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N’oubliez pas, aujourd’hui c’est la journée mondiale de lutte contre le Sida

N’oubliez pas, aujourd’hui c’est la journée mondiale de lutte contre le Sida

01 décembre 2021 | PAR Jean-Marie Chamouard

Le 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le Sida. Quarante ans après le début de l’épidémie, 38 millions de personnes seraient infectées dans le monde par le VIH. En France ils seraient 173 000 à vivre avec le virus et chaque année environ 6500 personnes apprennent leur séropositivité. Cette journée reste donc d’une grande importance pour soutenir, aider les patients et leurs proches.

Une grande victoire médicale

L’infection VIH paraît être devenue souterraine, comme écrasée par la pandémie au Covid 19. Elle reste pourtant une affection fréquente. Certes, nous revenons de loin. Heureusement, l’époque dramatique est révolue, celle des patients qui décédaient en quelques mois d’infections étranges, d’une altération de l’état général ou d’une détérioration neurologique profondes. Heureusement la maladie fait moins peur et les patients sont sûrement moins stigmatisés.

L’apparition des traitements anti viraux « très actifs », à la fin des années 1990 a été une révolution médicale. Le traitement nécessite une trithérapie ou d’une quadrithérapie pour prévenir les résistances du virus. Les antiviraux permettent d’éviter la destruction du système immunitaire et la charge virale (la quantité de virus présente dans le sang) est souvent indétectable, diminuant le risque de contamination. Les traitements sont devenus plus simples avec moins de comprimés à prendre chaque jour et moins d’effets secondaires. L’accès aux traitements s’est partiellement amélioré dans les pays du Sud. Heureusement !

Des progrès restent à faire. Mais tout n’est pas réglé.

Parce que 25000 personnes en France ne connaissent pas leur séropositivité, qu’il y a encore 6500 nouveaux cas par an et qu’un quart des malades découvrent leur infection lors d’une complication.
Parce que suivre un traitement tout sa vie n’est pas simple, que les effets secondaires peuvent survenir, que l’espérance de vie reste inférieure à celle d’une personne non infectée.
Parce que la persistance du virus et d’un état inflammatoire à bas bruit favorisent les troubles cognitifs même s’ils sont dits « légers »
Parce qu’il existe chez les patients, une augmentation de la fréquence des maladies cardiovasculaires et des cancers, responsables d’une surmortalité.

Lutter contre l’oubli et l’indifférence pour vaincre la maladie

La mémoire collective de la période dramatique s’est estompée. Le risque du VIH paraît faible pour la population générale et les jeunes générations ont pris leur distance avec la maladie. Le risque de défaut de dépistage s’est accru depuis l’épidémie de Covid 19 avec une baisse de 10% des tests réalisés. Cette journée doit rappeler qu’il faut « toujours se protéger » et qu’un dépistage précoce permet de se traiter tôt, avant les complications.

La maladie nécessite une prise en charge de qualité sur une très longue durée. L’infectiologue est indispensable pour une gestion fine du traitement antiviral. Mais il faut aussi un soutien psychologique, une bonne relation médecin- malade et une éducation thérapeutique pour prévenir les arrêts intempestifs source de résistance. Il faut agir sur le mode de vie, les facteurs de risques cardiovasculaires, prendre en compte les toxicomanies. Une prise en charge globale, attentionnée, de qualité est donc indispensable.

La journée du 1 Décembre reste donc une étape cruciale dans la lutte contre « l’autre pandémie », pour l’amélioration des soins portés aux patients, pour réduire les inégalités mondiales dans la prise en charge de l’infection. Afin que soit atteint, enfin, l’objectif de l’ONU d’éradication du VIH en 2030.

Visuel : ©Jean Marie Chamouard

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Jean-Marie Chamouard

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