il reste donc beaucoup de travail pour les prochaines années, et les dons sont encore absolument vitaux pour le Sidaction.

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Aude Lallart

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