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Journée mondiale de lutte contre le sida : pourquoi il faut regarder « It’s a sin »

Journée mondiale de lutte contre le sida : pourquoi il faut regarder « It’s a sin »

01 décembre 2021 | PAR Orane Auriau

It’s a sin, série courte en cinq épisodes revenant sur les années SIDA, dresse le portrait d’une époque tourmentée par ses ravages. Plus qu’à visionner par divertissement, elle sensibilise sur cette maladie dont on oublie aujourd’hui les dangers. 

Sensibiliser

Réalisée par Russell T Davies et sortie en 2021, la série relate la vie de Ritchie, Roscoe et Colin, de jeunes hommes emménageant à Londres pour prendre un nouveau départ. L’opportunité de se découvrir en tant qu’homosexuels, de s’émanciper de leurs milieux étouffants et normés. Hélas, la mystérieuse « maladie qui tue les gays » arrive doucement des Etats-Unis. La série s’ouvre sur une époque d’insouciance, d’ivresse de cette jeunesse qui suit ses rêves – Ritchie avec celui de devenir comédien -.

Au fur-et-à-mesure des épisodes, intelligemment menés, le VIH fait ses victimes, nombreuses : des connaissances, des proches, des amis. Le récit provoque une réminiscence d’une triste réalité : celle de millions de personnes décédées du virus, d’histoires individuelles dans la grande Histoire. Au fil des épisodes, on passe de l’ignorance totale à la pleine conscience des effets du VIH. 

Une stigmatisation dangereuse

Traiter le sujet délicat qu’est le SIDA, c’est aussi parler de l’homophobie, de la stigmatisation derrière le virus tout aussi mortelle. C’est le portrait d’une Angleterre du rejet, du dégoût envers une maladie perçue comme méritée, symptôme d’une sexualité de « dégénérés ». Une société homophobe, où l’un des personnages fait ce constat : si les hétérosexuels mourraient aussi facilement, la sensibilisation au virus et son traitement auraient été plus efficaces. Une honte qui en devient mortelle, au point où les personnages doivent aussi lutter contre le déni, en n’oubliant pas celui de leurs proches prenant connaissance de cette « homosexualité » du séropositif. 

Nous sommes émotionnellement investis avec les personnages, dans ces épisodes poignants. Plongés dans cette angoisse, mais aussi dans leurs joies et leurs victoires. Une esthétique colorée, vivante et une bande-son sublimes (It’s a sin des Pet Shop Boys, Smalltown Boy des Bronski Beat, Orchestral Manoeuvres In the Dark…) qui nous font vivre les années 1980. Jill, amie du groupe, mènera une lutte acharnée pour faire connaître le SIDA aux côtés de ses acolytes. Ils étaient partis à Londres pour apprendre ce qu’est la liberté, ils finiront par lutter pour elle. On comprend l’époque à travers le regard et le vécu des personnages. 

Bien que l’hécatombe des années 80 semble derrière nous, le virus n’a pas disparu. N’oubliez pas que le SIDA* tue encore et reste transmissible. N’oubliez pas qu’il est important de se protéger et se faire dépister régulièrement. 

*à ne pas confondre avec le VIH ; le SIDA est la forme finale de la maladie, au moment où les défenses immunitaires sont détruites (syndrome d’immunodéficience acquise). 

 

Affiche : série It’s a sin. D.R

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Orane Auriau

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